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vendredi 29 septembre 2017

Mon top 10 des livres qui te font voyager...et réfléchir sur le voyage

La rubrique "livres" du blog étant très très très très fournie, voici une sélection de 10 livres ou auteurs qui te feront voyager, immobile dans ton canapé, mais mobile dans ta tête et dans tes rêves, et qui par la même occasion te feront réfléchir sur le sens du voyage ainsi que sur la manière dont tu le racontes, toi, modeste bloggeur... Prêt ? On y va ?

Bernard Ollivier, La longue marche
La route de la soie s'ouvre à vous, sans aucun obstacle, telle que Bernard Ollivier décide de la parcourir à 61 ans. Remise en question de toute son existence, départ géographique après le départ de sa femme, besoin de réapprendre à marcher sans elle. Plus qu'un projet de voyage, une interrogation existentielle qui le conduit jusqu'à X'ian. Anatolie, Iran, Ouzbékistan, Chine, les paysages défilent et ce que l'on croyait être un récit de marche solitaire se transforme en un collier dont les perles sont les multiples rencontres faites sur le chemin. Courage. Humilité. Et cette citation chère à mon cœur et qui définit parfaitement ma vision du voyage et du monde en général. Les gens avant tout, pas forcément très loin de soi, et s'intéresser à eux, à leur histoire, à ce qu'ils ont à nous dire et à nous apprendre :
"Assez de voir des civilisations en boîte et de la culture sous serre. Mon musée à moi, ce sont les chemins, les hommes qui les empruntent, les places de village,et une soupe, attablé avec des inconnus". 
Bernard Giraudeau
L'oeuvre de l'artiste en général. Depuis ses documentaires et sa voix envoûtante et déjà exotique, jusqu'à ses livres, invitations au voyage. Mais pas au voyage touristique, prévisible. Non. Au voyage cru, rude parfois, piquant, aux récits des hommes revêches, des marins sans port et des femmes au passé incertain, mi déesses mi putains. Si la mélancolie poétique vous tente, si un aller sans retour dans les bas fonds des cités portuaires ne vous effraie pas, Bernard Giraudeau, avec sa prose sans égal, sera le guide qu'il vous faut dans les méandres du monde. 

Tintin
Même adulte, la lecture des aventures du jeune journaliste belge nous procure encore des frissons, de l'émotion et de la joie. Indémodable, Tintin se lit à tous les âges et à toutes les époques. C'est Le Temple du Soleil qui m'a fait découvrir le Pérou et m'a donné l'envie irrésistible d'aller voir les Andes en vrai. Ce sont ses incroyables enquêtes qui m'ont tenue en haleine durant toute mon enfance et mon adolescence qui m'ont donné la curiosité d'aller découvrir le monde. 

Isabelle Autissier, L'amant de Patagonie
Un magnifique roman après la lecture duquel on n'a qu'une seule envie : filer tout droit en Patagonie. Là, dans le grand sud, redécouvrir autrement ces terres hostiles et reprendre contact avec ces peuples massacrés puis oubliés. Isabelle Autissier retrace dans son roman l'histoire de la rencontre ratée entre les colons européens et les autochtones, cette immense méprise qui nous a fait prendre, nous, les blancs, les indigènes pour des sauvages. Or, sauvages, nous l'étions complètement et nous le sommes restés, sans aucun état d'âme, jusqu'à l'assassinat du dernier Ona, du dernier Alakaluf. Laissez-vous emporter dans les paysages sublimes de la Patagonie, à la suite d'un auteur qui nous livre ici un hymne à cette terre et aux gens qui l'ont un jour peuplée. 

Paul Théroux, Patagonie Express
Le titre nous ramène au livre précédent, pourtant tous les deux n'ont rien à voir. Le livre de Théroux est un éloge au voyage pour le voyage, qu'importe le but pourvu que les routes soient belles. Un matin, il s'éclipse. Il prend le métro de Boston comme des milliers de gens qui vont travailler, à cette différence près : lui ne se rend pas au bureau mais... en Patagonie. De train en train, Théroux traverse l'Amérique du Nord au Sud, passe toutes les frontières et décrit ce qu'il voit, sans autre volonté que celle de raconter et d'avancer. Pas d'idéalisation touristique. Pas de visites. Pas de musées. Juste le train et les populations locales qu'il croise dans leur élément naturel et sur lesquelles il ne porte pas de jugement. Un anti tour du mondiste, anti routard, anti instagramer et ça fait du bien ! 

Claudie Gallay, Les déferlantes
Voyage intérieur autant que géographique. La Hague ne semble pas un lieu tellement passionnant pour un voyage littéraire, et pourtant... Le vent, les tempêtes, l'iode, les falaises, le phare, la pluie battante, les oiseaux partout. On se retrouve dans une atmosphère parfaite pour se retirer de l'agitation du monde. Le voyage n'est pas forcément une succession de lieux à voir que l'on enchaîne sans les approfondir. Il peut être aussi immobile et favorable à un travail d'introspection. Seule avec ses tourments dans une région au climat tourmenté, la protagoniste nous donne furieusement envie de venir l'accompagne dans ses marches interminables sur la lande battue par les vents...

Jean-Christophe Rufin, Immortelle randonnée
Voyage itinérant mais avant tout séjour incroyable au cœur de la langue française et des mots. Car, pour décrire un itinéraire ou un séjour, on croit souvent que l'alignement de toponymes et de superlatifs suffit. Or, Rufin nous remet à notre place de gribouilleurs de récits pour nous montrer ce que c'est vraiment que l'écriture du voyage. Il est possible que la lecture de ce livre ne vous donne même pas envie de "faire Compostelle", puisqu'on vous l'aura raconté avec tellement de génie qu'il vous semblera impossible de vivre en vrai un tel pèlerinage géographique, religieux et littéraire à la fois !  

Frances Mayes, Sous le soleil de Toscane
Le vaste débat de la résidence secondaire à l'étranger. La Toscane, pour ces Américains en quête de calme et de soleil. Et toutes les péripéties de maçonnerie, peinture et jardinage qui vont de pair avec la rénovation d'une vieille bâtisse dans une région du monde où l'on demeure malgré tout un étranger. Lé récit est tellement vivant et généreux qu'on a envie de venir les aider. Et puis il y a toutes ces saveurs, les tomates gorgées de soleil, l'huile d'olive qui coule comme une fontaine d'or, le sucre des fruits mûrs. Le voyage, en plus d'être un déplacement ou, comme dans ce livre, une installation, est aussi une aventure culinaire. Oui, le voyage se goûte et on en redemande ! 

Lolita Séchan, Les brumes de Sapa
Préparez-vous à chausser votre sac à dos pour suivre Lola dans ses innombrables avions, dans ses allers et retours incessants entre son monde et celui de son amie vietnamienne. Au départ, c'est un voyage intérieur qui a besoin d'aller voir ailleurs si son Moi y est. Et puis l'égocentrisme s'efface au profit de l'amitié. Alors, l'humain dans ce qu'il a de plus beau et de plus pur peut enfin éclater au grand jour. Oui, on peut s'attacher à des habitants des pays que l'on visite. Non, l'amour comme l'amitié n'ont pas de races, pas de frontières autres que celles que nous nous mettons dans la tête. Pas de descriptions de paysages ici, pas de mise en mots du décor : les dessins parlent d'eux-mêmes et on y plonge agréablement sans pouvoir en détacher nos yeux éblouis par tant de beauté. 

Emilie Beaudet, Bolivia Road Movie
Oui, j'y suis allée de mon petit roman voyageur. Oui, j'avoue, j'ai fait ça. Je ne sais pas ce que ça vaut, c'est à vous de le dire, mais j'avais envie de raconter autrement que par le blog quelque chose de mes voyages en Bolivie, quelque chose qui ferait voir le pays tel qu'il est, autrement que par ses musées et son folklore et qui en même temps me permettrait de glisser là-dedans des personnages qui ressemblent à des gens que j'ai croisés sur ma route et que j'ai trouvés beaux. 

samedi 26 novembre 2016

Le grand sillon et La nuit de Calama

Comme promis, voici les derniers livres de la série chilienne de Claude Michelet ! 
Claude Michelet, Le grand sillon, 1988.
Nous reprenons l'aventure de nos amis d'origine corrézienne au moment où débute la construction du canal de Panama et où une véritable fièvre s'installe (au sens figuré comme au sens propre) autour des travaux pharaoniques. Les personnages (les hommes, cela va de soi) quittent la douceur retrouvée d'un Chili post guerre du Pacifique pour se plonger dans la boue de Panama, dans cet enfer tropical où, dès le début, les ouvriers tombent comme des mouches. Jeunes ingénieurs venus de France, main d'œuvre chinoise à bas coût, les fièvres et les accidents, les glissements de terrains et les coulées de boue n'épargnent personne. Les travaux pataugent, les sommes engagées sont de plus en plus importantes. Un véritable serpent de mer dont on ne voit pas la fin. Ce qui est intéressant, ce sont autant les événements historiques et les données techniques que les descriptions du milieu, de la nature et du climat : les nuées de moustiques, le paludisme, la boue et encore la boue dans laquelle les hommes se débattent, luttent, travaillent et meurent sans jamais avoir sorti la tête de la fange. Il a beau être français, Claude Michelet a quelque chose du réalisme magique latino-américain, dans ses personnages à l'aube de la folie, dans ce temps cyclique qui semble se répéter à l'infini, dans l'évocation baroque à la Alejo Carpentier de cette nature qui tient plus de l'onirisme, voire du cauchemar, que du réel. 

Claude Michelet, La nuit de Calama, 1994.
Quelques générations plus tard, le descendant de l'un des personnages des romans précédents se retrouve emprisonné dans une geôle chilienne, en pleine dictature de Pinochet ; plongé malgré lui dans l'enfer de l'autoritarisme, retenu alors qu'il venait faire un reportage au Chili, faisant fi de la situation politique. S'engage alors un chassé croisé entre plusieurs récits, plusieurs époques, plusieurs lieux, plusieurs temps. Christian, la nuit, dans sa prison chilienne, accompagné de cafards et des ronflements de son camarade de chambrée. Pendant son insomnie, il se rappelle ses recherches concernant son père et, au-delà, sa famille, qui l'amènent à reprendre contact avec une époque taboue et compliquée, celle de la seconde guerre mondiale, avec la problématique collaboration / résistance. Et puis cette époque précisément, qui occupe en réalité une place majeure dans le récit et qui nous renvoie à des interrogations et des réactions humaines : la peur, les non-dits, l'engagement, la soumission, le silence coupable. Évidemment, tout ceci est à mettre en perspective avec la propre situation de Christian, visiteur innocent dans un pays maltraité. Claude Michelet manie sa technique littéraire avec une grande habileté. Le seul petit reproche, peut-être, que l'on puisse lui faire, c'est d'avoir enfermé son héros pour des motifs flous, puis rapidement éclaircis et résolus, comme un prétexte à son second récit qui, au fond, aurait pu fonctionner sans ce mécanisme un peu tiré par les cheveux. Mais on lui pardonne, car la morale de l'histoire est engagée et nécessaire : ne jamais faire aucun compromis avec les dictatures. 

lundi 24 octobre 2016

Pour un arpent de terre

Claude Michelet, Pour un arpent de terre, 1986.
Encore un livre trouvé dans la "bibliothèque" de ma maison, cet entassement divers et varié de livres laissés par les anciens propriétaires et qui n'en finissent pas de me réjouir. Cette fois, le résumé parlait de la guerre du Pacifique (1879-1884) entre Chili, Pérou et Bolivie et de colons français venus s'installer en terre américaine pour y vivre mieux qu'en France. Une sorte de saga grandeur désert et étendues sans limites, un roman dans le cadre infini et sauvage d'une Amérique du Sud où tout semble possible. Aventuriers, Parisiens en quête d'un renouveau existentiel, paysans corréziens appauvris venus chercher fortune dans le nouveau monde, banquiers anglais ou commerçants bordelais, on trouve de tout sur ces terres chiliennes encore inexploitées. Nous arrivons dans le récit au moment où les héros sont déjà bien installés, gérants d'une superbe hacienda dans les terres chaudes du pays, propriétaires de la "Maison de France", une superbe maison de commerce qui rivalise d'élégance avec les grandes boutiques parisiennes. Seulement, nous sommes en pleine guerre. Chili, Pérou et Bolivie, sans doute pas mal incités par les Européens et notamment les Anglais, assoiffés de richesses minérales et de profit, se battent pour "un arpent de terre", comme le dit le titre du roman. Mais pas n'importe quel bout de territoire, non. Un morceau de terre riche de cuivre, de salpêtre et autres trésors à exploiter. C'est ainsi que les protagonistes, tout en développant leur commerces et leurs échanges maritimes, se voient malgré eux impliqués dans cette guerre sanglante et sans répit. Nous sommes en plein cœur d'une histoire passionnante, peu souvent évoquée, mais également au contact de la terre et des récoltes, sujet que l'auteur connaît si bien, dans un récit rythmé par les saisons. Il ne faut pas très longtemps pour comprendre que ce roman vous agrippe, vous entraîne sur ce continent merveilleux et rude à la fois, vous fait vous attacher aux personnages et les suivre comme si vous y étiez. Il y a des sagas ennuyeuses, longuettes ; et il y a celles qui vous captent pour ne plus vous lâcher. Damned ! Je m'aperçois qu'il reste deux livres après celui-ci, que nos amis sont en train d'orienter leurs espoirs vers la percée de ce fameux canal de Panama dont on commence tant à parler... et que les deux volumes en question ne se trouvent pas à l'étage de ma maison ! Peut-être vais-je les commander... Parce que j'ai très envie de connaître la suite !... Bon... c'est fait !

jeudi 13 octobre 2016

La femme de l'Antarctique

Laurence de la Ferrière, La femme de l'Antarctique, 1997.
Basta de Rio, Santiago et autres contrées calientes (vous avez lu la superbe interview de Sophie qui nous parle de sa vie d'expat en Amérique Latine ?), basta de lectures qui vous emmènent dans les jungles de l'Equateur, changement de cap et de décor : direction le Pôle Sud. Encore un des livres retrouvés dans ma maison, encore un récit d'aventure tels ceux que je lisais déjà dans mon adolescence et qui forgent pour toujours une identité voyageuse. Non que l'Antarctique me tente, loin de là. Mais le récit d'exploits surhumains éveillent en moi une curiosité sans bornes. Se confronter à soi-même, relever le défi de repousser ses limites corporelles et mentales dans des environnements hostiles, voilà qui a de quoi interpeler. L'indécrottable machisme avec lequel nous réfléchissons rend l'expérience d'autant plus glorieuse lorsqu'il s'agit de celle d'une femme. Ici : Laurence de la Ferrière. 
En 1996, quand elle se retrouve seule à tirer son traîneau de quelques 140 kilos sur la calotte glacière, la demoiselle n'en est pas à son coup d'essai. Elle est déjà forte d'une expérience monumentale sur les plus grands sommets du monde. L'Himalaya est son jardin, même si un record lui échappe : celui de l'Everest sans oxygène. La performance est déjà belle, puisqu'elle réussit à atteindre 8700 m d'altitude sans assistance respiratoire, mais pas le sommet. Or, loin de s'effondrer et de se lamenter sur ses lauriers, elle sait déjà qu'autre chose l'attend ailleurs. Elle traverse le Groenland en 1995, ultime introduction à l'aventure qu'elle relate dans ce livre. En 1996, la voilà donc en solitaire sur l'étendue blanche la plus hostile et désertique du monde. 

Elle laisse le monde, son mari, ses deux filles et enchaîne les jours de marche et de souffrance. Son corps n'est plus qu'une douleur immense, ses doigts gèlent, mais son mental ne vacille pas. Égoïste ? Asociale ? De tels aventuriers des temps modernes sont souvent taxés d'adjectifs peu flatteurs. Parfois, on les admire ; d'autres fois, c'est l'incompréhension qui domine les débats face à l'apparente inutilité de l'acte. Marcher jusqu'au Pôle Sud, "pourquoi faire?", selon l'une de mes répliques quotidiennes favorites. Deux réponses : premièrement, on se met le doigt dans l'œil jusqu'au coude, car il faut considérer que les aventuriers modernes sont les premiers observateurs du climat et les premiers défenseurs de notre planète. Ensuite, ce superbe passage que je ne résiste pas à vous citer et qui résume parfaitement sa quête à elle, en fait, notre quête à tous, explorateurs du Pôle, du Sahara, du coin de la rue ou de nous-mêmes :
"... je me dis que chaque individu naît avec une destinée à accomplir. Certains ont la chance qu'elle se révèle à eux dès le plus jeune âge de sorte que leurs jours se placent aussitôt sous une lumière favorable. D'autres ne parviennent jamais à la trouver, ou tardivement. Tant et si bien qu'ils ont le sentiment que quelque chose leur échappe. Ils sont en état de manque, furetant dans tous les coins de leur existence afin de satisfaire un désir qu'ils ne savent pas identifier."
Ensuite, Laurence de la Ferrière a traversé l'Antarctique dans l'autre sens, puis les Alpes de Vienne à Menton. Elle en a fait des livres, des films... et quelque chose me dit que je vous en reparlerai !

mardi 11 octobre 2016

La parole est aux expats ! Sophie : deux pays et trois enfants dans une valise

"Dans une valise, j’aimerais bien ! c’est plutôt 5 !"

1. Pourquoi partir ?

Tout d’abord pour le boulot de mon mari. On lui a proposé un poste au Brésil, à Rio, difficile de refuser. Pour la carrière mais aussi pour la destination. Ma mère est péruvienne mais je suis née et j’ai toujours vécu en France -mises à part deux années en Espagne lorsque j’étais étudiante. Je ressentais le besoin de me rapprocher de mes autres racines, d’aller explorer cette partie de moi qui en France vivait en pointillés. Et puis à ce moment-là, nous venions d’acheter un appart là où j’avais grandi et le hasard m’avait nommée comme remplaçante à l’année dans le lycée où j’avais été élève toute ma vie. Tout juste fêtés mes 30 ans, j’ai eu l’impression que ma vie n’avait plus de perspective, j’ai manqué d’air tout à coup !

2. Brésil, Chili. Quelles différences, quels points communs ?

Beaucoup ! La liste est longue ! Les différences qui me touchent le plus: les paysages et la chaleur humaine. Au Brésil, tout est bien plus vert, plus chaleureux en tous les points de vue. Les points communs : le désordre je dirais. Je pensais qu’au Chili tout serait plus simple, mais non, finalement, c’est tout aussi intense que le Brésil.
La baie de Rio de Janeiro

Le passage des Andes, quelque part entre Rio et Santiago

Un nouvel horizon près de Santiago de Chile

3. Expat, les doigts de pieds en éventail ou le nez dans le guidon ?

Je dirai que les 6 premiers mois, voire un an, c’est le nez dans le guidon. On n’a pas vraiment le choix. Et c’est surtout le conjoint d’expat qui dirige le guidon. Après, ça se détend ! Même si on n’a jamais les doigts de pieds en éventail puisque les enfants ne vont à l’école que le matin !

4. Et la France dans tout ça ?

La France est devenue une chose étrange, lointaine, idéalisée et en même temps critiquée. La critique est indispensable à mon avis, pour accepter là où on vit. Il faut se rappeler que l’on n’a pas souvent le choix de la destination, donc pour bien vivre l’expat, il faut trouver des plus qui permettent de garder la balance du bon côté. Sinon, ça peut vite devenir difficile. Si l’un des membres de la tribu ne se sent pas bien, tout l’équilibre se brise. La famille souffre, le boulot du conjoint qui nous a amené ici en est affecté. Bref, ça peut vire tourner au cauchemar.

On essaie de rentrer une fois par an : pour voir la famille (une vraie expédition !) et faire les courses (autre grosse expédition !). C’est toujours épuisant comme retour. Il faut voir tout le monde et on n’arrive pas toujours à satisfaire les envies de chacun. Pour nous, ce ne sont pas du tout des vacances et ça devient même parfois une obligation. Il y a tellement de choses à découvrir près de chez nous que nous n’aurons plus jamais l’occasion de voir ! Mais les enfants en ont besoin et nous aussi, mine de rien.

5. Un retour prévu ?

Pas vraiment non. Tout dépendra du boulot de mon mari et de la balance ! Si elle continue de pencher du côté de l’expat, on reste. Si ça devient trop pesant, on tâchera de rentrer. Je me pose surtout la question pour mon fils aîné en fait. Je pense que vers 13 / 14 ans, un enfant crée son identité et que pour cela, il a besoin de planter ses racines quelques part. Et l’endroit importe beaucoup. J’aime beaucoup l’Amérique Latine, mais mes valeurs sont profondément françaises. Ce sont ces valeurs que je souhaite transmettre à mes petits. Bien sûr, nous y veillons au quotidien, mais le contexte dans lequel ils vivent influence beaucoup leur perception de voir le monde et influe sur les êtres qu’ils sont en train de devenir. Alors oui, un retour est prévu sûrement quand mon ainé atteindra l’adolescence. En France, peut-être. En Europe, sûrement. Quoi qu’on en dise, cela reste la terre de la liberté et de l’égalité.

6. Alors, heureuse ?

Très. Mais après deux déménagements de grande ampleur, je réalise que le bonheur réside surtout dans le fait d’accepter notre présent. Ne pas ramer à contre-courant, ne pas projeter trop d’expectative sur le futur. Et comme disait ma grand-mère : Soy feliz porque me da la gana !*

Et puis mon grand bonheur est d’être avec les miens, ce petit monde que nous avons créé mon mari et moi. Bien évidemment, le confort de la vie d’expat y contribue amplement, n’allons pas nous mentir. Mais il n’y a rien qui me rende plus heureuse que de voir mes trois enfants grandir en pleine forme. A ce moment-là, je me dis qu’ici ou ailleurs, peu importe, du moment que nous y soyons toujours tous les 5 !

* "Je suis heureuse parce que j'en ai envie"

mardi 23 août 2016

Découvertes musicales de l'été

Comme vous le savez tous, puisque vous avez lu et relu cet article sur les Sables d'Olonne daté d'il y a un an, les soirs d'été sur le Remblai, c'est la fête. Mis à part quelques gentils garçons en treillis qui se baladaient par ci, par là, rien ne nous a empêché encore cette année de nous amuser au coucher du soleil. Au programme, l'incontournable Roni le clown, des acrobates, des jongleurs, des danseurs de kizomba collé serré et de la musique, encore et toujours de la musique. La plupart du temps, de la bonne, voire de la très bonne, de l'excellente, de la géniale. Voici en exclusivité mes coups de coeur de cet été !
Orquesta Chilaquiles
Pour qui adore danser, se trémousser au son de la musique latino, vous êtes à la bonne adresse. Une envie irrésistible de bouger vous saisit tout le corps en écoutant la cumbia endiablée de la Orquesta Chilaquiles. De bons musiciens, une bonne humeur contagieuse et la belle Flora au chant vous transportent dans une ambiance exotique et festive comme on les aime. Franchement, j'adore !
La page du groupe
Et une vidéo !


Balto Parranda
Ceux-là sont complètement allumés ! Des musiciens de génie les deux pieds sautillant sur un tapis oriental. Des rythmes complètement fous, un charisme irrésistible. Un style qui rappelle celui du groupe Gogol Bordello, pour les connaisseurs. En somme, un mélange de rock, tzigane, ska, le tout rondement mené par le chanteur, un spécimen en son genre. Chaque fois qu'ils ont joué sur le Remblai, je n'ai pas pu faire autrement que de m'y arrêter. Quel spectacle ! Décoiffant !
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La petite vidéo !


Charly L. Trio
Costume, chemise blanche, décor soigné, lampes élégantes à l'ancienne pour éclairer la scène, ces garçons-là font du rock classe. Excellents musiciens encore, une performance qui a attiré chaque soir, que ce soit aux Sables d'Olonne ou à la Chaume, des dizaines et des dizaines de spectateurs. Le public ne s'y est pas trompé, c'est sans conteste l'un des groupes à suivre de cet été. De grands professionnels !
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Encore une vidéo !


Ron Moor
Décidément, le remblai était très rock cet été. On en a parfois vu des vertes et des pas mûres, mais ce groupe vendéen a retenu notre attention. Ils sont en effet de la Roche sur Yon. Des locaux ! Alors, plus rock, on ne peut pas faire. C'est du lourd. Les Anglo Saxons n'ont qu'à bien se tenir !
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Et la traditionnelle vidéo !


Blond Neil Young
Oui, c'est un groupe de reprises. Mais pas de n'importe qui, et pas n'importe comment. Le choix de Neil Young a de quoi séduire. Quant à la manière, chapeau ! Des voix exceptionnelles, des arrangements qui font leur effet, un ensemble qui file le frisson. Je suis restée pour les regarder et les écouter un certain temps, et j'aurais pu y passer des heures encore. Courez les écouter !
La page du groupe
La vidéo eh oui !


Jehan et Lionel Suarez
On change complètement de style pour passer à la chanson à texte, comme on dit, en français. L'un au chant, l'autre à la guitare, ont choisi d'interpréter le riche et trop méconnu répertoire du poète Allain Leprest, que j'avoue avoir découvert il y a peu de temps. Quel voyage à travers les mots ! Quelle beauté et quelle tristesse à la fois ! Que cet accordéon nous transporte ! Et la voix grave de Jehan qui vous hypnotise. A écouter sans modération.
La page du projet
La vidéo, bien sûr !


Léonie
Comment parler des coups de coeur musicaux aux Sables d'Olonne sans évoquer Léonie ? Impossible ! Je le reconnais, ce n'est pas mon groupe préféré de tous les temps. Seulement voilà, Léonie, aux Sables, c'est un phénomène ! A chacune de leurs apparitions, des dizaines de fans se massent et reprennent toutes leurs chansons par coeur. Il y a une ambiance de dingue ! Les textes sont adaptés à un public jeune, ado, mais les mélodies entêtantes font que même les gens respectables se prennent à les fredonner. Si vous avez l'esprit jeunes, que vous êtes un surfer dans l'âme, ce groupe est fait pour vous !
La page du groupe
L'inévitable vidéo !


mercredi 20 avril 2016

L'avantage (ou pas) d'avoir des copines partout dans le monde

Il y a ceux qui ont des amis à côté de chez eux, là, tout près, dispos pour prendre un café ou faire une balade. Un SMS, "on se voit dans une heure". C'est réglé. Et puis, il y a ceux qui ont des amis partout dans le monde. On fait des études, on rencontre des gens, on se cultive un peu, on écrit un blog, on voyage et le tour est joué : nous voilà en lien avec des tas de gens venus de régions différentes. Parfois, on garde des liens. D'autres fois, c'est juste un passage, ça correspond à une époque. C'est toujours la question existentielle suivante : qu'est-ce qui fait qu'on garde ou qu'on perd des amis ? Le travail, les enfants, la vie, la distance, il paraît que c'est tout ça. On change. Pourtant, à mon avis, la distance n'a absolument rien à voir avec ça. Dans certains cas (attention, réflexion personnelle !), les amis du bout du monde sont les plus "présents", ceux à qui on confie des choses. Alors, oui, ils nous manquent. Si j'ai envie d'aller prendre un café avec mes meilleures copines, voyez un peu les centaines, les milliers de kilomètres que je devrais faire : la Catalogne, la Grèce, la Réunion, le Chili. A côté de ça, la Bretagne, Nice et j'en passe, c'est la porte à côté ! 
Les inconvénients :
Impossible de se voir "dans une heure", "en bas de chez toi" pour boire un café. Pour faire un cours de zumba avec ma copine, il faut que j'aille au Pirée ; pour papoter avec ma pote d'études, c'est Santiago du Chili ; pour une petite séance souvenirs et flamenco, La Réunion ! Les amis "d'ailleurs", elles sont là sur Facebook, par mail, par Viber, elles sont présentes par leurs petits mots, leurs sourires en forme de smileys et leurs encouragements écrits. Elles sont essentielles. Pourtant, ce qui manque, c'est de les embrasser sur les deux joues, de leur taper sur l'épaule ou de les serrer dans mes bras. La chaleur humaine a du mal à passer à travers les ondes d'internet !
Là, je parle des indéboulonnables copines. Celles dont on sait qu'elles peuvent aller s'enterrer au fin fond du Pakistan, de l'Uruguay ou du Berry, on ne les perdra jamais de vue. 
Ensuite, il y a les amies qu'on se fait à une époque, d'Andalousie, du Mexique, du Pérou, de Bolivie, qui repartent chez elles, ou c'est vous qui rentrez. Bref, là, pour le coup, les liens qui se sont tissés et qui semblaient pourtant forts se sont tellement distendus qu'ils sont devenus invisibles. Cependant, comme un lien laisse des traces, comme un membre amputé dont on ressent encore les vibrations, je reste convaincue que ses copines là, si on les revoyait, tout redeviendrait comme avant en un clin d'oeil.
Les avantages :
Avoir un guide touristique privé quand je vais chez elles, j'avoue, c'est le meilleur moyen de se la péter grave. On peut alors se vanter d'avoir goûté les meilleures gaufres de La Baule ou d'avoir fait un cours (ok, juste 20 minutes...) de body combat avec l'une des meilleurs profs de Grèce. Et puis, ça permet d'être connecté avec plein de régions en même temps, de savoir ce qui s'y passe, d'y être un peu sans y être vraiment. Oui, parce que, les copines de partout dans le monde, elles ont elles aussi des liens avec d'autres bouts du monde. Et c'est comme ça qu'un air de Népal peut flotter dans une crêperie du Croisic ! Finalement, les copines du bout du monde, ça permet d'entretenir le rêve et de se dire que quelque part on vous attend, qu'un lit est toujours prêt pour vous, au cas-où, qu'un bon repas laisse déjà deviner ses odeurs dans le vent. 
Les copines de partout dans le monde, spécial dédicace : même si vous me faites rêver avec vos photos d'Ipanema ou de Tossa, vivement quand même qu'on se revoit !

jeudi 18 février 2016

Latines, belles et rebelles

Hernando Calvo Ospina, Latines, belles et rebelles, 2015.
C'est bien écrit. Et bien traduit. Une ode à la femme latino-américaine, mais pas à la femme vue dans les yeux de l'homme machiste. Non. Il s'agit d'un hommage à celles qui, dans l'adversité, dans un monde dominé par les hommes dans lequel elles n'avaient pas le droit à la parole, se sont levées d'une seule voix et ont parfois pris les armes. Qu'il s'agisse de libérer leur peuple du joug espagnol ou de s'insurger contre une dictature, les femmes mises à l'honneur ont toutes joué un rôle prépondérant dans l'histoire de leur nation. Bâti sur un plan chronologique, ce document nous mène d'époque en époque, cherchant également à rétablir quelques vérités. Pourquoi encore honorer la traîtresse Malinche qui a vendu le peuple aztèque au conquérants espagnols, quand d'autres combattantes indigènes se sont quand à elles illustrées pour sauver leur culture ? Non, la révolution mexicaine n'a pas été une révolution de machistes moustachus, et non, le récit de la maya quiché Rigobeta Menchu, prix Nobel de la paix, n'a pas été inventé de toutes pièces. Par ailleurs, à travers l'action incessante des mères et des grands-mères, des épouses et des sœurs, on en apprend de belles sur le régime soi-disant démocratique d'Uribe en Colombie, lequel, pour mieux accuser les FARC des barbaries qu'il commet lui-même, enlève et tue des centaines de jeunes hommes innocents et met ces crimes sur le dos de la révolution. Bien évidemment, le livre est très engagé politiquement et on en pense ce que l'on veut. Cependant, l'expérience personnelle de l'auteur ainsi que ses connaissances indéniables sur tout ce qui concerne l'histoire de l'Amérique Latine fait de son œuvre un document incontournable. Après la vision des vaincus exprimée par Nathan Wachtel, nous lisons ici la vision passionnante des femmes, jamais vaincues et jamais soumises. Des héroïnes du quotidien et des fondatrices, des combattantes et des mères, des commandantes et des artistes grâce à qui le continent latino-américain est ce qu'il est aujourd'hui. Seul bémol, bien évidemment, cette anthologie ne pouvait être exhaustive, l'absence regrettée dans ces pages de la courageuse Domitila Chungara et des femmes de mineurs boliviens, qui ont elles aussi mené des luttes essentielles. Entre le féminisme moderne et la complémentarité entre les deux sexes prônée par les cultures indigènes, un ouvrage passionnant, instructif, édifiant. À ne pas manquer.
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mardi 13 octobre 2015

12 octobre, rien à célébrer

Au lendemain des célébrations au cours desquelles s'exacerbe cette gloire macabre que ressentent les Espagnols à l'heure d'évoquer leur conquête assoiffée de sang et d'or de l'Amérique, je souhaitais partager quelques réflexions. Comme le disent parfaitement les voix qui s'élèvent en Amérique Latine, non, l'Amérique n'a pas été "découverte" en 1492. Non, il n'y a eu ni rencontre, ni partage, seulement des guerres et des massacres, une soumission brutale. Plutôt que de colonisation, parlons de génocide. Plutôt que de métissage, parlons de viol physique, historique et culturel. Certes, de ce choc est né la possibilité qu'ont les latino-américains de manipuler et de magnifier cette belle langue qu'est le castillan. Mais il existe un refus plus que légitime de "fêter" cette funeste date du 12 octobre, date à laquelle des conquérants barbares et pour la plupart analphabètes ont entamé la mise à sac d'un continent entier et la mise à mort de ses plus grandes civilisations. Le 12 octobre, il n'y a rien à célébrer. 

Comment, alors, certains professeurs d'espagnol osent-ils encore, par ignorance, par mépris ou par racisme, traiter le sujet de la "découverte de l'Amérique" en des termes presque bucoliques, en parlant de syncrétisme et de mélange des cultures ? Comment, ayant pour but de présenter aux élèves le "monde hispanique" dans sa diversité, peut-on encore placer une civilisation au-dessus d'une autre, ou parler de la culture latino-américaine, si vivace, si vivante, en la comparant à celle de la "mère patrie"? L'esprit colonialiste règne encore dans les salles de classe et dans les amphithéâtres des universités. Je l'avais évoqué ici au sujet de la langue. D'ailleurs, je lutte toujours autant pour faire admettre aux élèves débutants que non, l'espagnol d'Espagne n'est pas la seule vérité et que, bien sûr que oui, l'espagnol d'Amérique Latine est tout aussi valable. En France aussi, on a un certain passé qui nous fait nous sentir supérieurs dans biens des domaines...
Refusant de présenter la colonisation sans parler des massacres, et trouvant le sujet trop emprunt d'un risque évident de manichéisme, je préfère présenter l'Amérique Latine à mes élèves dans ce qu'elle a de plus original, de plus grandiose et de plus vivant. L'art qu'elle crée avec ses tripes, les poèmes qu'elle arrache à ses entrailles tourmentées, la musique, la peinture, la littérature et les images qui la montrent telle qu'elle est : une mère au coeur mille fois brisé mais dont les jambes fermement plantées dans la terre des ancêtres sont autant de racines desquelles jaillissent des arbres plus résistants et plus éblouissants que dans la vieille Europe. 
Avant d'emmener mes élèves dans un voyage immobile qui part de Cuba pour aller vers le Pérou, en passant par le Mexique, l'inévitable frontière, la Bolivie et d'autres pays encore, je leur envoie en pleine figure ce cœur qui palpite et ces veines qui tressaillent, qui bouillonnent du sang de la création. 
Trois documents phares.

- Une vidéo de Calle 13, Latinoamérica, qui leur en met plein les mirettes :


- Un poème de Nicomedes Santa Cruz, déclamé par ses soins qui leur titille les oreilles.

- Un mural sur un mur du Chile, énorme fresque dont le concept les laisse rêveurs:
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- Et puis, comment ne pas conclure en chantant ce magnifique hymne si bien interprété par Mercedes Sosa.

Je vous assure qu'en les entendant si bien chanter, en écoutant attentivement leurs commentaires, je suis de plus en plus persuadée que la manière de présenter l'Histoire n'est pas une fatalité, qu'il n'est pas du tout insurmontable de faire privilégier une "vision des vaincus" qui contredit alors intrinsèquement ce que porte ce terme de négatif. Car les vainqueurs, ce sont eux, les Latino-américains. 

mardi 31 mars 2015

Benigno, dernier compagnon du Che

Dariel Alarcon Ramirez, Christophe Dimitri Réveille, Ruben Tamayo, Benigno, dernier compagnon du Che, 2006.
Gros pavé présent dans ma bibliothèque depuis plusieurs mois, merci le petit virus qui m'a obligée à rester à la maison et m'a permis de terminer sa lecture, je peux maintenant vous parler du livre rouge qui trônait dans mes étagères, fermé depuis trop longtemps. Toujours réticente en abordant un témoignage fait à partir d'entretiens -la traduction va-t-elle être bonne ? la forme ne va-t-elle pas massacrer le fond ? la construction sera-t-elle cohérente ?-, j'ai entamé, selon ma mauvaise habitude, la lecture avec appréhension. Tout n'est pas parfait en terme de langue, mais nous passerons. Le fond, lui, est passionnant. 
Nous découvrons page après page ce qu'a été la vie de l'un des derniers compagnons du Che, de ceux qui sont ressortis vivants de la souricière bolivienne et ont miraculeusement échappé à une mort pourtant plus que certaine. Mais Benigno, ce n'est pas qu'un guérillero. C'est avant tout un paysan. C'est surtout un enfant qui a grandi trop vite, mûri trop tôt par des circonstances dramatiques : pauvreté, violences, abandons, morts... Le cocktail parfait pour faire d'un jeune homme piétiné par la vie une machine à tuer. D'ailleurs, il l'avoue lui-même : ses débuts aux côtés de Camilo Cienfuegos dans la Sierra Maestra ne sont pas dûs à un élan révolutionnaire passionné mais à une immense envie de vengeance, nourrie par le désir de tuer les assassins de sa première compagne. Car à l'époque, Cuba est tiraillée entre les barbudos de Castro et l'armée de Batista qui cherche à les éliminer. Dans les campagnes, les paysans se retrouvent entre les deux camps et paient un lourd tribut, tour à tour suspectés d'appartenir à un camp ou à l'autre. Benigno, analphabète mais connaissant parfaitement le terrain, s'enrôle donc dans la lutte armée de cette bande d'utopistes qui arrivent au pouvoir à La Havane en 1959. Là, aux côtés de Cienfuegos, de Castro, du Che, il explique apprendre beaucoup, se cultiver, réfléchir et grandir moralement. 
Ensuite, il fait partie des combats menés en Afrique, puis en Bolivie. On découvre alors un autre visage, celui d'un homme censé, posé, bien loin de ses idées vengeresses du début. Pourtant, s'il est dévoué corps et âme au Che, il lui manque encore un certain nombre d'éléments dans l'appréhension de la réalité de cette guerre perdue d'avance. C'est pourquoi, avec le recul des années et l'analyse qu'il a pu faire des événements passés, Benigno nous offre dans ce livre un témoignage passionnant : celui d'un homme qui, loin d'avoir renoncé à ses idéaux, les réaffirme au contraire et se place dans une position extrêmement critique vis à vis d'un régime, celui de Castro, qui n'a rien à envier à la dictature de Batista, le tyran qu'il se disait combattre à la fin des années 50. On apprend ainsi tous les rouages du pouvoir, des révélations inédites sur les alliances contre nature et on découvre plus que jamais le visage d'un homme, Castro, qui développe dès le début des années 60 un régime policier et totalitariste dont il se veut le seul maître. Edifiant. 
Quant à Ariel Alarcon Ramirez, alias "Benigno",  son personnage reste gravé dans la mémoire du lecteur. On admire sa bravoure, son courage, son abnégation mais aussi sa capacité à remettre en question des choses auxquelles pourtant on lui avait fait croire dur comme fer. Le portrait d'un homme sans concessions, d'un homme entier, fidèle à lui-même et à ses idées, quel que soit le prix à payer pour la vérité. 
Associé à témoignage est née une bande dessinée qui retrace la vie de Benigno et dont Dimitri Réveille a écrit le scénario. Il faut avoir les deux en mains, car le deuxième ouvrage est forcément parcellaire. Mais l'essentiel y est dit et les dessins sont sobres, réalistes. On y voit beaucoup de visages, les regards tour à tour apeurés ou déterminés des hommes du Che. Un complément intéressant au premier ouvrage. 
Christophe Réveille, Simon Géliot, Benigno, Mémoires d'un guerillero du Che, 2013.
Et quelque chose nous dit que l'aventure n'est pas terminée...

mercredi 9 juillet 2014

Radio Mundial (bis)

Hier, le Brésil prenait la claque de toute sa carrière. Sept buts face à l'Allemagne. D'accord, c'est un record, c'est très triste pour le pays organisateur de se faire sortir avec un score aussi fort. Mais, je proteste ! Ce matin, les journaux du monde entier, les télés, les radios, ne parlaient que de la "défaite brésilienne" et en aucun cas de la victoire de l'Allemagne. Je n'ose comprendre que non seulement tous donnaient le Brésil pour favori, mais tous le souhaitaient vainqueur. Il y a un moment où le parti prix fait passer le jeu au second plan. Parce que pour ce qui est de la manière, les sud-américains ne nous ont pas montré grand chose. Pas de fond de jeu, des attaquants au rabais, plus de fioritures comme par le passé. Une vraie déception. Oui, bien sûr, il y a Neymar, dieu sur terre, d'après ce qu'on dit. Mais, hier soir, si on avait enlevé le meilleur joueur allemand, les européens auraient gagné quand même, c'est évident. Le Brésil est déjà bienheureux d'en être arrivé à ce stade de la compétition, après leur premier match gagné grâce aux simulations de Fred et aux largesses de l'arbitre, après ce match dantesque contre le Chili qu'ils n'auraient jamais dû remporter, après leur prestation médiocre contre la Colombie. Qu'ils soient battus par la meilleure équipe du monde, et je pèse mes mots compte tenu du niveau de jeu de la Mannschaft, ce n'est qu'un juste retour des choses pour cette équipe qui a malheureusement su allier à merveille la tricherie, l'agressivité et la prétention. Je ne suis pas anti Brésil, je suis au contraire très déçue par ce que cette nation mythique nous a montré cette année. 
Par ailleurs, pour en revenir à l'opinion qui pleure leur élimination et ignore ostensiblement les qualifiés du jour, je suis outrée par ce que j'ai pu lire sur les réseaux sociaux, lieu de communication s'il en est où se sont déchaînées les plaisanteries les plus douteuses. Je suis choquée par la réapparition des casques à pointes, des mots "boches", "teutons". Certains vont dire que je n'ai pas d'humour. Je suis désolée, mais si on avait parlé de "bougnoules" après la défaite des Algériens ou de "négros" pour désigner les Ghanéens, les biens pensants dans leur ensemble seraient montés au créneau. Je suis enseignante et j'ai lutté au quotidien contre les termes racistes en tous genres. Cette année, en campagne, quelle ne fut pas ma stupeur en entendant un adolescent parler des "boches" ! Alors, oui, vous penserez peut-être que je n'ai pas d'humour, mais je persiste et signe, ces horribles mots n'ont rien à voir avec le foot. Qu'on soit déçu, attristés, admettons, mais cela ne donne pas l'autorisation de déverser un flot d'idioties teintées d'une haine archaïque. Facile de dire que le sport rassemble, qu'il est un facteur d'union entre les peuples et un vecteur de la lutte anti-racisme... et ensuite de laisser passer de telles abominations. 
Alors que le meilleur gagne, bravo à l'Allemagne et à bas les cons !

vendredi 13 juin 2014

Radio Mundial

Aujourd'hui, première chronique de Radio Mundial en direct de... ben, non, pas de Rio... mais peu importe ! Radio Mundial vous livre ses premières impressions.
D'abord, revenons sur cette cérémonie d'ouverture, au cours de laquelle Jennifer Lopez est sortie d'une sphère qui s'est ouverte comme une fleur, pour interpréter l'hymne polémique de cette édition 2014. Polémique, parce qu'en anglais et non en portugais comme la logique aurait voulu. Soyons honnête, il y a bien pire qu'un hymne en anglais pour ouvrir un mondial au Brésil... il y a un hymne "chanté" par Jennifer Lopez. Et ça, c'est affreux.
Parlons maintenant du match Brésil / Croatie. Pour une équipe qui est censée gagner SA coupe du monde, quelle déception ! On a vu des Brésiliens timorés, désorganisés, fouillis en milieu de terrain, qui n'ont compté que sur Neymar pour faire le jeu. Les Croates pouvaient mener au score... jusqu'à ce que monsieur l'arbitre japonais voit Fred tomber dans la surface et siffle un penalty totalement imaginaire en faveur des sud-américains. Sans compter une faute non sifflée dans la surface qui aurait aussi permis aux Croates d'avoir un penalty et d'autres énormes erreurs. Ce matin, la presse internationale s'insurge, et la voix du sélectionneur croate en premier lieu. "Qu'on leur donne la coupe du monde tout de suite !", brame-t-il. Et il n'a pas tort. Quel mauvais arbitrage ! Quelle manière impensable de favoriser une équipe ! Mais où va-t-on ?! N'en déplaise à ses détracteurs, la vidéo est le seul et l'unique moyen de mettre un terme à ces approximations qui mettent en péril la crédibilité du jeu. Au rugby, il n'y a plus jamais de contestation depuis l'usage de la vidéo. Certes, le jeu en est parfois ralenti, mais c'est pour le bien de celui-ci.
Enfin, j'ai remarqué en allant fouiller sur le net que la plupart des pays avaient obtenu des droits de diffusion télé, certes, mais en faveur de chaînes privées et payantes. Le football, sport populaire par excellence, devient un rendez-vous d'initiés, de fortunés, d'élite. La France est par ailleurs parmi les plus mal lotis, puisque les trois quarts des matches seront diffusés sur la chaîne Bein Sport, qui appartient au groupe Al Jazeera. Pour ma part, je refuse catégoriquement de donner ne serait-ce qu'un centime aux Qataris. Vous savez, ces ahuris qui ont trouvé le moyen de faire flamber un immeuble classé qu'ils avaient racheté sur l'île Saint Louis, tout ça parce qu'ils avaient voulu y faire installer un ascenseur à grosses bagnoles ? Ceux-là même qui ont, entre autre, racheté le PSG et à qui on a ouvert très grand la porte du championnat français, pendant qu'on se pose bêtement la question de la légitimité ou non de la présence de Monaco en Ligue 1, à cause de soi-disant problèmes d'impôts. Alors que les milliards du Qatar, ben non, on ne se demande pas si leur poids ne fait pas outrageusement pencher en leur faveur la balance des budgets de clubs. Dire qu'on leur a offert sur un plateau d'argent la prochaine Coupe du Monde, alors que le climat est insupportable, que les ouvriers se tuent littéralement au travail pour construire des stades et que, surtout, le Qatar n'a jamais eu d'équipe internationale de foot digne de ce nom. Tout ce qu'ils savent du football, c'est empêcher des joueurs de quitter leur territoire, comme ça a été le cas pour le pauvre Zahir Belounis.
Vous me direz, si c'est pour regarder les matches de l'équipe de France, ces adolescents attardés et décérébrés, pas de quoi en faire tout un fromage. C'est l'un des arguments des pros du boycott, des énervés du refus. Bien sûr, la situation au Brésil n'est pas toute rose, je ne vais pas ici rouvrir le débat. Non, ce qui me fait doucement marrer, c'est qu'à force de crier au loup, les antis Mondial ne se rendent pas compte que sur Facebook, sur Twitter et sur le web en général, ils ne font que ça, en fait : qu'ils le veuillent ou non, ils parlent foot ! Les grands benêts !
Allez, bon match, en avant la Hollande et vive la RTBF qui diffuse, elle, les matches en entier, gratuitement. Tous en Belgique !

mardi 17 septembre 2013

Penser en construisant - Taller Ciudad Abierta - Lausanne

Il y a quelques temps, alors que j'étais en plein déménagement, sans internet, le nez dans mes cartons et l'esprit omnibulé par mes changements d'adresse et autres formalités d'usage qui vous pourrissent bien le cerveau, alors que je n'avais vraiment pas du tout que ça à faire...
...m'est tombé du ciel, enfin, pas tout à fait, de Lausanne un gros travail de traduction. Panique à bord : comment faire ? Concrètement : pas de bureau, pas de réseau... J'hésite, je zyeute un peu sur le net à la recherche d'infos complémentaires et...
...j'accepte. Je me lance dans l'aventure. Quelques jours plus tard, alors que j'ai rendu ce que je crois être le texte entier, mais qui n'est en fait qu'une première partie, m'arrive une deuxième partie. Le délai est court, mais je suis maintenant installée, j'ai LE bureau et le réseau, je peux donc poursuivre le job...
...ce matin, c'est le jour J, le vernissage de l'expo sur laquelle j'ai travaillé.


Cette exposition a lieu à Lausanne du 18 septembre au 2 décembre et  le vernissage est aujourd'hui même. Elle réunit des œuvres architecturales innovatrices et étonnantes, en ce qu'elles s'élèvent, non pas sur un espace, non pas en réaction à celui-ci mais au contraire en tentant de prendre en compte toutes les particularités du lieu et de s'y fondre sans l'altérer. Les œuvres font suite à ce que l'on appelle des "Traversées" du continent américain. Il s'agit à la fois d'une redécouverte des territoires américains, d'un défi architectural et d'une expérience poétique. Car chaque oeuvre, en plus d'être fonctionnelle et habitable, puise son originalité dans sa légèreté et dans l'intégration de la parole poétique. 
Un bien beau travail, tout en finesse, que les visiteurs vont avoir un immense plaisir à découvrir. 
... et j'ai donc l'honneur d'être la traductrice des textes de l'exposition !!
Très fière de faire un petit peu partie de toute cette aventure américaine, enthousiaste par toutes les belles expériences que j'ai découvertes. 
Si vous passez par Lausanne, courez-y !!

jeudi 15 août 2013

Le festival international de folklore de Felletin (23)

Quelle joie, dans ce magnifique village, de voir tous ces jeunes gens pratiquer la musique et la danse ensemble ! Quelle belle aventure que celle de mettre à l'honneur le folklore de son pays, sa culture, et de venir le mêler à d'autres musiques, à d'autres pas ! Et quelle incroyable révélation, quel bonheur que de se rendre compte qu'il n'y a pas de métissage, mais que les rythmes sont communs, qu'on se ressemble tellement que l'on peut danser, chanter ensemble sans le moindre accroc ! Deux notes, et c'est parti. Un refrain, et tout le monde reprend la mélodie. Quand les castagnettes de la sardane viennent appuyer les flûtes turques et que l'accordéon moldave vient rehausser le tout. Quand les guitares chiliennes se souviennent de l'esclavage et versent des sons africains pour que le Swaziland et la Sicile dansent ensemble. Il faut dire qu'indépendamment, tous ces groupes sont d'un très haut niveau. La prestation des jeunes moldaves était à couper le souffle, rondes tournoyantes et sauts de chats bottés. Quand à la douceur et à l'élégance des chorégraphies philippines, comment ne pas tomber sous le charme ? A l'heure où la plupart des festival sont payants, et souvent de manière exagérée, Felletin accueille les visiteurs, les habitués, les touristes d'un jour, gratuitement, à bras et à cœurs ouverts. L'année prochaine, un autre rendez-vous...



mercredi 12 juin 2013

Dernières nouvelles du Sud

Luis Sepulveda, Daniel Mordzinski, Dernières nouvelles du Sud, 2011.
Quelle poésie ! Mais également quelle nostalgie... Celle qui émane de la lecture de ces textes relatant des rencontres invraisemblables dans un monde qui n'existe plus. En 1996, Sepulveda et le photographe Mordzinski décident de partir en Patagonie, au sud du 42 ème parallèle, sans ambition ni but précis, sans plan, sans itinéraire particulier. Simplement, ils se dirigent sans boussole sur les chemins désertiques du grand sud et avancent au gré du hasard et des rencontres. Un lutin, un bandit de grand chemin, un luthier au-milieu de rien, une vieille femme qui fait naître des fleurs de ses mains ridées. Un espace hors du temps et de la géographie, un ailleurs extraordinaire. Le réel merveilleux dans toute sa splendeur et des légendes enjolivées par les gens qui les racontent, "en poètes, pas en professeurs". Des années plus tard, lorsque Sepulveda consent enfin à s'en séparer, le livre sort enfin. Il en ressort une oeuvre totale, photographique, littéraire, sociale et poétique, une ode aux gens du sud, à ces histoires qui aujourd'hui se sont évaporées comme dans un rêve. Demeure alors la mélancolie que suscite ce passé à jamais perdu, la poussière d'étoiles dans les yeux de ceux qui l'ont connu et dans ceux du lecteur, pour lequel les auteurs ont comme par magie rendu cette expérience palpable. 
Au passage, des phrases d'une beauté renversante :
"Lire ou écrire, c'est une façon de prendre la fuite, la plus pure et la plus légitime des évasions. On ressort plus forts, régénérés et peut-être meilleurs. Au fond, et malgré tant de théories littéraires, nous autres écrivains sommes comme ces personnages du cinéma muet qui mettaient une lime dans un gâteau pour permettre au prisonnier de scier les barreaux de sa cellule. Nous favorisons des fugues temporaires."
Ou encore :
"En Patagonie, on dit que faire demi-tour et revenir en arrière porte malheur. Pour rester fidèles aux coutumes locales, nous avons poursuivi notre chemin car le destin est toujours devant, et on ne doit avoir dans son dos que la guitare et les souvenirs."
Et mention spéciale à la très jolie traduction en français, réalisée par Bertille Hausberg !

vendredi 22 juin 2012

Concerts de musique bolivienne: rappel!

Trois rendez vous à ne pas manquer avant de partir en vacances!!

Le dimanche 1er juillet à 17h:

Le lendemain, lundi 2 juillet, à 20h:


Et le dimanche suivant 8 juillet à 18h:

Concert du groupe Llapaku à la Maison de MAI,
le dimanche 8 juillet à 18h
Info: 06 15 33 75 42 www.llapaku.net
Entrée: 10 €. > Billetterie en ligne
Maison de MAI
27 rue de Chabrol 75010
Métro Gare de l’Est > sortie 8

mercredi 16 mai 2012

Deux rendez-vous: Carrasco-Llapaku / Kullawas

D'abord:



Et puis:

Dans le cadre du festival « ENCUENTRO »
Les
KULLAWAS

Se produiront

DIMANCHE 27 MAI 2012

SALLE FRANCOIS RABELAIS
ORMES
à 16H00

kullawas.com

Réservations et informations concernant le festival « ENCUENTRO, à la rencontre du Chili » qui se déroule du 7 au 27 mai 2012 :

Mairie d’Ormes au 02.38.70.85.20


Ce qui est bien, c'est que vous pouvez faire les deux dans le même week end! Ne vous privez pas!
Voici l'une des dernières vidéos des Kullawas:

mardi 21 février 2012

Pan "hallulla"

On ne sait pas trop si le nom vient de l'hébreu ou de l'arabo-andalou (quelle aubaine, cette conquête de l'Amérique, pour tous ceux qui avaient été bannis de la Péninsule. Au fond, les blancs sudaméricains seraient peut-être plus arabo-judeo-espagnols qu'hidalgos...), la recette semble venir du Chili... mais j'ai bolivianisé le tout, quand même... C'est aujourd'hui le Martes de Ch'alla, cela tombe bien, pour ces "pains de fête"...
J'ai trouvé cette recette sur l'excellent blog de cuisine que j'ai mis en lien à gauche de cette page. On peut voir en images les différentes étapes et plusieurs propositions pour les ingrédients. Voici ma version...
300 g de farine de blé
200 g de farine de quinoa
1 pincée de sel
1 pincée de sucre
1 sachet de levure de boulanger
1 cuillère à soupe de jus de citron
40 g de beurre
J'ai d'abord fait une pâte avec les farines, le sel, le sucre, la levure, le jus de citron et l'eau. J'ai pétri et laissé reposer.
Ensuite j'ai pétri en malaxant aussi le beurre ramolli dans la pâte. Deuxième temps de repos.
Après, il faut plier et replier la pâte 4 ou cinq fois, la piquer pour le "dessin" et faire les pains (j'ai utilisé un verre).
La recette disait de laisser gonfler la pâte avant de la mettre au four. Voyant que rien ne se passait (je suis la reine de la crème qui n'épaissit pas et des pains qui ne lèvent pas...), j'ai enfourné 20 minutes à 200 °C.
Et voilà!
Je sens que je vais devenir adepte de l'odeur du pain chaud dans la maison, de ce temps de pétrissage qui rapproche des gestes ancestraux, des femmes du monde entier, mais aussi de cette économie non négligeable pour mon portefeuille...