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dimanche 5 août 2018

Yanacocha

Jean Claude Gawsewitch, Yanacocha. Comment déposséder l'état français d'un millard de dollars sans que personne ne dise rien, 2003.
Yanacocha, c'est l'histoire de sommes pharaoniques perdues par la France sans que personne ou presque ne sourcille. Le livre rassemble des preuves irréfutables et des éléments majeurs pour former une enquête quasi exhaustive sur ce sujet brûlant. La mine de Yanacocha, la plus grande d'Amérique Latine à ciel ouvert, est située au nord du Pérou et promet dès le début de son exploitation à haute dose en 1981 de multiplier les bénéfices. C'est le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) qui lance véritablement son succès et c'est à partir de cette étude prometteuse que des sociétés d'exploitation se dispute le gâteau. Tout se passe bien jusqu'à ce qu'en 1993, le BRGM décide de privatiser ses parts de Yanacocha. Les Américains de Newmont prennent mal le fait que l'Etat français leur préfère les Australiens de Normandy. Ils attaquent la France en justice et c'est là que la magouille commence. Nous sommes en pleine dictature de Fujimori et de son sbire Montesinos. Afin de favoriser les Américains face à la France, la corruption des juges va bon train. On les achète, on les manipule et, dans le cas où ils ne se prêtent pas au jeu de la manipulation, on les torture. Impossible de gagner face à un système crapuleux aussi institutionnalisé. Ce qui frappe au milieu de ce marasme, c'est qu'une fois la dictature tombée et les preuves de toutes ces machinations révélées au grand jour (notamment un arrangement avec le calendrier qui permet de sous-estimer volontairement le potentiel financier de la mine), la France n'en profite pas pour réclamer justice. Expropriés de la mine de Yanacocha par des Péruviens téléguidés par les Américains, les Français baissent la tête et parmi eux, l'attitude de Claude Allègre pose question. Selon l'ouvrage, l'ancien directeur du BRGM puis ministre de l'Education Nationale, aurait eu de très (trop ?) bonnes relations avec les dirigeants péruviens et aurait plus brillé par des notes de frais monumentales que par son aptitude à défendre les intérêts français. Toujours selon Gawsewitch, le seul héros de l'histoire serait Patrick Maugein, ce mania du pétrole, businessman, don Quichotte, David face à Goliath, l'unique redresseur de torts dans cette affaire. 
(désolée, deuxième bouquin pour lequel l'inspiration photo est proche de zéro !)
A vrai dire, il faut baigner dans ce milieu pour saisir tous les détails du problème Yanacocha. Le monde des affaires, du business et des gros sous est vraiment un univers à part. Ce que l'on en retient lorsque, par chance, on a un peu de distance avec ce microcosme qui manipule des macro sommes, c'est l'aptitude à manigancer, à rechercher le profit partout où il se trouve, à former des alliances parfois contre nature avec des régimes politiques douteux dans le seul but de faire cracher à la nature tout ce qu'elle peut produire de richesses. Qu'il s'agisse de pétrole ou d'or, on comprend bien que la question écologique n'est même pas périphérique, elle est tout simplement absente. Elle n'apparaît à aucun endroit dans le livre. Le mercure et le cyanure peuvent s'infiltrer dans les rivières, de l'eau passera sous les ponts avant que les multinationales ne s'en préoccupent. 
En résumé, outre le fonctionnement économique ultra libéral d'une exploitation minière, on en apprend beaucoup sur les ficelles de ce qu'on appelle une "affaire", les coups bas, les écoutes téléphoniques, les entretiens privés, la diffamation et les conflits d'intérêts. Et puis, bien évidemment, on réalise combien les puissants ont une fâcheuse tendance à pactiser avec les régimes dictatoriaux dans le cas où leurs gros sous sont en jeu. Ardu mais passionnant. 

mardi 9 mai 2017

La poussière des corons

Marie-Paul Armand, La poussière des corons, 1985.
Vous aimez les sagas familiales, les grandes histoires d'amour ? Vous êtes plutôt roman du terroir ou roman historique ? Vous adorez les grandes fresques sociales ? Un seul livre qui contient tout cela : La poussière des corons. L'histoire commence en 1900 avec la naissance du siècle et celle de Madeleine, la narratrice. Si c'est elle qui raconte l'histoire, celle de sa vie et de la région, elle n'en est en aucun cas l'héroïne, puisque la seule et unique protagoniste du récit, c'est la mine. La période choisie, de 1900 à 1962, permet d'aborder la dévoreuse d'hommes à différentes époques. On assiste ainsi en 1906 à la catastrophe de Courrières qui avait provoqué plus de mille morts, ainsi qu'à différents éboulements, mettant par là en avant la difficulté du travail des mineurs ainsi que le manque de sécurité dans le travail. D'autre part, la silicose frappe plusieurs personnages et on met l'accent sur cette maladie professionnelle qui ronge les poumons des hommes et les fait mourir à petit feu. Outre les accidents et les problèmes graves de santé, on est plongé avec une grande précision dans le quotidien des mineurs, employés au fond souvent à partir de l'âge de 14 ans, et de leur famille dans les corons où, au début du XXème siècle, le confort est rudimentaire. C'est là où le roman, parfaitement documenté par des témoignages, représente un document sociologique précieux. Ensuite, on aime ou l'on aime pas la grande histoire d'amour des deux personnages, on pleure ou on reste insensible à leurs tourments, mais impossible de rester indifférent aux manifestations, aux grèves des mineurs pour de meilleures conditions de travail, aux affres des deux guerres mondiales et à l'arrivée des progrès sociaux et matériels dans les mines. De l'immigration polonaise à la "bataille du charbon" de la fin des années 40, des acquis sociaux comme la journée effective de 8 heures ou les congés payés à la grande guerre, des références culturelles méta- textuelles comme le célèbre film de Louis Daquin "Le point du jour" (d'ailleurs je lance un message, si quelqu'un a cette pépite chez lui, qu'il me fasse signe !) à l'occupation allemande, tout y est, tout est là. C'est l'histoire d'une région qui est relatée ici. Mieux qu'un livre d'histoire rébarbatif, mieux qu'un essai sur la vie des mineurs dans la première moitié du XXème siècle, La poussière des corons est le genre de bouquin qui vous réconcilie avec les sciences humaines et vous instruit sans vous en donner l'impression.

mardi 2 mai 2017

Road trip au cœur du Nord. Lens, on t'aime !

Lens, dernière étape de notre road trip nordiste. Lens, souvenir précieux d'une ville dont on n'attendait rien mais qui nous a beaucoup marqués. Nous avons commencé par voir les anciens bureaux des mines, petit château dans son parc soigné avec sa statue de mineur à l'entrée, comme pour conclure ce panorama de l'épopée minière. Plus au centre, la maison syndicale des mineurs témoigne encore de la grande époque et des discussions âpres qui ont dû y être menées. En dehors de cette architecture minière, la ville est calme, très agréable, en particulier la place de la mairie et la grande rue commerçante qui en découle. Mais si nous nous trouvons à Lens, ce n'est pas que pour faire du tourisme... Le stade nous attend ! Nous passons devant l'incroyable gare art déco et descendons vers ce stade mythique, construit par des mineurs durant la crise qui a suivi 1929 et baptisé du nom de l'ancien directeur de la compagnie des mines : Félix Bollaert. Aujourd'hui rénové et modernisé, il accueille paraît-il le meilleur public de France. Preuve en est, 35000 personnes y étaient réunies lors du match auquel nous avons assisté. Loin de ressembler à une simple rencontre de Ligue 2, l'événement avait plutôt des airs de grand match de coupe d'Europe ! Durant toute la durée du match, le public chante, les tambours résonnent sans interruption ni affaiblissement. D'une seule voix, les supporters exigeants encouragent leur équipe, la sifflent lorsqu'elle se montre trop faiblarde à leur goût. Le moment le plus fort est certainement celui où retentit la chanson "les corons" de Bachelet, reprise en choeur par 35000 personnes, cela donne le frisson. Qu'on soit amateur de foot ou simple curieux, assister à un match de football à Lens, dans ce stade légendaire, l'ombre du terril juste derrière et la force qui se dégage des tribunes est quelque chose d'inoubliable. Nous ressortons du stade encore frissonnants, tremblants d'émotion, ravis de la rencontre avec cette ville et ces gens chaleureux, ouverts, généreux. Lens, c'est une déclaration d'amour ! 






vendredi 28 avril 2017

Road trip au coeur du Nord. Les hommes, des mineurs de fond.

Si j'avais cette envie incontrôlée et incontrôlable d'aller dans le Nord, c'était en partie pour aller goûter encore au monde souterrain, aux galeries obscures des mines et au récit édifiant des mineurs, ces travailleurs de l'ombre, ces forçats du minerai. Et de mines, la région en est truffée. Au sud de Lille, autour de Lens, les terrils sont encore présents, certains végétalisés, recyclés, d'autres écrasés, d'autres intacts et certains totalement disparus. De loin en loin, ces fausses montagnes noires ponctuent le paysage et rappellent sans cesse à l'œil ce passé industriel qui fut glorieux. Lorsqu'on s'approche, les chevalets, funestes tours Eiffel, se dressent devant nous comme pour nous dire "n'oublie jamais". L'oubli, c'est ce contre quoi on tente de lutter dans plusieurs sites miniers, notamment par l'organisation de visites, la création de musées. 
A Wallers Arenberg, le tournage du film Germinal a réveillé l'intérêt pour la mine. Bien que tardif, ce regain de considération pour nos mineurs a entraîné la rénovation du site pour aboutir à l'inauguration d'un pôle de l'image et du numérique inauguré en 2015 par Costa Gavras en personne. Aujourd'hui, on peut ici programmer des événements et même réaliser entièrement un film. Mais la fonction industrielle de Wallers n'est pas laissée de côté, puisque des visites guidées, souvent menées par un ancien mineur, y sont organisées. Et, chose inouïe pour qui est passionné du sujet (en l'occurrence moi !), la générosité extrême et la confiance accordée au visiteur par les responsables permet de déambuler librement dans les extérieurs. J'ai passé des moments incroyables à photographier chaque détail, à m'imprégner de l'atmosphère lourde mêlée de grandeur qui règne ici, tout en remerciant mentalement et oralement les gens qui permettent cet accès libre. 




Pour se frotter d'encore plus près à la dureté de la mine, le plus grand musée sur le sujet se trouve au centre minier de Lewarde, lui aussi fleuron de la production de charbon. A ce point du récit, je ne ferai plus que des compliments. De cet immense et exhaustif musée où se mêlent documents, objets, reconstitutions de maisons ou d'estaminet, explications. De ces guides passionnés et passionnants qui nous font visiter une galerie recréée coiffés de casques. De ce lieu imprégné de savoir, de maîtrise technique et de souffrance. De la possibilité qui renvoie au rêve de consulter sur rendez-vous des milliers d'archives. Et jamais assez je ne remercierai notre interlocuteur d'un moment, notre ancien mineur si généreux et si sympathique, puits de science, témoignage inestimable, qui pendant 30 minutes nous a raconté sa vie, sa mine à lui. "C'est comme ça, on n'a pas le choix, c'est la vie". Ponctuation souriante et modeste qui remet chaque chose à sa place. C'est malin, j'ai une folle envie de reprendre mes recherches... mais, les avais-je seulement abandonnées une seule seconde ? La mine, quand elle vous tient, elle ne vous lâche plus. 



dimanche 5 février 2017

Une vie après la mine

Il était impossible pour moi de manquer la diffusion de ce documentaire sur les anciens mineurs français. C'est mon sujet de prédilection, je vous le rappelle ! Trois sites sont mis à l'honneur : celui de Loos en Gohelle, dans le Nord ; celui de Rosbruck en Moselle et celui de Carmaux dans le Tarn. Pour ces trois régions pionnières dans l'industrialisation de la France, la fermeture des mines dans les années 80 - 90 a sonné le glas d'une activité économique et sociale florissante. Les installations se sont mises à rouiller et les Charbonnages de France ont littéralement abandonné leurs anciens employés, les laissant dans le désarroi le plus complet, la plupart du temps atteints de la terrible silicose qui leur ronge les poumons. Cette maladie, injustement sous-estimée par les caisses de Sécurité Sociale, provoque encore aujourd'hui de nombreux décès, mais elle n'est pas la seule. Cancers du poumons, cancers de la vessie ou leucémies touchent aussi de plein fouets les travailleurs, et pas seulement ceux du fond, puisque ceux des ateliers manipulaient également des tas de produits hautement toxiques sans information, sans protection, sans aucune sensibilisation de la part de l'entreprise. Ce n'est qu'au terme de longues années de procédure que les mineurs, assistés par les syndicats, obtiennent en 2016 la condamnation des Charbonnages de France pour mise en danger de ses salariés et négligences. 150 000 morts plus tard de maladies respiratoires, la victoire est bien amère. 
(mine de Siglo XX - Bolivie) 
Outre les maladies, c'est aussi la dégradation accélérée des terrains qui affectent les populations locales. A cause des infiltrations d'eau dans les galeries abandonnées, les inondations se multiplient. Les sols se sont affaissés, parfois de plusieurs mètres. Des habitants nous montrent les fissures qui lézardent les murs de leurs maisons, ainsi qu'un plancher qui connaît un dénivelé de 50 cm de part et d'autre du bâtiment. De quoi souffrir de vertiges et de malaises, et se voir condamné à vivre dans une maison qui ne vaut plus un centime. Silicose, inondations, tassements de terrain et chômage très élevé, un cocktail détonant qui entraîne les citoyens, passés de la structure pyramidale rassurante de l'entreprise minière à un total abandon, à se tourner vers les extrêmes. 
(mine de la Machine - 58)
Cependant, à certains endroits, on choisit de miser autant sur la conservation de la mémoire que sur l'avenir. On dénombre ainsi un certain nombre de musées qui sont nés de l'initiative propre de petits groupes de mineurs lesquels, ensemble et de leurs propres mains, se son acharnés à reconstituer des galeries, à créer des espaces pédagogiques pour transmettre ces savoirs-faire qui tendront peu à peu à sombrer dans l'oubli. La fête de la Sainte Barbe, les spectacles vivants comme celui de Petite Rosselle, en Moselle, sont autant de témoignage vivaces de la mémoire minière. En ce qui concerne les communes, la plupart ont préféré tourner le dos au passé, mais certaines, en valorisant le patrimoine industriel, s'investissent complètement dans l'avenir. Le portrait du maire de Loos en Gohelle, dans le Nord, Jean-François Caron, est édifiant et redonne une haute dose d'espoir dans ce panorama attristant. Loin de rester dans la passivité, c'est lui qui est allé devant l'UNESCO afin que le bassin minier du nord de la France soit reconnu patrimoine mondial de l'humanité. Et c'est chose faite depuis 2012. Par ailleurs, il a opté pour sa commune pour le développement durable, la haute technologie, l'éco habitat, le "passage du noir au vert", comme il l'explique très bien. Certes, le tournage du film Germinal a beaucoup apporté, a mis en lumière cette région et sa tradition ouvrière. Mais ce fut un bref éclair et beaucoup de travail reste encore à faire pour ne pas sombrer. On le voit notamment avec cette discrimination qui subsiste envers les travailleurs immigrés marocains, arrivés dans les années 70, et qui vivent dans la misère à cause d'un cruel manque de reconnaissance et une inégalité criante de traitement. 
Vraiment, je suis restée émue, passionnée par ce reportage de France 2 et cela a décuplé mon envie, déjà grande, d'aller voir les régions minières françaises de plus près ! 
(mine de la Motte d'Aveillans - 38)
Et là mes quelques visites de mines en France et ailleurs :
- mine de La Machine (58)
- mine de Peisey Nancroix (73)
- mine de la Motte d'Aveillans (38)
- mines de Siglo XX (Bolivie)
- mines de Potosi (Bolivie) 

mercredi 3 février 2016

Nouveau nom, nouvelle tête : pourquoi changer ?

Depuis un certain temps, l'idée me tournait dans la tête. J'avais envie de renouveau. Un changement s'imposait. Rappelez-vous, le blog, avant, c'était ça :
Et ça s'appelait "Montagnes d'ici et d'ailleurs". La montagne était la dominante et tout avait commencé par le récit de mes premières aventures boliviennes en 2006. Forcément influencé par mes recherches universitaires de l'époque, le sujet des mines et des mineurs y était omniprésent. Le ton des débuts était très scolaire et appliqué. Par la suite, j'ai trouvé mon créneau d'écriture entre l'informatif, le récit et l'originalité. Petit à petit, je me suis fait plaisir. Mes aventures alpines, thème que je maîtrise bien étant donné qu'elles correspondent à tous mes étés depuis l'enfance, ont pris une large place et j'ai pu raconter quelques belles randonnées. Et puis, il y a eu une période où le spectre s'est beaucoup élargi : cuisine, lectures, balades en France, traductions et autres réflexions. Du coup, il n'y a pas si longtemps que ça, j'ai décidé de faire le ménage et de recentrer le blog sur l'essentiel : la montagne, Alpes et Andes et tout çe qui tourne autour. C'était sans compter un revirement géographique imprévu qui m'a entraînée vers la mer, le grand océan, et dans un tourbillon de nouvelles destinations vers lesquelles j'avais toujours rêvé de voyager : l'Andalousie, la Grèce, la Catalogne et Barcelone... L'appellation de " Montagnes d'ici et d'ailleurs" devenait trop étriquée. Hier soir, j'ai tout changé !
Après un brainstorming dans les règles pour trouver un nouveau nom qui serait moins restrictif, j'ai opté pour " Voyageages ici et ailleurs".
Pourquoi ce titre ? Ici et ailleurs, parce que, si de multiples destinations m'attirent, la France, ses villes, ses villages et ses côtes restent un élément important. De ce point de vue là, de l'ici et de l'ailleurs sont en projet... Voyageages, maintenant. Si si, le mot existe ! J'ai même vu sur internet qu'il était valable au Scrabble ! C'est en réalité un terme québécois pour signifier des déplacements, des allées et venues. Peu importe qu'il s'agisse de montagne ou de mer, de loin ou de près, l'idée d'être toujours ou presque en mouvement est ce qui me définit le mieux ! Vous me direz, je ne suis pas encore allée au Québec, pourquoi ce terme ? Eh bien, pour tout vous dire jusqu'au bout, le Québec est une destination qui me fait rêver, je suis assez fan de quelques groupes de musique de là- bas et les aurores boréales, l'été indien, Chibougamau, tout ça... Enfin voilà !
Donc en résumé, tout change et rien ne change ! Je vous invite toujours à me suivre dans des aventures aussi photographiques que culinaires, aussi sportives que contemplatives, en France, en Europe, en lecture, en musique et en vidéo. Je suis toujours sur Facebook et sur Twitter. Nouveauté toute récente puisqu'elle date d'hier soir assez (trop!) tard, un site est en construction... Je vous en reparlerai quand j'aurai réussi à dompter l'endroit, c'est à dire pas vraiment dans l'immédiat, c'est technique ! Mais j'y travaille. 
Voilà, une page se tourne, c'est un nouveau départ. Un nouveau nom, des racines plus que jamais assurées sur les cimes et de multiples horizons qui s'ouvrent à ma fenêtre. A très vite pour de nouvelles aventures !
Séville - décembre 2011

 Athènes - avril 2014

 Cochabamba  - juillet 2014

 Tossa de Mar - avril 2015

dimanche 17 mai 2015

Potosi, les brûlures de l'argent

Guy Gouëzel, Potosi, les brûlures de l'argent, 2012.
Un livre avec un titre pareil ne pouvait pas manquer de finir entre mes mains, ne serait-ce que par curiosité, pour savoir ce qu'il renferme, quel est l'angle d'attaque du sujet et quelle vision de la réalité historique nous offre l'auteur. J'ai interrompu mes recherches sur les mines boliviennes, mais elles continuent de me hanter, de me poursuivre. Si bien que quand un ami me raconte qu'il a mis les pieds à Llallagua et Siglo XX, je ne peux m'empêcher d'y retourner en pensée. Alors, Potosi, même entre les pages d'un livre, c'est un voyage que je ne peux que faire. 
Je me suis donc embarquée dans cette histoire, celle d'un artiste dessinateur napolitain un peu sauvage, surtout surdoué et à la marge du reste de ses congénères. Inquiété par l'Inquisition, il part rejoindre son demi-frère à Séville. Celui-ci est en train de se lancer dans le commerce maritime à travers la création d'une compagnie qui lui permette de transporter l'horrible mercure destiné à fabriquer l'amalgame pour extraire l'argent des mines américaines. Les deux frères se retrouvent donc au Nouveau Monde et finissent par atterrir à Potosi, au pied du Cerro Rico, la montagne dévoreuse d'hommes. 
Un roman fleuve sur fond d'art italien et d'obscurantisme religieux, dans lequel ne manque pas de se mêler une histoire d'amour entre l'artiste et sa servante indienne. Le coup classique dans un livre de ce genre. Je me suis dit, non, il ne va pas faire ça, ce n'est pas essentiel ! Eh bien si, il l'a fait. Admettons. L'auteur traite de beaucoup de sujets, de lieux traversés par son héros, sans jamais vraiment approfondir l'un d'entre eux. On le regrette parfois. On frise aussi à plusieurs reprises la manipulation dangereuse et réductrice de clichés. Un mot en quechua et le tour est joué, ça fera couleur locale : c'est un peu l'impression que l'auteur nous donne parfois. 
En tout cas, cela m'a donné envie de me replonger dans mes recherches et d'aller un peu fouiller dans les relations entre les pratiques religieuses indigènes dans les mines coloniales en Bolivie et la présence du Saint Office dans la région. Un sujet de thèse, me direz-vous...

vendredi 20 mars 2015

Les jardins d'émeraude

Jacques David, Les jardins d'émeraude, 2007.
Ou comment souffrir dès la première ligne pour arriver à ses fins intellectuelles...
Je suis en ce moment en train de travailler sur les émeraudes pour un prochain roman. J'ai donc besoin de documentation sur tout ce qui est mines, commerce, taille des pierres précieuses et vocabulaire technique. Ayant déniché ce roman qui semblait coller au sujet, je l'ai commandé et me suis mise à essayer d'y trouver mon bonheur. En fait, j'ai pris un certain nombre de notes assez essentielles pour mes recherches, mais, pour cela, j'ai dû me farcir un livre au style assez déroutant. N'ayons pas peur des mots : c'est mauvais. Le fond, la forme, un peu tout. Ce jugement n'obéit à aucune prétention mal placée : j'écris et suis hautement exigeante envers moi-même, souvent trop, de là à dénigrer mon boulot avec peut-être un peu trop de réalisme. Mais cette fois, je me sens surpassée dans la nullité. C'est dire ! J'ai dû affronter des passages mièvres où l'auteur compare le vert des prairies de sa Normandie familiale avec le vert intense des gemmes, des couplets doucereux sur sa visite de la mine qui se convertit en un épisode qui nous ferait croire au côté bucolique de l'enfer souterrain, séquence larme à l'oeil comprise dans le forfait. Et puis, il y a le moment où l'auteur se lâche : plusieurs chapitres totalement érotiques où le monsieur en question nous étale sans vergogne la description ultra détaillée des ébats entre son personnage lapidaire prisonnier des rebelles et Maria, la belle guerillera. Honnêtement, je me demande encore si tout cela était vraiment nécessaire et si ça apporte réellement quelque chose au récit. Passer du monde de Bisounours à celui de Rocco Siffredi en quelques lignes, j'avoue y avoir perdu mon latin. Quel est l'intérêt ? Aucune idée. Apporter un peu de piment à un récit trop plat ? Franchement indigeste. Exprimer les fantasmes de l'auteur ? Faire vendre ? Je n'ai même pas envie de me poser la question tellement j'ai trouvé ça lourd, sans aucune classe, déplacé. Je ne fais pas ma mijorée, je parle style et talent d'écriture, deux éléments absent de ce roman décidément déroutant. Pour finir, j'ai trouvé insupportable le refrain complaisant et sans nuance sur la guerilla, la vision romantique et dépassée du rebelle de la jungle. On croirait entendre Jean-Luc Mélanchon faire de la pub pour Cuba et sa situation économique et politique paradisiaque. Dans le genre manichéiste, je pense qu'on a très rarement fait pire. Alors, oui, j'ai trouvé le nom des outils du lapidaire, j'ai appris les bases du métier et je suis un peu moins ignorante sur le milieu de l'émeraude. Mais je l'ai payée cher, ma documentation technique !

vendredi 20 février 2015

Bolivia Road Movie

J'ai beaucoup délaissé le blog ces derniers temps...
Il est vrai que l'hiver, on sort moins, donc moins de visites et de balades à raconter. Quelques voyages sont cependant en perspective, je vous en dirai plus bientôt (notamment un retour dans mes montagnes savoyardes qui me manquent tant. Deux ans d'absence !)
Et puis, il y a une autre raison à ce long silence. 
Il y a presque deux ans, je vous faisais part du fait que l'un de mes projets, l'écriture d'un roman, était arrivé à son terme. Je partais à la recherche d'un éditeur. La quête fut longue, coûteuse, parfois décourageante, laborieuse. Mais j'y suis parvenue. Mon manusrit est en train d'être imprimé, mon livre en train d'être fabriqué !
Le titre ? "Bolivia Road Movie", un condensé romancé de mes expériences dans mion pays d'adoption, un retour sur mes voyages, les paysages, les coutumes, les gens, tout ce qui fait l'importance de la Bolivie dans ma vie. 
Bien évidemment, je vous tiendrai au courant dès que l'ouvrage sera disponible à la vente, c'est-à-dire dans très peu de temps maintenant. J'ai hâte de vous faire partager mon travail !
A très bientôt donc pour des informations plus précises !!

Sachez que je ne me suis pas arrêtée là : mon deuxième roman est sur les strarting blocks pour partir à la chasse à l'éditeur !

lundi 29 décembre 2014

Billy Elliot

Nord de l'Angleterre. Mines de charbon. Maisons de briques toutes identiques où s'aligne la misère sociale, où se jouent des huis clos de violence, d'alcoolisme, de désespoir familial et de culs de sac. Cela me rappelle les mines que j'ai visitées, celles que j'ai lues et les mineurs que j'ai rencontrés ou approchés dans mes visites ou mes lectures. Des hommes rudes, fiers, au caractère fort et aux épaules larges pour porter les charges de minerai et les poids qui vont avec : maladie, fatigue, injustice, pauvreté. Des hommes qui portent aussi en eux toute une histoire, un passé glorieux et terrible à la fois. Le contexte du film, forcément, ça me touche. Et puis, dans le groupe, dans le personnage collectif des ouvriers, il y a le personnage du père de Billy, joué par le formidable Gary Lewis. On est censé le prendre pour un rustre, un intolérant arriéré qui pousse son jeune fils à faire de la boxe, à devenir fort, à suivre sa trace. Moi, avec tendresse, j'ai vu ses failles. Sa peur de l'avenir, la douleur de son veuvage, sa solitude et ses interrogations d'ouvrier qui n'est jamais sorti de chez lui. Il n'a jamais vu Londres. Ne connaît que la mine. La danse, ce n'est pas qu'il déteste, c'est que pour lui, c'est l'inconnu. Fatalement, ça fait peur. Billy, lui, il n'a pas peur de mettre des chaussons aux pieds et de se confronter à la mauvaise humeur de madame Wilkinson, son professeur. Elle aussi est un peu brève, un peu brusque. Elle est toute cassée de l'intérieur, avec ses frustrations et ses espoirs déçus. Elle transpose peut-être en Billy la danseuse qu'elle n'a pas pu être. Elle le pousse, elle croit en lui. Et on y croit aussi. On danse avec lui sur les pavés noircis de charbon, entre les rangs des policiers venus casser la grève, sous le ciel gris du nord, entre les murs de briques rouges, d'obstacle en obstacle, on virevolte à sa suite. Un film émouvant, fort, qui serre les tripes. 

samedi 20 décembre 2014

Reine des quatre parties du monde

Alexandra Lapierre, Je te vois reine des quatre parties du monde, 2013.

Alors là je dis : respect. Plusieurs années de travail, des mois d'investigation à travers le monde, des centaines d'heures enfermée dans des bibliothèques, penchée sur les archives à s'abîmer les yeux pour mener à bien un projet jamais réalisé auparavant : retracer la vie de "Doña Isabel Barreto, Conquistadora des Mers du Sud, Première et seule femme amirale de l'armada espagnole". Rien que le sous-titre du roman nous met l'eau à la bouche. Le risque de faire boire la tasse au lecteur est grand, dans ce genre d'entreprise. On peut sacrifier les faits au profit de l'imagination. On peut être tenté de fantasmer la réalité. Au contraire, il est possible que les détails écrasent la qualité de l'écriture et finissent par former un enchevêtrement rasoir de dates et de biographies. Bravo, madame Lapierre : vous avez évité les deux écueils (tout comme Rufin et son Grand Coeur, d'ailleurs). Le lecteur est pris par le récit, entraîné dans le sillage de cette madone qui se veut le digne successeur des grands découvreurs. Christophe Colomb n'a qu'à bien se tenir. 
Tout commence quand elle épouse le célèbre Alvaro de Mendaña, navigateur obstiné dans la recherche du Cinquième Continent. Ensemble, ils s'embarquent depuis Lima pour un voyage terrifiant à travers l'océan Pacifique. Leur but ? Retrouver les fameuses îles Salomon que Mendaña a découvertes vingt ans plus tôt. Nous saurons tout de la navigation, des relations entre les protagonistes. Le contexte des grandes expéditions nous est parfaitement dépeint et sous un jour réaliste. Pas de complaisance, on ne nous épargne aucune maladie, aucune mort, aucune famine sur la caravelle. Le passage qui explique l'arrivée à terre, la rencontre avec les "naturels" et la tentative de prise de possession des terres est un portrait sans retouches de l'état d'esprit du siècle d'or. Dominer, écraser, soumettre, convertir. Quel qu'en soit le prix. La fin justifie les moyens. 
A la mort de son premier mari dans des circonstances abominables, Isabel ne s'avoue pourtant pas vaincue. Elle épouse le jeune Hernando de Castro et, ensemble, ils ambitionnent de poursuivre la quête de Mendaña. Les îles Salomon, leur obsession. C'est sans compter sur la rivalité qui les oppose à Quiros, le pilote de la première expédition. La concurrence est rude, pour s'attribuer la découverte du Cinquième Continent, et tous les coups sont permis. 
Une histoire sur terre et sur mer qui nous mène du Pérou colonial au Pacifique, puis à Manille (où l'on apprend des choses passionnantes sur les comptoirs et le rôle des Chinois, notamment le fait qu'une grande partir de l'or des Amériques arrive en fait par cargaisons entières en Asie) et Acapulco. Une épopée faite d'amour et de haine, de courage et de cruauté, de rêves de gloire et de terribles chutes. Doña Isabel de Barreto, celle qui aurait pu devenir la reine de Saba, héroïne aux multiples facettes, détestée ou admirée, elle ne laissera aucun lecteur indifférent. 
Bravo, madame Lapierre, pour ce travail qui n'a rien à envier aux thèses poussiéreuses et sans âme des chercheurs d'université. Un boulot titanesque qui me rends bien envieuse. Comme une furieuse envie de me lancer dans le roman historique... !
A relire, dans le même contexte :

lundi 15 décembre 2014

Mes Alpes à vol d'oiseau

J'ai vu hier en différé le long reportage qu'Arte consacrait aux Alpes. A vol d'oiseau. 
J'ai d'abord été frappée par la vision alarmiste qui nous est présentée : celle de la fonte inéluctable des glaciers. Certes, le problème est grave et on nous dit que dans 20 ans, la moitié des glaciers des Alpes auront disparu. Mais, les intellos écolos qui regardent Arte ont-ils encore besoin qu'on leur plombe le moral avec des choses qu'ils savent malheureusement déjà ? Informer. Oui. Mais qui informe-t-on ? On le sait, que les glaciers fondent et reculent. On ne le voit que trop bien au fil des années. La morphologie du glacier de Trient et du glacier d'Argentière, que je connais depuis toujours, a énormément changé en 30 ans. J'ai des souvenirs de mes chaussures d'enfant foulant la glace du Trient. En 2012, l'étendue bleutée est quasiment inaccessible pour une pointure 32... Idem pour Argentière. Idem, sans doute, pour le glacier suisse du Mont Miné. Je redoute d'y revenir dans quelques décennies... Mais que peut-on y faire, nous, qui sommes déjà ultra conscients du désastre et, qui, à notre échelle, faisons ce que nous pouvons pour le dire et prendre soin de ce qu'il nous reste de nature ?
Avec le drame de la fonte des glaciers, vient inexorablement la question de l'eau. Là aussi, on nous explique le côté positif des grands barrages comme Emosson,  La Gittaz, Les Toules, qui alimentent en énergie une grande partie de la région. Une énergie neutre pour l'environnement, nous dit-on... mais, car il y a toujours un mais, un système qui assèche les cours d'eau alentours et redessine le paysage.
Et puis, il y a l'apparition du tourisme de masse, dernier atout-fléau, phénomène à double tranchant. On situe le début de ce mouvement avec le célèbre Thomas Cook et ses premières expéditions dans les Alpes (voir à ce sujet le livre de Jemima Morrell). A partir de ce moment, on a construit, sauvagement profané les versants des montagnes pour les beaux yeux des skieurs. Une déferlante de béton, une course à la mécanisation des cimes. Ils ont appelé cela le "développement". Le tourisme, un mal nécessaire ? Oui, il rapporte. Mais il saccage. Ne soyons cependant pas hypocrites, ne voyons pas tout en noir : l'hélicoptère, les routes, le train sont autant d'évolutions qui ont permis un désenclavement des régions isolées. Souvent, ces technologies révolutionnaires ont permis l'exploitation des richesses naturelles. Aujourd'hui, la plupart du temps transformées en attractions touristiques, les chemins de fer, comme celui de la mine de La Mure racontent à leur façon une histoire qui a changé la physionomie des Alpes. Et puis, le train, c'est le romantisme, l'aventure. Celui du Nid d'Aigle me rappelle le film Malabar Princess. Des images qui racontent elles-aussi de belles choses sur la Haute Savoie. Je rêve de monter dans le Bernina Express... 
Plus sérieusement (quoique, les rêves, c'est du sérieux !), le patrimoine industriel me passionne. Outre les chemins de fer, il y a cette véritable obsession pour les mines du monde entier. Si la section en question est fournie sur ce blog, c'est que j'ai étudié le sujet en long, en large et en travers. Manquent encore à mon tableau de chasse les grandes mines de la Styrie, en Autriche, et les mines de sel allemandes...
(ici, le récit des mes visites dans les mines d'anthracite en Isère - La Mure- et les mines de plomb argentifère savoyardes - Peisey Nancroix-). 
Un bien beau reportage d'altitude, des images merveilleuses du Cervin, du Mont Blanc et leurs compères, mais un bémol : mis à part quelques images de vaches et de moutons en train de monter aux alpages, quelques bouquetins courant sur des falaises, par grand chose sur les animaux. Et rien sur les gens. Les habitants des montagnes, ceux qui en entretiennent les versants. Dans ce reportage, l'homme est surtout vu comme un prédateur, un destructeur, voire un intrus. Certes, il exploite à fond le filon touristique et détruit certains sites naturels à force de vouloir les coloniser à grands coups de remontées mécaniques, hôtels et refuges. Mais l'homme n'est pas qu'un forcené de la grimpette ou un assoiffé de sensations fortes, un Icare inconscient qui se jette du haut des pics pour voler avec les aigles. L'homme n'est pas qu'un free rider ou un cycliste allumé, comme j'avais pu en croiser aux Lindarets. L'homme alpin est avant tout un berger, un paysan, un amoureux de la montagne, respectueux de ses richesses, passionné par sa beauté. Les gens, ceux qui, en un mot ou en quelques belles phrases, me racontent leur montagne. Ces gens-là manquaient au reportage, comme si on les avait fait évacuer les lieux avant le tournage. 
Un survol, comme l'indiquait le titre. Un vol d'oiseau qui, à force de tournoyer au-dessus des sommets, aurait presque fini par me donner le mal de mer !
Le glacier du Mont Miné - Valais Suisse

vendredi 26 septembre 2014

Ce que racontent les murs de Bolivie

Je n'avais pas remarqué une telle affluence de tags et autres peintures murales lors de mes précédents voyages en Bolivie. Il semble que, depuis quelques temps, les artistes, certes plus ou moins talentueux, soient sortis dans la rue. 
Il y a d'abord les peintures éducatives, portant des messages de respect, de solidarité. Le monde de Bisounours expliqué aux enfants. C'est mignon. Un peu naïf.

Ensuite, en me baladant dans les rues, comme je l'avais fait à Athènes, j'ai trouvé des tags intéressants, parlants. Politiques, sociaux, humoristiques. Le tag porte souvent un message et il faut aller au-delà de l'image pour en saisir le sens.




Et puis, à La Paz, je me suis trouvée face à une gigantesque fresque murale digne de Diego Rivera ! Une sorte d'histoire sociale du pays à travers l'exploitation de ses ressources, la syndicalisation, les révolutions et les nationalisations. Evidemment, il y a un gros parti pris, la dénonciation de la colonisation et la valorisation des actions du pouvoir en place. Mais que dire de négatif sur un président qui a su rendre à son pays les ressources qu'on lui pillait depuis des siècles ? Ce qui m'a le plus intéressée c'est bien sûr la partie concernant l'histoire minière de la Bolivie. Tout un programme ! Les mineurs en tant que fers de lance du développement industriel. Les mineurs fiers de leur travail et de leur mission, meneurs des révoltes et ultra respectés à travers tout le pays. Il faut dire qu'une manifestation à la dynamite, ça se respecte !

samedi 23 août 2014

Le Festival international de cinéma des Droits de l'Homme

"Mujeres de la mina", de Loreley Unamuno y Malena Bystrowicz.
Au milieu du bruit entêtant des marteaux qui cassent les pierres, des femmes racontent. Elles disent leur existence de travailleuses de la mine, de mères, la vie rude, les tristesses, les combats quotidiens. Lucia, l'une des protagonistes, est dans la salle, assise au deuxième rang. L'émotion est palpable. On sent un élan d'amour qui circule dans l'obscurité, entre Lucia, les spectateurs et les deux jeunes femmes argentines qui ont su laisser parler ces héroïnes de la mine et s'effacer complètement. Le documentaire ne se contente pas de nous faire plonger dans l'enfer d'un Potosi féminin, il nous offre aussi le témoignage de Domitila Chungara, figure de l'histoire des luttes pour la justice dans les mines d'étain de Siglo XX. Ce sont parmi les dernières images de doña Domi, déjà malade, mais toujours vaillante. L'aura de la dame de Llallagua et Catavi veille encore sur nous. Et puis, il y a le regard en gros plan d'Eduardo Galeano, ses phrases et ses yeux qui bousculent notre conscience, qui nous réveillent, pauvres ahuris que nous sommes. Loreley et Malena ont fait un travail magnifique, avec toute leur sensibilité, toute leur énergie, huit ans de leur vie pour ce cadeau qu'elles nous offrent. Merci.

"Mujeres de la mina" a reçu le prix "Ojo Latinoamericano" dans la catégorie moyens métrages du Festival Internacional de Cine de los Derechos Humanos de Sucre, août 2014.

http://mujeresdelamina.wordpress.com/

"Una flor para las tumbas sin nombre", de Daniel Hechim
Au début, on ne sait pas où le réalisateur veut en venir. On assiste à un croisement d'images : celles, en noir et blanc, qui raconte l'arrestation d'un étudiant français dans les années 70, dans les années sombres de la dictature ;  celles, actuelles, de la découverte de deux corps anonymes dans le village de Melincué. C'est l'histoire de deux recherches croisées, deux quêtes qui, durant 35 ans, visent à découvrir la vérité. Pendant toutes ces années, c'est tout un village qui enquête pour découvrir le nom de ces deux jeunes gens assassinés pendant la dictature. Un élan collectif se forme, entre le juge qui a refusé de classer le dossier, les élèves et les professeurs d'une école qui se mobilisent, les habitants qui se relaient pour aller fleurir cette tombe sans nom. D'un autre côté, deux familles cherchent désespérément la trace de leurs enfants disparus. Les morceaux de ce puzzle d'amour et de haine peuvent-ils se recoller ?
Après quelques minutes d'interrogation, j'ai complètement adhéré. 

http://unaflorparalastumbassinnombre.blogspot.com.ar/


dimanche 13 juillet 2014

La Machine (58)

La mine avec des yeux d'enfants....
On entre dans la ville de La Machine. Rien que le nom, tout est dit. Le petit train à l'entrée du village n'a rien d'un train touristique. Le mineur au travail est gravé dans le roc. Hommage aux gueules noires. Nous sommes dans une cité minière. 


La lampisterie, la salle des pendus. Les vêtements accrochés au plafond et qui sèchent de la transpiration du jour. Le casque est trop grand, la lampe trop lourde. La galerie trop noire et en pente. On trébuche. Trouillomètre à zéro. La mine, la première fois, c'est toujours impressionnant. Il faut accepter de perdre ses repères, le sens de l'orientation, d'oublier la direction de la sortie et même qu'il y en a une. Ensuite, on s'y fait, c'est comme tout.

Il y a le bruit, aussi. Effrayant, qui rend dingue. Les marteaux-piqueurs, la pompe à eau, les explosions de dynamite, attention les enfants, bouchez-vous les oreilles. Comment les mineurs pouvaient-ils entendre la cloche qui annonçait un incendie, un accident, dans tout ce vacarme ? On se le demande. Il paraît que si. 
Pauvre Lisette, qui a passé 10 ans de sa vie dans cet enfer. Lisette, c'est un âne. Mais pas n'importe quel âne, non mademoiselle, non jeune homme ! Lisette, elle savait compter jusqu'à 6 ! Elle écoutait le son des wagonnets de charbon qu'on accrochait derrière elle pour qu'elle les tire, et à 6, elle démarrait. Pas à 5, ni à 7. Seulement à 6. Lisette, elle savait compter. Les animaux, qui restaient 10 ans dans la mine, ne ressortaient pas forcément aveugles, comme on le dit souvent. Par contre, une fois à l'extérieur, il fallait leur ôter, semaine après semaine, les couches successives de tissus qu'on leur avait placées sur les yeux, pour que la lumière ne les brûle pas. Ce qui les faisait mourir, parfois, c'était de se retrouver avec toute cette liberté et de ne savoir qu'en faire, séparés qu'ils étaient à présents de leurs camarades de travail, les mineurs. En voyant Lisette empaillée, visitée par les touristes de temps en temps, on se prend d'affection pour ces animaux courageux.
Le musée complète la visite. Les bureaux de l'administration sont restés intacts, le mannequin de cire, avec ses binocles sur son nez pointu, est très réaliste. Les salles sont très bien organisées et on revit l'épopée de La Machine. On se replonge avec moins d'angoisse dans l'obscurité des galeries grâce à des reconstitutions réalistes.

Le dimanche, les anciens mineurs font la visite. On reviendra. Ils nous expliqueront de manière encore plus vivante (même si la guide était extrêmement sympathique ! merci !) comment ils descendaient et remontaient dans la cage, comment il revenaient tout noirs de là-dessous et comment ils étaient fiers de leur métier. 

lundi 7 juillet 2014

Retour en Bolivie

"Mais maman, tu te rends compte ! A cause du voyage en Bolivie, on ne verra pas le Mont Blanc cette année !"
Dilemme. Et puis quand faut y aller, faut y aller. Les circonstances, les aléas de la vie, ça se précipite, pas le temps de trop réfléchir et on dit "oui". Ensuite, on se dit qu'on a le temps. On achète le billet d'avion comme on prend une place, 6 mois avant, pour un spectacle auquel on rechigne à aller le jour J. Parce qu'on a piscine. Sauf qu'un billet d'avion, ça ne se revend pas sur Le Bon Coin, on ne peut pas rester dans son canapé et manger des pizzas comme on ferait si on allait pas au concert. Alors on fait l'autruche. Pendant des mois on n'y pense plus, on vit sa vie pépère, on fait comme si de rien n'était. On y pense en se rasant le matin, sauf qu'on n'a pas de barbe, donc en fait, on n'y pense pas vraiment. 
Deux semaines avant le grand départ, on se réveille, on se regarde dans le miroir et on réalise qu'il faut impérativement :
- trouver à se loger sur place,
- acheter le pack médicaments,
- changer un peu d'argent mais c'est trop tard,
- accessoirement, faire ses valises.
Pendant des semaines on a auto-argumenté qu'on était laaaaarge. Mais là, ça urge. La pression monte. Normalement, quand on part en voyage, les achats de dernière minute se font dans un enthousiasme mêlé de stress, mais dans l'enthousiasme. Pour moi, tout est différent.
Ce n'est pas mon premier voyage en Bolivie. C'est mon quatrième. Si vous êtes un peu curieux, tout est là.  

La première fois, j'y allais pour les études, pour découvrir, pour réaliser un rêve.
La deuxième, pour y rester, voir du pays, travailler, me fondre dans la masse.

La troisième, en famille, pour transmettre, créer un lien, planter des racines, acheter un appartement, la totale.
Et puis de l'eau est passé sous les ponts. Un tsunami, plutôt. 
La rupture avec le pays, parmi tous les déchirements, a été rude. Llajtay blues. Pour accuser le coup, je n'ai plus lu les journaux, plus mangé de quinoa, plus écouté Norte Potosi, plus voulu en entendre parler. J'ai pris le grand grand large. 
Et nous voilà revenus à la case départ. L'angoisse monte. C'est toujours le même pays, mais plus comme avant. Est-ce un mal ? Est-ce un bien ? L'enthousiasme n'est plus là. La peur, un peu. De me sentir perdue. De ne plus rien comprendre. De ne pas trouver mes marques. De m'emmerder à 100 sous de l'heure. On me dit "waou ! Quel beau voyage !" et je songe "bof... Je serais tellement mieux assise dans mes alpages..." 

Allez, demain, c'est décidé, je m'y mets. J'ouvre une valise, juste pour vérifier que je ne vais pas tomber là-dedans dans un précipice. Parfois, quand on est enfant, on demande à maman de vérifier que le loup n'est pas sous le lit, le soir, avant de dormir. Un truc dans le genre. J'imagine. Demain, j'achète le Routard et je reprends tout depuis le début. 
La Bolivie ? Connais pas. Hâte de découvrir...
Maison... à l'année prochaine...

dimanche 15 juin 2014

Bibracte et le Mont Beuvray

Première incursion dans le Morvan. Première d'une longue longue longue série. 
Dès Nevers, le paysage change et devient verts pâturages, douces collines, prémices de la montagne. Le Morvan étend déjà sa ligne prometteuse en arrière plan. C'est là que nous allons. Bien sûr, même si notre destination du jour est le sommet, nous prenons quand même note de quelques villes dans lesquelles s'arrêter une prochaine fois : Châtillon en Bazois, son château et ses jardins qui bordent le canal du Nivernais ; le charme tranquille de Moulins-Engilbert ; évidemment Château-Chinon et Decize. Et puis, s'il ne devait y avoir qu'un endroit à choisir, ce serait, sans surprise, le musée et la mine du village de La Machine. Un monde qui me fascine toujours autant (voir mes incursions en Bolivie mais également en Savoie et dans le Vercors, dans la section correspondante, et qui s'enrichira donc bientôt !). 
Au terme d'une charmante route sinueuse ("monter, descendre, ben oui, maman, la montagne, c'est ça !"), nous nous garons sur le gigantesque parking du musée de Bibracte. Coup de chance, nous tombons sur un rassemblement de Porsche, toute gentiment alignées là. 
Il fait beau, mais frais, le temps idéal pour une longue balade. Nous choisissons l'option "visite du site en solitaire", peu friandes que nous sommes des groupes, et amatrices de randos en tête à tête avec le caillou. Bien sûr, la visite commentée tourne autour du travail des archéologues et doit être passionnante, mais ce sera pour une prochaine fois, tout comme celle du musée, abrité dans un très beau bâtiment moderne et au contenu d'apparence très riche. 
Pour l'heure, cap sur la forêt et sur des pentes au dénivelée impressionnant. Le déjeuner dans le silence du plateau, assises contre la pierre de la Wivre, ce granit rugueux et pointu, a tout d'un festin quatre étoiles. Qu'ils sont à plaindre, les aventuriers du dimanche qui se sont contenté du maigre confort de tables et de chaises à la cafétéria du musée, quand ils avaient à disposition le plus beau restaurant du monde : la nature !
Plus loin, c'est une autre pierre qui nous attend, beaucoup moins rugueuse et plus accueillante celle-là : la pierre salvée, comme son son l'indique, est un gros caillou tout en rondeurs et qui soigne. Quand nous arrivons sur les lieux, une jeune femme l'embrasse à pleins bras, tandis que son amie nous explique que cette pierre particulière a des vertus curatives et que, rien qu'en la touchant, on sent ses bienfaits nous pénétrer. Admettons, nous tentons l'expérience. Impossible de savoir quels en sont les résultats. En tout cas, c'est doux, c'est chaud, c'est confortable comme les bras d'une maman ou l'épaule d'une grande soeur. Enfin, c'est ce qu'on en a conclu. C'est régénérant et c'est gratuit. Mère nature est généreuse avec ceux qui savent l'entendre.
En parlant de panorama privilégié, ce sont les archéologues, qui ont un bien beau lieu de travail ! Les vestiges qu'ils mettent à jour sur le site de l'antique cité gallo-romaine de Bibracte sont monumentaux et donnent une idée très claire de l'occupation du mont Beuvray et l'étendue de celle-ci. C'est un travail de cigale et de fourmi à la fois, à genoux dans la terre et le nez dans le vent. 

Enfin, au terme d'une belle balade de deux heures à travers les bois et les plateaux, nous voici au sommet, à plus de 800 mètres d'altitude et avec une vue incroyablement vaste. Comme souvent, la table d'orientation nous indique que l'on peut voir le Mont Blanc, là-bas, droit devant... mais nous commençons à nous habituer à certains inconvénients climatiques ou végétaux qui, tant dans le Mâconnais qu'ici, nous empêchent de le voir...
Qu'importe, nous avons passé une superbe journée sur les traces des gallos-romains et nous reprendrons certainement un peu de Mont Beuvray. L'appétit d'une région vient en marchant !

jeudi 11 octobre 2012

J'ai lu Zola

Cela mérite un grand bravo et je ne suis pas prétentieuse. La littérature française reste le cauchemar de mes années de collège et de lycée, voir même d'université, puisque je n'ai jamais dépassé le 9/20 de moyenne dans cette matière depuis l'âge de 15 ans. J'ai maudit Molière et ses dialogues à apprendre par coeur, j'ai détesté Maupassant et son Horla à propos duquel il a fallu faire des heures et des heures de commentaires, j'ai soupiré de lassitude face aux interminables phrases de Stendhal et de Flaubert qu'il m'a fallu traduire en italien. Je m'en suis donc tenue là pendant quelques années, années bénies où j'ai découvert d'autres littératures. J'ai dévoré les romans de Garcia Marquez et les nouvelles de Cervantes, avant de me rendre compte, en fin de compte, que la littérature espagnole, niveau ennui, n'avait rien à envier à la française. Camilo José Cela et Quevedo étaient des raseurs. C'était dit. Alors est venu le temps des récits de voyages, des récits de vie, des récits d'ascension et autres littératures qui ne disaient pas leur nom. C'était moins intimidant, plus dépaysant, deux bonnes raisons d'y aller. Un jour, pourtant, au moment où je m'y attendais le moins, les grandes oeuvres revinrent frapper à ma porte. Je préparais un travail de recherche sur les mines boliviennes et, pour en savoir un peu plus sur le métier de mineur, sur les conditions de vie et de travail, je me suis dit, un coup de folie: "tiens, et si je lisais Germinal?". J'avais été impressionnée par le film et par conséquent, l'oeuvre me paraissait intéressante. En fait, je l'avoue, et à mon plus grand étonnement, j'ai été captivée. Par le décor, par ces ciels lourds et éternellement gris, par ses visages fermés, ce travail infernal, la gueule béante de cette mine mangeuse d'hommes et de destins. J'ai lu Germinal et je ne l'ai pas compris, je l'ai visualisé. C'est là que je me suis dit que ce Zola était sacrément fort pour susciter tant d'images dans un tête d'inculte littéraire. Et puis, ceci mis à part, la condition des mineurs de la fin du 19ème en France ressemblait beaucoup à celle des mineurs boliviens des années 60-70 que j'étudiais. Zola avait frappé en plein dans le mille. Les années ont passé, les oeuvres se sont succédé mais je n'ai jamais renouvelé ma rencontre avec la littérature française. Et puis, un jour encore très récent, j'ai décidé de mettre un terme à ma carrière d'use-pantalon sur les bancs des facs de France. Enfin, pour la première fois depuis 10 ans, je pouvais lire CE QUE JE VOULAIS. Mais par où commencer? Le choix était si vaste! Les grands auteurs me causant encore une angoisse toute scolaire, j'ai d'abord lu un peu de tout, ce que je trouvais, des auteurs "actuels", du bon, parfois même du très bon. Eric Emmanuel Schmitt, une constante. Frison Roche, pour la montagne. Giraudeau, tout, dans l'ordre et dans le désordre et à répétition. Puis, peu à peu, l'appréhension des grands noms a disparu, parce que, comme avec la nourriture, plus on mange et plus on a faim, il en est allé de même pour la lecture. Et rien ne m'a plus paru insurmontable. C'est dire le chemin parcouru.
A la bibliothèque municipale. Octobre 2012.
"Bonjour, je n'ai pas trouvé les livres de Zola.
- Oui, ils sont dans un carton, dans le bureau. Suivez-moi!
- (Déjà, c'était louche).
- Lequel voulez-vous?
- C'est que... je commence... je ne sais pas par quoi commencer...
- Eh bien, attendez voir...
- J'ai lu Germinal parce que je travaillais sur les mines et puis j'ai lu beaucoup (ouh la menteuse) de littérature espagnole et latino-américaine pour mes études alors voilà. (reprise du souffle)
- Bien sûr, on ne peut pas tout faire!
- Voilà! (sourire de marmelade d'enfant qui cherche une mauvaise excuse parce qu'il n'a pas lu le livre au programme).
- Il y en a beaucoup! Attendez... Non, celui-là est très gros!
- (merde, je suis démasquée)
- C'est dommage, Au bonheur des dames est déjà emprunté. Essayez celui-ci. La curée. C'est le deuxième des Rougon Macquart.
- Merci. Merci beaucoup!"
Bon, une semaine plus tard, j'ai avalé, dévoré, je me suis préparée chaque soir à retrouver Zola avec l'excitation toute propre aux plaisirs nouveaux et un peu cachés. J'ai aimé. Et je suis fière d'avoir franchi ce pas, après toutes ces années de brouille, d'avoir fait ce geste symbolique de réconciliation avec la grande littérature française. Voyez-vous, j'en suis même encore plus fière que si j'avais remporté une épreuve olympique, ou pire, si j'avais été lauréate de l'agrégation. Sacré Zola.

vendredi 4 mai 2012

Programmation de la Maison de l'Amérique Latine

Bon... comme vous êtes perspicaces... Elle n'a rien à nous dire... Alors elle nous fait du copié collé... Ok, ok, comme tu voudras, cher lecteur... Tu n'as pas tout à fait tort... Mais au moins profite de l'info pour sortir, voir, découvrir, vibrer, te choquer, rencontrer, aimer... et me raconter si je n'y suis pas...
A la Maison de l'Amérique Latine ce mois-ci:

mardi 22 mai 2012 de 21h00 à 23h00

La Tentation de Potosi

Projection du documentaire de Philippe Crnogorac, 2010, 66'

Actualités > La Tentation de PotosiQui est Manuel Morales ? Qu'est devenu ce mineur bolivien qui aurait donné son âme au diable en échange de la richesse ?
Fasciné par l'idée de rencontrer un homme ayant approché le diable, le narrateur du film entreprend le voyage à Potosi, dans les Andes, pour retrouver la trace de cet homme et percer le mystère de son pacte. Il questionne, il enquête, au risque de se perdre dans les méandres de l'univers baroque de ses interlocuteurs. Ses rencontres l'entraînent d'églises en bordels, de beuveries en cimetières… jusqu'aux tréfonds d'une montagne sacrée où, à la lumière vacillante de leurs torches, des hommes traquent le bon filon. La frontière entre le réel et l'imaginaire devient de moins en moins visible.
Racontée comme un voyage initiatique, la quête du narrateur se dérobe peu à peu pour prendre un tour inattendu.
Mais qui tire vraiment les ficelles de cette histoire ?
http://www.latentationdepotosi-lefilm.fr
Association Lupuna associationlupuna.blogspot.fr/


vendredi 25 mai 2012 de 21h00 à 23h00

Cordillera Concert. La magie du Charango

Oscar Miranda

Musique > Cordillera Concert. La magie du CharangoOscar Miranda né à Guaymallen, province de Mendoza (Argentine), est reconnu dès son adolescence comme un virtuose du charango. Il a suivi une formation musicale théorique au Conservatoire National « Carlos Lopez Buchardo » de Buenos Aires. Riche de cette culture musicale mixte et variée, il a participé à de nombreux festivals, dont le festival international de charango organisé en Belgique et en Suisse. En 2011, il a réalisé une tournée en Europe et s'est présente également sur plusieurs scènes françaises. Il a réalisé trois CD enregistrés chez EPSA Music: «CHE CHANRANGO » avec des chansons de différents auteurs. « CHARAGOTAN » revisitant les classiques de la musique urbaine et enfin « CORDILLERA », qu’il présentera lors de ce concert et sur lequel on trouve un grand nombre de ses compositions originales mais aussi des morceaux issus du folklore. Un mélange de genres incluant des huaynos, bailecitos, zambas, carnavalitos, polcas, gatos, malambos y chacareras.
Le style de Oscar Miranda est unique, subtil mélange de tradition et de modernité. Son jeu, impressionnant par la diversité des sons et des couleurs qu’il est capable de produire et par l’émotion contagieuse qu’il distille dans chaque morceau. Un virtuose au talent exceptionnel d’une grande générosité qui nous fait voyager non seulement à travers l’Amérique latine mais aussi dans l’univers des émotions et des frissons. oscar-miranda.blogspot.com/
PAF : 10 euros / Chômeurs, étudiants : 5 Euros. Réservations indispensables : casasantafeparis@yahoo.fr ou tél 01 42 38 23 99