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mercredi 27 avril 2016

Le mystère Agnès Sorel

Agnès Sorel est un mythe tout autant qu'un nom, un personnage qui a croisé le destin de grands hommes et qui a fait du sien quelque chose d'exceptionnel. Je me suis enfin plongée dans l'histoire de cette femme qui a non seulement été la favorite du roi, mais également sa conseillère et une unificatrice du royaume de France, une fondatrice de notre pays tel que nous le connaissons aujourd'hui.
J'avais dans ma bibliothèque un ouvrage que j'avais feuilleté (Pascal Dubrisay, Agnès Sorel, Dame de Coeur et de Beauté) mais pas encore lu dans le détail. C'est maintenant chose faite. J'y ai appris plein de choses sur Agnès et j'ai découvert que j'avais croisé son chemin plusieurs fois sans le savoir. D'abord, dans le Berry, où le roi Charles VII régnait à l'époque de leur rencontre, le nord du territoire étant occupé par les Anglais et ravagé par la guerre. La cathédrale de Bourges était en quelque sorte sa chapelle personnelle. Modeste, Charles ! Le Berry, c'est aussi le domaine du célèbre Jacques Coeur, l'Argentier du roi, le commerçant sans frontières qui a posé les bases des premiers échanges internationaux à grande envergure, et ce bien avant les grandes découvertes, et qui s'est fait bâtir un palais à l'échelle de sa puissance. Ami d'Agnès Sorel, Jacques Coeur sera accusé de l'avoir empoisonnée, sans doute à tort. La Dame de Beauté, du nom du château dont le roi, fou amoureux d'elle, lui avait fait cadeau et qui se situe non loin de celui de Vincennes (là aussi, lieu que j'ai souvent fréquenté), est en effet morte très jeune, volontairement ou involontairement empoisonnée, on y revient. Ensuite et surtout, l'endroit où les amants ont vécu les plus belles heures de leur histoire d'amour, c'est le château et la ville royale de Loches, en Touraine. Il y a bien longtemps, j'avais visité le château et son donjon et bien sûr entendu prononcer le nom d'Agnès Sorel, sans approfondir la question. Maintenant, je comprends la fascination que la belle dame suscite encore dans la région. Rien à voir avec la maîtresse passagère d'un roi frivole. Agnès a révolutionné la mode, cassé les règles et fait entrer la femme dans un rôle politique et social prépondérant. C'était loin d'être une écervelée. Elle était certes belle, mais également très intelligente, clairvoyante, et possédait un esprit aiguisé et aiguillé vers une seule direction : faire de la France un pays uni et puissant. Et malgré ses décolletés plongeants qui faisaient frémir la cour, d'envie ou de jalousie, c'était une femme très pieuse, soucieuse de son prochain. En résumé, Agnès était quasi parfaite. L'archétype de la femme moderne, quoi ! Comment alors ne pas l'admirer et comment ne pas se laisser captiver par les mystères qui l'entourent ?
Ici, des images de la belle ville de Loches:





Car c'est au moment de sa mort à Jumièges, en Normandie, que commence une enquête passionnante. D'abord sur le destin de sa dépouille : plusieurs fois changée de place, dont des cheveux et des dents lui ont été enlevés et que l'on s'est distribué comme de véritables reliques. Puis sur la cause précise de son décès. Empoisonnée au mercure, on le sait maintenant, depuis qu'en 2005 ses restes contenus dans l'urne funéraire ont été étudiés à la loupe par des scanners, des chercheurs et des médecins. En revanche, ce qu'on ignore encore, c'est si cet empoisonnement fut volontaire ou pas. A l'époque, plusieurs raisons auraient fait qu'Agnès se soit vue administrer d'importantes doses de mercure :
- elle était enceinte et allait accoucher (d'un enfant prématuré qui n'a pas survécu et dont on retrouve des ossements dans l'urne funéraire) et le mercure servait à et à faciliter l'enfantement,
- elle souffrait d'une maladie, caractérisée par la présence de vers plus ou moins longs (berk !) dans son appareil digestif, et dont seul le mercure pouvait calmer les douleurs 
Alors, mauvais traitements médicaux, surdose de mercure ou assassinat ? Le mystère plane encore, mais les raisons d'ourdir un complot contre elle étaient légion. Agnès était quand même la femme à détrôner, la reine sans couronne à laquelle le roi obéissait au doigt et à l'oeil ! Après la fin de ma lecture, je suis allée acheter pour deux euros et des poussières le replay de Secrets d'Histoire qui lui était dédié et j'ai revu le château de Loches, la cathédrale de Bourges et le palais Jacques Coeur. Après tout ça, je comprends mieux la fascination qu'exerce encore Agnès sur nos contemporains et je me sens moi-même convertie à cet élan d'admiration collectif pour la Dame de Beauté. 

samedi 16 avril 2016

Une année de hors saison : notre calendrier vacances !

Après avoir testé plusieurs destinations dans cette configuration et d'autres destinations en pleine période touristique, je pense qu'il est temps de dresser le bilan. Ni "pour/contre", ni "avantages/inconvénients", cet article est entièrement à la gloire du hors saison. 
Première étape : vous dégoûter des escapades "en saison"
1. Plusieurs heures d'attente au pied des téléphériques de la vallée de Chamonix, des sentiers encombrés et les embouteillages qui vont avec pour quitter la ville. 
2. Un trajet parking - plage au-milieu des rues piétonnes vendéennes encombrées de mangeurs de glaces, de bruit et de touristes flânant au ralenti. 
Mer ou montagne, partir en saison, c'est s'inscrire dans la file de véhicules qui poireautent sur les autoroutes pour atteindre les supermarchés bondés, les villes où il est impossible de circuler et la nature parsemée de visiteurs, les plages surpeuplées et les montagnes occupées de haut en bas. C'est payer tout plus cher, du stationnement à la location d'appartement, de l'hôtel au billet de train ou d'avion. Oui, souvent, on n'a pas le choix et, plutôt que de rester chez soi à regarder sa pelouse pousser sous l'effet de l'été, on préfère partir et s'aérer. C'est compréhensible. Cependant, quand on a le choix...
Deuxième étape : vous vanter les mérites des vacances "hors saison"
1. En février, pourquoi ne pas vous offrir une escapade sous le soleil déjà chaud de Marseille et voir les îles du Frioul, certes avec un mistral relativement glacé, mais pour vous tout seuls ? 
Ou encore acheter un billet d'avion à moindre coût qu'en juillet - août et vous et faire le grand saut vers la Bolivie (certes, à la saison où il pleut un peu... ok, parfois beaucoup, mais le pays est beau de toute façon !)
Cochabamba - Bolivie
2. En avril, la Grèce, évidemment ! La période qui ressemble le plus à notre été à nous, avec des températures frisant déjà avec les 25 degrés, ce qui est amplement suffisant pour visiter l'Acropole. Il faudrait être fou pour faire ça pendant les mois de canicule ! 
En avril, c'est aussi le moment pour découvrir la Catalogne et ses criques. 
La Normandie, pas mal non plus, bien qu'un peu frais, mais ça reste la Normandie, il ne faut pas demander l'impossible. 
Cala Llevado - Catalunya
3. En mai, la Vendée bien sûr ! Où, en plus de l'avantage de rues et de plages clairsemées, vous offrira un océan à une température pas forcément plus froide qu'en août (14 degrés l'été 2015, pour info...)
Plage de la Paracou - Vendée
4. En octobre, si vous avez manqué l'opportunité d'avril pour visiter Athènes, on vous offre une seconde chance avec les mêmes caractéristiques climatiques. 
La Bretagne sud pourra également vous laisser un bon souvenir, mais si et seulement si vous avez déjà vu la Grèce en avril !
Egine - Grèce
5. En décembre, pour échapper aux agapes familiales, je vous propose par exemple de visiter l'Andalousie, où il fait de toute façon toujours beau. 
La Rochelle et surtout l'île de Ré vous permettront de vous planquer sans qu'on vous retrouve. A moins que ce ne soit parce que du coup, vous ayez décidé d'élire domicile dans l'île... Attention, seulement jusqu'à l'arrivée des premiers touristes, sinon ça n'aurait plus de sens !
Saint Martin de Ré
Voilà pour notre "calendrier du hors saison" ! En espérant vous avoir donné quelques envies et quelques idées. Si vous en avez d'autres, n'hésitez pas les partager en commentant l'article !

lundi 11 avril 2016

T'as voulu voir Honfleur et on a vu Honfleur

On aurait pu pondre un article intitulé "où manger à Honfleur?", mais ce serait prétentieux de dire que nous avons étudié le panorama gustatif de la ville dans le détail. En fait, de Deauville, on s'est dit que ce n'était pas très loin, on a suivi les panneaux (ces petites routes de campagnes dotées de virages dignes des Alpes étaient-elles vraiment la "vraie" route ?). On a voulu voir Honfleur, on a vu Honfleur. On s'est garé tout près du centre dans cette petite ville qui nous a paru charmante dès le premier abord et nous avons emprunté les petites rues piétonnes pour atterrir sur le port, en face de cet alignement d'immeubles atypiques, du genre qu'on ne trouve pas ailleurs. Des bâtiments tout minces, tout en hauteur et couverts d'ardoise non seulement sur les toits, mais parfois de la tête aux pieds. J'ai trouvé ça très original, très joli, mais j'ai reconnu que sous une pluie battante, les quelques touches de couleur données par les stores étirés des restaurants ne devaient pas suffire à égayer cette grisaille architecturale. Lors de notre courte visite, à l'heure du déjeuner, il fait beau et c'est bien là l'essentiel. Voyant tous les estomacs assis tranquillement en terrasse, on se dit que pour la Normandie, ces quatorze degrés  d'avril doivent représenter un avant-goût d'été et qu'il serait criminel de manger à l'intérieur. Bien abrités dans nos manteaux, le soleil au choix, dans l'oeil ou dans le dos, nous choisissons le restaurant du coin, c'est le cas de le dire, celui qui nous permet de nous installer rapidement sans avoir à s'enfiler toute la collection d'adresses qui s'enchaînent sans discontinuer sur le quai, et celui qui nous propose un filet mignon au cidre. Franchement, nous n'en sommes pas déçus. J'étudie en détail le plat qui m'est servi et qui plaît beaucoup à mes papilles pour le refaire à la maison à ma sauce (c'est chose faite et paraît-il bien faite). Les bananes sur ma crêpe au chocolat sont un peu frites, ce qui a l'avantage, de mon point de vue, d'augmenter encore la note du restaurant, ce qui fait que je peux vous en donner l'adresse sans trop de craintes:
Le P'tit Bistrot "Chez Emilie"
76-78 Quai Ste Catherine
14600, Honfleur
Il est déjà temps de reprendre la route et de quitter la Normandie, tout en se disant que cette rapide visite n'était qu'une introduction, que la belle région et ses belles côtes ne se situent qu'à deux petites heures de Paris et que nous y reviendrons certainement. 




samedi 9 avril 2016

Trouville est-elle la soeur jumelle de Deauville?

Juste de l'autre côté du pont, en face de Deauville, c'est Trouville, deux villes jumelles qui se ressemblent donc beaucoup, mais qui offrent quelques différences notoires. 
Les similitudes : 
Le Casino Barrière, évidemment, incontournable, et les belles demeures qui longent la plage. Le côté riche, indéniablement, et la jolie promenade qui court le long de l'eau. Le sable fin (non, cette fois, on n'ira pas pieds nus comme à Cabourg !) et le flot de résidences secondaires encore fermées au mois d'avril. Les grands-parents prout prout qui tentent de raisonner leurs petits-enfants en bottes de caoutchouc et vestes bleu marine. La belle côté normande et l'horizon infini. 


Les différences:
La vue au loin sur le grand port du Havre (tiens, d'ailleurs, ça se visite, un port de commerce ?), la digue déserte et le petit coin sauvage enchâssé dans les rochers, après le centre nautique, idéal pour admirer la mer et rêver en solitaire. La rue commerçante le long du port, plus animée, plus "populaire" (bien que le terme ne soit pas forcément exact) et le flot de petits restaurants. Les étals de poissons frais et l'ambiance moins guindée qu'à Deauville. 

Où manger à Trouville:
Un certain nombre d'adresses possibles aux prix relativement raisonnables et aux menus similaires (fruits de mer, poisson, crêpes, andouille), que nous ne nous sommes pas donné la peine de tester. Au bout de quelques allées et venues le long du quai, nous avons opté pour un petit restaurant familial, dans une ruelle montante un peu en retrait. Il s'agit de la Bolée Normande. L'endroit, à première vue, ne paie pas de mine, mais l'intérieur est chaleureux et l'accueil qui est réservé au client est détendu et familial. On y mange bien, la cuisine ressemble à celle qu'on peut faire "à la maison", riche, savoureuse et simple. Les touristes comme les habitués ont l'air heureux de s'asseoir aux petites tables du local et semblent repartir avec l'estomac satisfait. Les prix sont bon marché, un très bon rapport qualité prix pour cette adresse que je conseille vivement ! Et alors parenthèse (l'abus d'alcool gnagnagna...), le petit kir normand et le pommeau, j'ai adhéré de suite !
La Bolée Normande
1 rue durand couyere
Trouville

vendredi 8 avril 2016

Ouistreham et Colleville ou le récit d'une erreur GPS

Ou l'histoire d'une petite incompréhension entre le GPS et nous...
Après notre aventure pieds nus sur la plage de Cabourg, nous poursuivons jusqu'à Ouistreham. Dès la fin de la grosse averse (on en est Normandie, tout de même !), nous traversons les étals de poissons frais pour tenter de nous approcher des énormes ferries qui partent pour l'Angleterre. On ne les verra que de loin, la zone d'embarquement, comme son nom l'indique, étant réservée à l'embarquement, mais au nombre de camions qui se succèdent pour s'engouffrer dans le bateau, on mesure à peu près l'envergure de la machine. 

Ne souhaitant pas nous éterniser sur les quais dans le vent et la pluie déjà de retour, nous reprenons la voiture et nous dirigeons vers Colleville. Nous ne sommes pas très loin de Caen et, étant donné les panneaux indiquant "mémorial du débarquement" et autre "musé du mur de l'Atlantique" (à Ouistreham), nous pensons nous trouver à deux pas du fameux gigantesque cimetière américain, situé à Colleville. On se dit qu'on ne peut pas rater ça, que ça doit être impressionnant, qu'on a bien quelques minutes à perdre à convaincre le GPS du téléphone de nous y emmener. Quoi ??? 1 heure de route ?? On se dit pas possible, il n'y a jamais une heure de route : on y est, à Colleville ! Cette machine imbécile ne doit pas nous localiser correctement. Autour, sur le plan, on aperçoit le nom "Cabourg". Ben oui, c'est bien ça pourtant ! On retente notre chance, on tourne en rond, on fait trois fois demi tour et on peste un peu, beaucoup. Au bout d'une vingtaine de minutes à tourner en rond, on renonce, déçus et fâchés contre cet idiot de GPS... Quand soudain, révélation : il y a 2 Cabourg, et 2 Colleville !! Le cimetière américain du débarquement ne se situe pas à Colleville Montgomery, mais à Colleville sur Mer, effectivement à une heure de route de là. Dépités par notre méprise et la mauvaise blague que nous a jouée la toponymie, nous nous en retournons vers Deauville. 
Oublié ce dialogue de sourds entre le GPS et nous, nous nous réjouissons, au retour, de traverser des petites villes toutes plus mignonnes les unes que les autres, soignées, élégantes, dépourvues d'immeubles hideux et de constructions bétonnées (heu... où ont-ils logé les pauvres ?...), harmonieuses et accueillantes. Avec une petite préférence personnelle pour Houlgate !

jeudi 7 avril 2016

Pieds nus sur la plage de Cabourg

Après notre longue marche sur les plages ensoleillées de Deauville, nous allons nous rassasier à Dives sur Mer, entre nuages, micro averses et soleil. Un temps normand, paraît-il. Pour digérer, une balade s'impose, d'abord le long des berges de la Dives, puis, en grimpant sur la dune et en redescendant de l'autre côté, sur la plage. Là, la côte est plus sauvage, plus dépouillée, vide de constructions. Cependant, nous sommes déjà à Cabourg. L'immense étendue de sable est d'autant plus longue que la mer est basse. Notre but étant quand même d'aller au plus près de l'eau, nous décidons de marcher droit devant, vers le large...

Seulement voilà, le sable, d'abord tentant pour nos pieds nus malgré sa fraîcheur relative, est peu à peu substitué par de petites flaques, qui elles-mêmes deviennent des rigoles, voire carrément des rivières... dont l'eau est à une température dissuasive pour des orteils non préparés. Pas question d'y aller en chaussures, il faut serrer les dents, réprimer la douleur des crampes qui s'installent sous la plante des pieds et avancer, sur ce sable figé en une multitude de vaguelettes durcies qui nous font avancer en crabe. L'eau glaciale me rappelle celle des rivières alpines, ni plus, ni moins. Enfin, les doigts de pieds couverts de sable et de vase, le bas du pantalon trempé, nous retrouvons des terrains plus accueillants et nous laissons choir sur la plage, au sec, avec la sensation d'aventuriers étant allés à la rencontre d'une mer lointaine. Une expérience... revigorante !

Rechaussés, nous empruntons l'élégante promenade bordée de maisons toutes plus charmantes les unes que les autres et observons de loin les chevaux trottant dans l'eau et à qui, visiblement, la température hivernale ne pose pas de problèmes. Un vent de liberté flotte autour d'eux et leur robe brille sous le soleil revenu. C'est un peu le bonheur !...

Mais reprenons plutôt la voiture, nous n'en avons pas fini avec notre découverte de la côte normande !

mercredi 6 avril 2016

Deauville, un peu décevante sans Trintignant ?

Après avoir écouté avec attention la chanson de Delerm, nous sommes allés voir ça de plus près. Bon, il ne pleuvait pas, ce qui a considérablement modifié l'ambiance. Plus de mélancolie possible, la Normandie brillait sous le soleil. Si si, ça arrive ! Nous sommes à deux heures de Paris, à même 1h30 de certaines villes de banlieue parisienne, ce qui fait dire à leurs habitants qu'il est parfois plus rapide, les embouteillages aidant, de se rendre sur la côte Normande plutôt qu'au cœur de la capitale. Ce constat étant fait, nous voici à Deauville plage. Et la plage, elle est immense ! Grandiose ! Rien à voir avec la minuscule plage des Catalans à Marseille. Et puis, lorsqu'on tourne le dos à la mer, les immeubles n'ont rien de délabré. Face à l'horizon, les constructions sont ce qu'il y a de plus luxueux. Je m'attendais à de l'élégant et du prout prout, mais là ça dépasse mes attentes. Il y a tellement de richesse au mètre carré que ça en devient presque indécent. Deauville fait dans la démesure : une série de courts de tennis en terre battue, des hôtels particuliers aux dimensions mégalo, sans oublier le casino, élément inévitable du paysage urbain. Ensuite, autour, il y a quelques artifices qui indiquent bien le niveau de vie des résidents ou des vacanciers ; les restaurants hors de prix, les belles voitures, etc, etc. Deauville, c'est aussi l'hippodrome, immense, à la renommée mondiale, et très bientôt des courts de tennis en gazon véritable, très rares en France. 

Mais revenons à la plage, sur les "planches". Nous ne sommes pas très loin de la place où a été tourné le film de Lelouch "Un homme et une femme" et, à deux pas de là, les cabines de plage privées sont baptisées des noms les plus célèbres du cinéma international. C'est en les égrainant qu'on se rend compte de son inculture cinématographique... Certains, rêvant sans doute de postérité et de célébrité, ont inscrit leurs noms sur les barrières anonymes. Plutôt que de faire les stars, nous préférons nous déchausser et marcher.

Envie d'une grande balade au bord de la mer ? C'est plus que possible, tant la plage de Deauville est interminable. Le sable est fin, juste parsemé par endroits de coquillages, moules et autres couteaux, mais rien de vraiment dissuasif pour des pieds habitués à la liberté. Une heure, deux heures, en long, en large et en travers, nous parcourons la vaste étendue blonde, jusqu'aux limites de la ville. Jusqu'à nous retrouver aux abords de Bénerville, sur une côte plus sauvage, différente, ponctuées d'anciens bunkers, mais toujours belle. De quoi s'extasier un moment sur des paysages du Calvados qui n'ont pas fini de nous séduire et de nous étonner. Alors, certes, le climat est frais et assez humide, il faut l'avouer. Mais, un jour de beau temps comme aujourd'hui, à une période de l'année où les 70% de résidences secondaires qui "peuplent" la ville sont encore inhabitées, il y a de quoi se sentir à l'aise à Deauville... même sans Trintignant.