dimanche 14 mai 2017

Visite express à Bercy, entre sport, balade et shopping

Le sport
L'Accor Hôtel Arena, ex POBP, est une salle incroyable pour voir du sport de haut niveau dans une ambiance survoltée. Après les championnats du monde de handball où nous étions entourés de Danois pas si flegmatiques que leur réputation ne le laisse supposer et des Egyptiens fidèles à leur sang chaud méditerranéen, nous nous sommes frottés ce week-end au public du championnat du monde de hockey sur glace, sport dont nous suivons assidûment les péripéties outre Atlantique. Nous avons donc enchaîné trois matchs dans la journée et avons croisé des Biélorusses, des Slovènes, des Norvégiens et des Finlandais, mais nous n'avions encore rien vu jusqu'au dernier match : le Suisse - Canada que nous attendions. Noyés dans une marée rouge et blanche d'Helvètes au comble de l'excitation, nous nous sommes difficilement frayé un chemin entre les costumes de vaches alpines, les drapeaux, écharpes, chapeaux et chants hurlés en suisse allemand, nous... pauvres supporters canadiens esseulés ! Transportés dans la salle par 12 000 personnes en furie, nous avons assisté à un événement tout à fait marquant. Toute la Suisse semblait avoir été vidée de ses habitants tant la densité était forte dans Bercy et dans tout le quartier ! Ce sont des moments comme cela qui nous autorisent à penser que les gens sont encore capables de se rassembler pour des choses positives... même si la Suisse a finalement battu le Canada champion du monde en titre et que nous nous sommes faits... tout petits petits... Malgré la défaite, quel frisson de voir évoluer à quelques mètres de nous les joueurs que nous admirons tout le reste du temps devant notre petit écran ! 

La balade
Après toute cette agitation, il nous fallait de la verdure, de l'oxygène, de l'espace. Nous les avons trouvés dans le super et grand parc Yitzhac Rabin, à quelques pas de l'arène sportive. Situé sur l'emplacement des anciens entrepôts de vin (on peut encore voir les vestiges des rails), les trois jardins qui composent le parc ont chacun leur caractère. Près de Bercy, on trouve d'abord les prairies, puis la partie plus pédagogique des parterres qui comprend également la "maison du jardinage", une véritable mine d'or pour les jardiniers professionnels ou amateurs. Centre de ressources, conseils, partage, tout tend à prouver qu'il est tout à fait possible de jardiner en ville. Plus encore, le parc nous incite à végétaliser, cultiver, faire pousser, reverdir les métropoles pour les rendre plus humaines. Plus loin, on passe une passerelle et on se retrouve dans les jardins romantiques et leurs jolis bassins sur lesquels nagent des poules d'eau et se dressent des hérons. On ne se croirait presque plus en ville. Le bruit des voitures a disparu, les immeubles sont cachés par la végétation, un vrai bonheur que ce jardin. 




Le shopping
Il y a l'immensité snob des Champs Elysées... et le shopping à taille humaine de Bercy Village. Si toutes les rues et tous les passages portent des noms de grands crus, c'est parce que le quartier abritait les chais qui ont vu vivre le plus grand marché viticole du XIXème siècle. Aujourd'hui, les chais sont rénovés et transformés en boutiques. Le cour Saint Emilion reste l'endroit emblématique de ce quartier, avec ses rues pavées et son ambiance villageoise. Certes, un village chic. Les magasins qui le peuplent ne s'adressent pas à des portefeuilles trop restreints puisqu'il s'agit pour l'essentiel de grandes marques de thé, de vêtements, de décoration ou d'épiceries fines. C'est l'anti marché aux puces de Montreuil. Très bobo, l'endroit est agréablement nuancé par l'omniprésence de touristes (en particulier en cette période de grand événement sportif). Les restaurants ne sont pas en reste (sans jeux de mots ou avec), puisqu'on peut profiter de la gastronomie à la française, de bons vins et de terrasses agréables pour des prix raisonnables. J'aime beaucoup ce quartier de Paris ! 

Les alentours
- Le Parc de Bercy, où les familles pique-niquent, les sportifs exhibent leur musculature et les flâneurs flânent. 
- Les bords de Seine pour observer le va et vient des péniches, s'embrasser en amoureux ou aller voir des concerts sur des bateaux. 
- Le musée des Arts Forains pour passer un excellent moment de divertissement et d'émerveillement, retomber en enfance et rire aux éclats.
- La cinémathèque française qui ravira les amateurs du 7ème art.
- Le Ministère de l'Economie (de nos impôts) pour son architecture moderne époustouflante. 

mardi 9 mai 2017

La poussière des corons

Marie-Paul Armand, La poussière des corons, 1985.
Vous aimez les sagas familiales, les grandes histoires d'amour ? Vous êtes plutôt roman du terroir ou roman historique ? Vous adorez les grandes fresques sociales ? Un seul livre qui contient tout cela : La poussière des corons. L'histoire commence en 1900 avec la naissance du siècle et celle de Madeleine, la narratrice. Si c'est elle qui raconte l'histoire, celle de sa vie et de la région, elle n'en est en aucun cas l'héroïne, puisque la seule et unique protagoniste du récit, c'est la mine. La période choisie, de 1900 à 1962, permet d'aborder la dévoreuse d'hommes à différentes époques. On assiste ainsi en 1906 à la catastrophe de Courrières qui avait provoqué plus de mille morts, ainsi qu'à différents éboulements, mettant par là en avant la difficulté du travail des mineurs ainsi que le manque de sécurité dans le travail. D'autre part, la silicose frappe plusieurs personnages et on met l'accent sur cette maladie professionnelle qui ronge les poumons des hommes et les fait mourir à petit feu. Outre les accidents et les problèmes graves de santé, on est plongé avec une grande précision dans le quotidien des mineurs, employés au fond souvent à partir de l'âge de 14 ans, et de leur famille dans les corons où, au début du XXème siècle, le confort est rudimentaire. C'est là où le roman, parfaitement documenté par des témoignages, représente un document sociologique précieux. Ensuite, on aime ou l'on aime pas la grande histoire d'amour des deux personnages, on pleure ou on reste insensible à leurs tourments, mais impossible de rester indifférent aux manifestations, aux grèves des mineurs pour de meilleures conditions de travail, aux affres des deux guerres mondiales et à l'arrivée des progrès sociaux et matériels dans les mines. De l'immigration polonaise à la "bataille du charbon" de la fin des années 40, des acquis sociaux comme la journée effective de 8 heures ou les congés payés à la grande guerre, des références culturelles méta- textuelles comme le célèbre film de Louis Daquin "Le point du jour" (d'ailleurs je lance un message, si quelqu'un a cette pépite chez lui, qu'il me fasse signe !) à l'occupation allemande, tout y est, tout est là. C'est l'histoire d'une région qui est relatée ici. Mieux qu'un livre d'histoire rébarbatif, mieux qu'un essai sur la vie des mineurs dans la première moitié du XXème siècle, La poussière des corons est le genre de bouquin qui vous réconcilie avec les sciences humaines et vous instruit sans vous en donner l'impression.

lundi 8 mai 2017

Road trip au cœur du Nord. L'article miam miam.

On ne vous avait pas tout dit ! Partir en escapade, c'est également se remplir la panse avec de délicieux mets locaux et aller à la rencontre de saveurs et d'adresses à vous faire partager ensuite. Alors, non, le Nord, ce n'est pas que la trop célèbre et indescriptible frite fricadelle dont l'aspect est relativement... effrayant. Mon estomac n'étant plus l'aventurier qu'il fut dans sa jeunesse voyageuse, je reconnais n'avoir pas fait la queue, avant le match à Lens, devant la friterie sur roues et avoir préféré une alimentation plus passe-partout.... La gastronomie du Nord est comme qui dirait conviviale, revigorante, nourrissante. L'andouillette d'Arras rivalise avec les autres plats de viandes, comme l'imprononçable et l'inorthographiable potjevleesch (des morceaux de viande en gelée) que les moins courageux renoncerons à commander au restaurant. S'il y a un plat de viande à goûter, c'est incontestablement la carbonnade flamande : morceaux de boeuf mijotés dans une sauce à la bière, ce qui les rend si tendre qu'on peut les couper au couteau à beurre, et agrémentés de pain d'épices. Ce plat est un délice, un poème, un ravissement dont il ne faut se priver sous aucun prétexte ! Si vraiment vous avez très très très (très) faim, le welsh sera votre ami. Du pain, noyé sous le cheddar cuit à la bière, avec d'autres aliments pour compléter ce plat de base déjà... revigorant (ce sera le mot du voyage) : pommes de terre ou, à défaut, des frites, lardons, jambon, sans oublier l'oeuf, etc. Même si cette spécialité est galloise et surtout anti diététique, c'est devenu un incontournable de la gastronomie nordiste. Les poissons (proximité de la mer oblige), les fromages ne sont pas en reste... tout comme les spécialités polonaises dont la présence est due à l'importante immigration que la région a connue. 


Nos adresses, puisqu'il faut les partager et que c'est le but de cet article qui n'a rien d'égoïste !
72 rue Royale
Calais
Superbes salles, déco rutilante qui nous rappelle les grandes brasseries parisiennes, cuisine soignée et faite maison. Une bonne adresse. 
22 place de la Liberté
Roubaix
L'adresse que tous les roubaisiens fréquentent. Bien située et conviviale. La salle est immense et les serveurs sont débordés à cause de l'affluence, mais les plats sont très bons et on peut y goûter des spécialités locales, comme la délicieuse carbonnade qu'on m'y a servie ! 
7 bis rue au Péterynck
Lille
Si vous êtes perdus dans les ruelles du vieux Lille et que la foule de restaurants qui vous tendent les bras vous laissent perplexe, c'est à la Bottega qu'il faut aller  manger ! C'est une pizzeria, mais pas du tout comme les autres puisque tout est fait maison, les produits viennent de producteurs locaux, tout est bio, naturel et délicieux. Cependant, comme le dit le slogan du restaurant, ce n'est pas parce que c'est bio que c'est bon, c'est essentiellement dû à une combinaison d'amour, de soin apporté dans le choix des produits et de talent du cuisinier. Un passage obligé ! 
81 avenue Georges Clémenceau
Douai
Attention les yeux, c'est l'adresse gastronomique de l'article. Savoureux, beau, artistique, original. Une explosion de goûts, un cadeau pour les yeux, des saveurs délicates et fines à s'évanouir de bonheur. Certes, ce n'est pas forcément donné, mais il faut parfois faire de petits sacrifices financiers pour savoir ce que c'est que le talent culinaire à la française, qu'un chef passionné et soucieux du bien-être des estomacs qu'il ravit et qui vient vous serrer la main à la fin de votre repas. Quatre étoiles de bonheur ! 
42 place Jean Jaurès
Lens
Maître Pâtigoustier, une appellation que l'on ne trouve que dans le Nord et qui vous garantit fraîcheur, fabrication artisanale, service. Trêve de plaisanterie, c'est du sérieux. Le meilleur salon de thé de la région, à ce qu'il paraît. Devant la vitrine des pâtisseries, vous risquez de vous éterniser avant de réussir à faire votre choix tant tout ce qui est proposé ici semble savoureusement sucré. Des pâtisseries classiques aux spécialités polonaises en passant par des créations personnelles, la pâtisserie Jeanson est l'endroit où aller s'il vous reste de la place pour le dessert. Je reconnais avoir failler me mettre à léviter au-dessus de mon millefeuille... 

mardi 2 mai 2017

Road trip au cœur du Nord. Lens, on t'aime !

Lens, dernière étape de notre road trip nordiste. Lens, souvenir précieux d'une ville dont on n'attendait rien mais qui nous a beaucoup marqués. Nous avons commencé par voir les anciens bureaux des mines, petit château dans son parc soigné avec sa statue de mineur à l'entrée, comme pour conclure ce panorama de l'épopée minière. Plus au centre, la maison syndicale des mineurs témoigne encore de la grande époque et des discussions âpres qui ont dû y être menées. En dehors de cette architecture minière, la ville est calme, très agréable, en particulier la place de la mairie et la grande rue commerçante qui en découle. Mais si nous nous trouvons à Lens, ce n'est pas que pour faire du tourisme... Le stade nous attend ! Nous passons devant l'incroyable gare art déco et descendons vers ce stade mythique, construit par des mineurs durant la crise qui a suivi 1929 et baptisé du nom de l'ancien directeur de la compagnie des mines : Félix Bollaert. Aujourd'hui rénové et modernisé, il accueille paraît-il le meilleur public de France. Preuve en est, 35000 personnes y étaient réunies lors du match auquel nous avons assisté. Loin de ressembler à une simple rencontre de Ligue 2, l'événement avait plutôt des airs de grand match de coupe d'Europe ! Durant toute la durée du match, le public chante, les tambours résonnent sans interruption ni affaiblissement. D'une seule voix, les supporters exigeants encouragent leur équipe, la sifflent lorsqu'elle se montre trop faiblarde à leur goût. Le moment le plus fort est certainement celui où retentit la chanson "les corons" de Bachelet, reprise en choeur par 35000 personnes, cela donne le frisson. Qu'on soit amateur de foot ou simple curieux, assister à un match de football à Lens, dans ce stade légendaire, l'ombre du terril juste derrière et la force qui se dégage des tribunes est quelque chose d'inoubliable. Nous ressortons du stade encore frissonnants, tremblants d'émotion, ravis de la rencontre avec cette ville et ces gens chaleureux, ouverts, généreux. Lens, c'est une déclaration d'amour ! 






lundi 1 mai 2017

Road trip au cœur du Nord. Douai et Arras.

Déjà l'antépénultième article sur le Nord ! Oh, non !!!! Le road trip touche à sa fin. Avant de conclure, visite express de deux villes dont le patrimoine nous appelle à revenir les visiter, à pied et de jour cette fois-ci...
Douai
Nous ne faisions que passer. En voiture. Pourtant, on a eu le temps d'apprécier la beauté romantique de cette petite Venise du Nord dans laquelle l'eau est présente à chaque coin de rue. Les monuments ne sont pas en reste : la collégiale Saint Pierre a une taille impressionnante et le Beffroi est classé par l'UNESCO, le Parlement de Flandre a des allures de palais des Doges. N'oublions pas que Douai, c'est la ville des géants, la ville de la draperie au Moyen Age, une ville universitaire ensuite sous l'impulsion du roi Philippe II d'Espagne, puisqu'à l'époque le comté de Flandre appartient à la péninsule ibérique. Étant donné que nous sommes passés en voiture, pas d'images de la ville, mais on peut en trouver sur son site
Arras
Autre fleuron de l'époque espagnole, Arras accueillera nos pas, mais nous y arriverons le soir avant de repartir vers une autre destination, si bien que la visite principale se fera de nuit. Qu'importe, rien ne tempère notre enthousiasme et le by night a un côté original. Au couchant, le soleil colore de sa lumière dorée les sublimes façades de la Grand Place, typiques de l'architecture flamande de l'époque de Charles Quint. Le beffroi est lui aussi classé monument historique, ce qui a permis de le reconstruire à l'identique après son bombardement lors de la première guerre mondiale. La cathédrale néo classique est un autre point à ne pas manquer. Elle aussi détruite par la fureur de la première guerre mondiale, elle est également entièrement rebâtie. 
Fières, ces deux villes. Fières de leur histoire, debout malgré l'adversité et les conflits. Deux villes à visiter. 






vendredi 28 avril 2017

Road trip au coeur du Nord. Les hommes, des mineurs de fond.

Si j'avais cette envie incontrôlée et incontrôlable d'aller dans le Nord, c'était en partie pour aller goûter encore au monde souterrain, aux galeries obscures des mines et au récit édifiant des mineurs, ces travailleurs de l'ombre, ces forçats du minerai. Et de mines, la région en est truffée. Au sud de Lille, autour de Lens, les terrils sont encore présents, certains végétalisés, recyclés, d'autres écrasés, d'autres intacts et certains totalement disparus. De loin en loin, ces fausses montagnes noires ponctuent le paysage et rappellent sans cesse à l'œil ce passé industriel qui fut glorieux. Lorsqu'on s'approche, les chevalets, funestes tours Eiffel, se dressent devant nous comme pour nous dire "n'oublie jamais". L'oubli, c'est ce contre quoi on tente de lutter dans plusieurs sites miniers, notamment par l'organisation de visites, la création de musées. 
A Wallers Arenberg, le tournage du film Germinal a réveillé l'intérêt pour la mine. Bien que tardif, ce regain de considération pour nos mineurs a entraîné la rénovation du site pour aboutir à l'inauguration d'un pôle de l'image et du numérique inauguré en 2015 par Costa Gavras en personne. Aujourd'hui, on peut ici programmer des événements et même réaliser entièrement un film. Mais la fonction industrielle de Wallers n'est pas laissée de côté, puisque des visites guidées, souvent menées par un ancien mineur, y sont organisées. Et, chose inouïe pour qui est passionné du sujet (en l'occurrence moi !), la générosité extrême et la confiance accordée au visiteur par les responsables permet de déambuler librement dans les extérieurs. J'ai passé des moments incroyables à photographier chaque détail, à m'imprégner de l'atmosphère lourde mêlée de grandeur qui règne ici, tout en remerciant mentalement et oralement les gens qui permettent cet accès libre. 




Pour se frotter d'encore plus près à la dureté de la mine, le plus grand musée sur le sujet se trouve au centre minier de Lewarde, lui aussi fleuron de la production de charbon. A ce point du récit, je ne ferai plus que des compliments. De cet immense et exhaustif musée où se mêlent documents, objets, reconstitutions de maisons ou d'estaminet, explications. De ces guides passionnés et passionnants qui nous font visiter une galerie recréée coiffés de casques. De ce lieu imprégné de savoir, de maîtrise technique et de souffrance. De la possibilité qui renvoie au rêve de consulter sur rendez-vous des milliers d'archives. Et jamais assez je ne remercierai notre interlocuteur d'un moment, notre ancien mineur si généreux et si sympathique, puits de science, témoignage inestimable, qui pendant 30 minutes nous a raconté sa vie, sa mine à lui. "C'est comme ça, on n'a pas le choix, c'est la vie". Ponctuation souriante et modeste qui remet chaque chose à sa place. C'est malin, j'ai une folle envie de reprendre mes recherches... mais, les avais-je seulement abandonnées une seule seconde ? La mine, quand elle vous tient, elle ne vous lâche plus. 



mardi 25 avril 2017

Road trip au cœur du Nord. Lille, quelle belle ville !

Entrer dans la ville par le stade Pierre Mauroy, c'est déjà se rendre compte de la circulation, de la mégalopole tentaculaire qu'est Lille et de la grandeur de ses constructions, qu'elles soient récentes ou anciennes. Ville multiple, ville couleur, ville accueil, ville à plusieurs visages.
Le centre
Une fois stationnés dans un labyrinthique parking souterrain, nous émergeons de la gare de Flandres qui en elle-même est déjà un monument. Le guide nous met l'eau à la bouche et nous conseille d'aller directement sur la Grand Place. Avant d'y accéder, un étalage d'architecture nous fait lever la tête à nous rompre le cou. L'Opéra. La Chambre de Commerce et d'Industrie. Son incontournable Beffroi. Le bâtiment de la Vieille Bourse attire l'œil avec sa couleur ocre et rouge. Une fois la porte passée, nos yeux ne savent plus où donner de la tête tellement cette cour intérieure est somptueuse. A la sortie, de l'autre côté, nous voici enfin sur la Grand Place et c'est un émerveillement d'immeubles élégants, de façades décorées, de terrasses sur lesquelles une multitude de gens prend tranquillement le soleil. Quelle animation ! Quelle vie !



Les parcs et jardins
Nous poursuivons la promenade par le quai de Wault et longeons le canal avant de le traverser. Dans ce quartier, la verdure est reine et les parcs sont présents à foison. On n'a que l'embarras du choix pour prendre le frais en été, se balader en toutes saisons. Le Bois de Boulogne n'a rien à envier à son homologue parisien. Le Jardin Vauban lui fait de la concurrence. Le coin des Poussins est une foire permanente en pleine nature. Quant au Parc de la citadelle, mon Dieu mais c'est la forêt ! L'édifice de l'Armée qu'il abrite ne se visite évidemment pas, mais on peut apercevoir les bâtiments typiques de la patte du célèbre Vauban. 


Le Vieux Lille 
Ce qui nous attend ensuite, c'est de nous perdre dans les ruelles du Vieux Lille. Pour qui aime les façades, de la façade, il y en a ! La cathédrale détonne un peu par son éclectisme architectural au-milieu de ce quartier ancien qui semble de ne pas s'être modifié depuis des siècles. C'est assez spécial à première vue, déroutant, mais bon, pourquoi pas après tout. 

Euralille
Dernière étape de notre séjour Lillois (peu de temps + beaucoup de choses à voir = jambes fourbues), la découverte juste avant de repartir du tout nouveau quartier Euralille, archétype de ce qui se fait de mieux en la matière et capable de faire pousser des exclamations de bonheur à qui n'aime d'habitude pas le moderne. Les immeubles vitrées qui s'envolent vers le ciel, la célèbre "chaussure de ski", la gare TGV, les places, les esplanades, les passerelles, les espaces verts intégrés au-milieu font de ce quartier un exemple de réalisation réussie. 

Vous l'aurez compris; Lille, c'est un coup de cœur. Mais qu'est-ce qui n'a pas été coup de cœur dans cette escapade dans le Nord ? Pas grand chose en fait. Rien, peut-être... Non, à bien y réfléchir, on a tout aimé !

dimanche 23 avril 2017

Road trip au cœur du Nord. Dans l'enfer des pavés.

Nous commençons le parcours sur la ligne d'arrivée, au vieux Vélodrome de Roubaix, celle-là même que quelques jours plus tôt le vainqueur de l'une des courses les plus dures au monde avait franchi en héros. On aime le sport où on ne l'aime pas, on les critique ou on les admire, ces sportifs ont comme on dit la foi de s'aventurer pendant de si long kilomètres sur les pavés de ce qui s'apparente plus à une torture qu'à une épreuve sportive. Combien de légendes se sont vautrées sur ces cailloux mal nivelés, combien de roues crevées et de cyclistes tout autant ? Mythique. Aujourd'hui, le vieux Vélodrome accueille l'équipe de rugby locale mais aussi les joggeurs matinaux, les touristes venus fouler le rêve du pied. Au moment où nous nous y trouvons, des jeunes y installent des canapés et des palettes, de quoi armer une sacrée fête. Un lieu ouvert et vivant. Non loin de là, on peut voir le nouveau Vélodrome, le "Stab", du nom de Jean Stablinski, régional de l'étape et à l'histoire caractéristique de la région : fils de polonais, cycliste mais également ouvrier à la zinguerie et mineur à ses heures. Comment ne pas le mettre sur un piédestal alors ? 




Ensuite, on remonte la dernière portion du parcours sur laquelle on a scellé des pierres gravées du nom de chacun des vainqueurs depuis 1896 et on s'extasie. Lui ! Et lui ! Et celui-là ! Certains patronymes résonnent plus que d'autres mais on les respecte tous, évidemment. Pour ne pas passer à côté, on visite la ville, aussi. Les abords nous accueillent avec de jolies maisons de briques alignées et fleuries. Certaines rues du centre sont à oublier, mais pour qui est passionné de patrimoine industriel, Roubaix, c'est le pied. Comme le dit si bien Elise, oubliez vos préjugés et foncez vers le Nord, c'est tout le contraire de la région figée dans son passé que vous imaginez ! 


A une trentaine de minutes de Roubaix et pour boucler la boucle, nous nous retrouvons au départ de la célèbre "trouée d'Arenberg", cette portion pavée complètement destroy de Paris-Roubaix. On y trouve une stèle à la mémoire de Jean Stablinski, des promeneurs, une magnifique forêt, des cyclistes du dimanche mais qui roulent à côté des pavés, faut pas pousser quand même. On est dans le saint des saints. Amateurs de cyclisme ou pas, c'est un endroit où il faut se rendre : 1. parce que c'est mythique, 2. parce que c'est une très belle région, 3. parce que je vous le dis ! 

jeudi 20 avril 2017

Road trip au coeur du Nord. Zoom sur les caps.

Une journée dans le Nord, c'est la grisaille qui, par l'effet du vent féroce, se dissipe soudain pour vous offrir un soleil éblouissant. C'est le sombre qui devient lumière. Le tout et le rien, plusieurs saisons en une seule journée. Au-milieu de notre longue journée qui nous a vus faire halte dans toutes les villes et villages qui nous semblaient valoir le détour, sous les nuages et bousculés par Eole, nous nous sommes retrouvés nez à nez avec Hélios. Cap sur la côte. Astre accueillant notre visite. Plein feux sur le clou du spectacle. 
Le Cap Gris Nez
Le plus au sud des deux caps offre une belle balade sur plusieurs belvédères depuis lesquels on a une vue différente, notamment sur le Cap Blanc Nez. Pour y accéder, une petite route de montagne serpente entre les collines. Qui a dit que le nord était un plat pays ? Le paysage, façonné par les agriculteurs, est sublime. L'Angleterre est juste en face et l'on se prend à envier les moutons qui broutent tranquillement avec ce panorama là à longueur d'année. Le Cap Gris Nez, c'est aussi le site du CROSS (le Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage maritimes). Bien évidemment, l'ancien phare ne se visite pas puisque l'endroit est ultra sécurisé. Le cap suivant nous appelle...





Le Cap Blanc Nez 
Le vent nous attrape au sortir de la voiture. C'est tout juste si la portière ne nous échappe pas des mains pour s'envoler dans les airs. Qu'importe, c'est l'apothéose et nous n'aurions manqué cela pour rien au monde. C'est le genre d'endroit dont on dit qu'il faut s'y rendre au moins une fois dans sa vie. Pour nous, c'est fait. Tout y est impressionnant. Les rochers qui forment des "œufs de dinosaures" sur la plage, cette falaise interminable, l'obélisque qui joue avec le soleil à faire des taches de lumière sur la mer. Le site est protégé et on serait bien prêt à payer quelques euros de parking pour contribuer à sa protection et à la perpétuation de cette si belle mise en valeur. Les nuages reprennent le dessus. Rideau sur le spectacle.