Affichage des articles dont le libellé est Bourgogne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Bourgogne. Afficher tous les articles

mercredi 29 août 2018

Auxerre

On ne soupçonne pas le potentiel beauté de certaines villes. Auxerre fait partie de cette longue liste de cités discrètes dont personne ou presque ne parle et que personne ou presque n'a l'idée d'aller visiter. Sur les blogs de voyage, dire qu'on est allé à Venise ou à Sainte Lucie, c'est plus classe et on espère avoir plus de visiteurs sur sa page. Et pourtant, pourtant... Quand on aime voyager, c'est qu'on aime découvrir l'Autre et l'Ailleurs ; quand on aime aller à la rencontre des gens et de leur lieu de vie, on doit être capable de s'émerveiller d'un rien, de se mettre dans une posture d'ouverture dès que l'on franchit le seuil de sa porte. Ce n'est pas donné à tout le monde. Si on n'a pas cette capacité, c'est qu'en guise de voyageur on n'est qu'un égocentrique benêt qui cherche l'exotisme à tout prix et qui veut se mettre au premier plan sur la photo, devant le lagon ou le lac de sel. Ici, on refuse de marcher à côté de nos pompes et on est comme ça : partout on va, on écarquille les mirettes et voit la beauté là où elle est. A Auxerre, pendant une journée, on en a eu plein les yeux. D'abord, avec ses édifices religieux impressionnants qui s'imposent comme des mastodontes dans le paysage : la cathédrale Saint Étienne et l'Abbaye Saint Germain (dont la visite, hormis celle de la crypte, est entièrement gratuite, ce qui représente une chance incroyable de côtoyer ce merveilleux patrimoine historique, artistique et architectural, d'autant plus que, comme dans de nombreux sites de ce genre, l'art contemporain s'invite dans les murs pour produire une délicieuse cohabitation entre passé et présent). D'autre part, la ville entière est un régal. Le centre-ville s'articule en petite rues piétonnes bordées de maisons à pans de bois coloré, avec la Tour de l'Horloge en bâtiment central et qui mérite le coup d'œil. Si on s'écarte un peu, on se perd avec bonheur dans les ruelles et les rues tortueuses qui montent et qui descendent et au cœur desquelles on rencontre de magnifiques maisons, cours intérieurs, petits jardins, portes anciennes et autres surprises. Et puis, il y a l'eau. On est nombreux à s'accorder sur le fait qu'une ville avec de l'eau, une rivière, un fleuve (sans parler de la mer !) a tout de suite plus de chien. A Auxerre, c'est l'Yonne et le canal du Nivernais qui font office de miroir, d'atout supplémentaire, de serpent bleu avec tout ce que cela comporte de rêves voyageurs. La balade au bord de l'eau, les bateaux avec en toile de fond, on le rappelle, les montagnes d'architecture religieuse, franchement, Auxerre a de nombreux arguments pour prétendre au titre de "belle ville". Titre qu'on lui accorde sans problème et avec, on le reconnaît, un certain degré de subjectivité, parce que c'est aussi une ville de football avec son club mythique, historique et l'image inoubliable du célèbre Guy Roux. Aller assister à un match au Stade de L'abbé Deschamps, c'est entrer en contact avec des décennies de légende, avec une aura de petit club qui en a souvent dévoré de bien plus gros que lui. 
Pour en finir avec l'éloge, on ne peut pas quitter Auxerre en fermant les yeux et ignorer les paysages alentours. Immenses plaines fertiles, denses forêts, collines recouvertes de vignes, villes et villages pittoresques (Chablis, évidemment et ses innombrables caves, mais également Augy et Vaux au bord de l'eau, Quenne, Escolives-Sainte-Camille parmi ceux que nous avons croisés sur notre route et qui nous ont séduits). Autant dire, une région riche de patrimoine (culturel et gustatif...), tellement riche qu'on a très envie d'en approfondir les détours et les contours...








samedi 4 août 2018

Marzy

En plein centre de la France, au milieu de rien.
Les régions parfois méconnues cachent des beautés ignorées, qu'elles distillent aux aventuriers avec une dose certaine de mystère. Pour dénicher l'un de ces coins de paradis, un véritable jeu de pistes nous met à l'épreuve, jusqu'à nous mener en cet endroit magique, l'un de ceux qui nous font dire qu'on est heureux ici.
Dans la Nièvre, passons le pont à l'entrée de Fourchambault. Choisissons de prendre la route jusqu'à Marzy, une sorte de compromis entre un petit village typique, pierres et vignes, et la banlieue riche, villas avec piscines, surplombant le paysage. De là, la route touristique conduit au superbe panorama sur le Bec d'Allier, là où la Loire et l'Allier se rejoignent. En bas, la route longe le fleuve. D'un côté, des maisons incroyables, de l'autre, ce qui serait une plage. On ne sait où orienter le regard. Si la baignade est interdite, le pique nique est autorisé, la balade recommandée. Ou bien, on peut simplement s'asseoir, observer, se retrouver seul, regarder l'eau s'écouler lentement et les couleurs changer au fil des heures. Des sentiers sont cachés dans les arbres, chemins de halage, qui offrent sans aucun doute de jolies promenades à faire en solitaire ou à plusieurs. Et puis les prés, les chemins à travers champs, de multiples possibilités de découverte. 
On est en contact avec la richesse d'un ici qui est déjà un ailleurs. On est face à une porte secrète qui s'ouvre sur des horizons nouveaux. Il ne tient qu'à nous d'aller en quête de ces lieux cachés souvent tout près de chez nous...




mercredi 20 juin 2018

Le sentier du passeur

Que vous ayez besoin d'un petit entraînement pour retrouver la forme avant la montagne, ou que vous désiriez ardemment dompter vos formes avant la plage ; que vous ayez besoin de calme et / ou très envie de découvrir cette magnifique région entre Berry et Bourgogne, cette balade est faite pour vous !
Vous voici donc au port de Gimouille, charmant village de la Nièvre au bord du canal latéral à la Loire et à deux pas de l'Allier (le fleuve, pas le département). Là, les pêcheurs taquinent tranquillement le poisson, tandis que vous chaussez vos godillots pour longer ce magnifique canal ombragé par de grands arbres. Esprits bucoliques, soyez les bienvenus ! Au bout de la charmante ligne droite se trouve le fameux pont canal du Guétin qui, par le jeu de plusieurs écluses, permet aux bateaux de plaisance de traverser l'Allier en altitude. Une attraction, un ouvrage de plus de 300 m de long et 18 arches monumentales. 


Faites demi-tour car le sentier du Passeur vous indique de descendre par le petit chemin à droite du pont canal, pour passer ensuite sous le pont routier et enfin profiter de la paisible et dense forêt qui longe l'Allier. C'est tour à tour le sous-bois et les champs qui encadreront votre route, sans oublier les falaises qui surplombent le fleuve. Attention danger ! Idéal pour se ressourcer, apprivoiser la nature, se sentir partie de ce tout verdoyant et sauvage qui vous entoure. Soudain, une construction de bois, quelques marches et on surplombe le panorama sur l'Allier. On devine les îles sur lesquelles viennent nicher les oiseaux, toute une faune et toute une flore que l'on ignore encore. Heureusement, des petits panneaux se succèdent sur le sentier pour vous orienter, vous apprendre un tas de choses, vous faire découvrir avec bonheur ce qui vous entoure et que vous ne voyez pas. 


Enfin, vous voici à l'observatoire qui correspond quasiment à la fin du voyage. Avec discrétion, vous monterez les escaliers qui conduisent à la cabane de bois et vous installerez. A travers les ouvertures rectangulaires, espion retenant son souffle, vous observerez les multiples espèces d'oiseaux qui peuplent ce superbe site naturel. Pour cinq minutes ou plusieurs heures, vous contemplerez ce que la nature offre de plus magique. Et puis, puisqu'il faudra bien repartir, vous sortirez de l'observatoire et irez voir la confluence des fleuves, là où l'Allier et la Loire se rejoignent pour ne former plus qu'un. Alors, vous ferez demi-tour et verrez le chemin dans l'autre sens, aussi beau, aussi grandiose. 



Le sentier du Passeur, une très jolie balade de 4 km à faire en famille ou tout seul. Mention spéciale à l'excellent balisage de ce parcours éducatif et ludique, tout au long duquel le portrait du passeur vous accompagne comme un vieil ami. 

mercredi 5 novembre 2014

Sur les chemins de Compostelle

Stéphane Lemardelé, Sur les chemins de Compostelle, 2008.

Il me regardait, là, sur les étagères, parmi toute la littérature sur le pèlerinage que l'on pouvait trouver dans cette librairie-magasin de souvenirs de Vézelay. J'avais décidé de ne pas sortir un centime de ma poche pour l'envoyer valser dans la tirelire de ces attrape-nigauds pour touristes. J'ai fait le tour des remparts, me suis frottée au silence de la chapelle en me promettant d'essayer de reproduire le phénomène en moi-même. Un jour. Quand j'aurais le temps. Je suis entrée dans la basilique. Rien à signaler. Que du bruit. J'ai fait le tour du village, les rues piétonnes, les ruelles, les jardins et les terrasses. J'ai cherché partout la trace des hurluberlus en sac-à-dos et croquenots qui marchent jusqu'à Saint Jacques. Personne. Tu me diras, en novembre, il fallait s'y attendre. Un cappuccino hors de prix plus tard, je sors de son enveloppe en papier le petit livre que je suis retournée libérer de sa poussière et de sa solitude. Je n'attendais rien du contenu - j'ai bien fait -, mais c'est l'objet qui m'a séduite. Cette sorte de carnet intime qui ferme avec un élastique rouge - j'adore les carnets -, ce bouquin à la taille d'un livre de messe. Quelque chose comme un recueil de secrets. En accordéon. Le coup du livre-accordéon, on ne me l'avait encore jamais fait. Au recto, des dessins du chemin, du Puy en Velay jusqu'à l'océan Atlantique galicien ; au verso, des explications pour chacun des sites traversés. Par renversantes, les explications. C'est entre le guide du Routard quand Jean-Sébastien Petitdemange vous vante les mérites d'une bonne auberge qui sert un foie gras roboratif et mon blog quand je vous délivre vite fait bien fait trois ou quatre détails sur une collégiale limousine. Le fond n'est pas transcendant. Pour un récit de pèlerinage, c'est ballot. Le style, par contre, est excellent. L'auteur a le sens de la formule et a la capacité, en bon dessinateur qu'il est, de croquer en quelques mots précis la réalité qui l'entoure. L'efficacité, j'aime. Alors, qu'il nous arnaque en nous avouant, à la fin, qu'il n'a pas marché jusqu'au bout de la route, que donc, il n'a pas droit à son diplôme de bon pèlerin, ça nous déçoit, forcément, ça le rend beaucoup moins crédible. N'empêche, ce petit carnet-là m'avait tapé dans l'oeil - aïe - et a fini dans ma poche, comme si un aimant l'y avait attiré. 

Je viens d'aller jeter l'oeil qui me reste sur son site internet : bim, en plein de mille aussi. Je n'ai donc plus d'yeux que pour lui.
http://lemardele.com/

dimanche 2 novembre 2014

Le vestibule des causes perdues

Manon Moreau, Le vestibule des causes perdues, 2011.
Et voilà, je suis arrivée à Saint Jacques ! Compostelle, Compostelle, 400 pages d'arrêt ! Fin de notre périple à travers l'histoire et la géographie. Nous sommes partis de Paris, passés par Vézelay et c'est un roman qui nous amène jusqu'au terme de notre aventure. C'est le premier opus de Manon Moreau et on peut dire que c'est une réussite. Evidemment, j'y mettrai quelques bémols, mais l'ensemble est très bon. 
Les personnages qu'elle crée sont de chair et d'os, bien vivants, quoique. En fait, s'ils prennent le chemin de Compostelle, c'est bien parce que quelque chose ne va pas dans leur vie, dans leur tête. Ils sont tous un peu cassés de l'intérieur et c'est ça qui fait leur charme. Et puis, on ne sait pas tout sur eux d'entrée de jeu. On reçoit les informations au compte-goutte, au fur et à mesure, pas à pas, c'est le cas de le dire. On apprend à les connaître car c'est le chemin qui leur dévoile, à eux-mêmes et par la même occasion à nous, lecteurs, les raisons de leurs tourments, ce qu'ils se cachent et ce qu'ils nient très fort, ce qu'ils refusent d'admettre. Etape après étape, tout devient plus limpide, plus clair. Les personnages passent par des crises qui sont autant dues à la fatigue physique qu'au relâchement moral que celle-ci impose. La présence des compagnons de route, l'interaction des histoires et des blessures mettent ces-dernières en relief et rendent les vieilles peurs caduques.
Ce qui m'a le plus captivée, c'est un autre personnage et non des moindres : le chemin. Est-ce l'auteure l'a parcouru, ce chemin ? Est-ce qu'elle s'est documentée ? Est-ce qu'on le lui a tellement raconté qu'elle a fini par l'intégrer ? En tout cas, elle le retranscris, il me semble, à la perfection. Les paysages ont une présence concrète inouïe. On visite les villes et les villages, on visualise parfaitement les étapes, les refuges, les ampoules aux pieds et les sacs à dos toujours trop lourds pour les jambes fatiguées. Le roman de Manon Moreau donne une furieuse envie de se mettre à marcher, de fermer sa porte à clé un matin, de chausser ses croquenots et de partir sur les sentiers, avaler le bitume et passer des cols de montagne. 
Le bémol, pour finir. Il est finalement assez mince si on le rapporte à la qualité de tout le reste. Mais, je regrette, l'emballage compte. Et l'emballage, c'est le style. C'est l'étincelle qui fait qu'un bon roman devient un chef-d'oeuvre. Eh bien, de ce côté-là, j'ai plutôt peiné qu'autre chose sur les chemins de Compostelle. Attention, je ne dis pas que le style est nul et lourd. Simplement, il manque d'homogénéité. Certaines formules, certains effets de style sont usés jusqu'à la moelle (je pense notamment à l'abus de sujets éludés) pendant une cinquantaine de pages, puis on passe à autre chose. Ensuite, ce sont des répétitions qui pourraient donner un rythme mais qui deviennent trop récurrentes et donc un peu lassantes. On ne trouve plus de cohérence. Je chipote, je sais. J'ai une fâcheuse tendance à éplucher le style des romans que je lis. C'est parce que j'écris aussi et que j'ai moi-même des tas de défauts stylistiques, des tics d'écriture que j'essaie de résoudre comme des mauvaises habitudes. On voit toujours mieux la paille dans le livre du voisin que la poutre dans son propre manuscrit...
Je termine sur une note positive : ces légers dérapages de langue sont autant de marques attendrissantes caractéristiques d'un premier roman. C'est très prometteur et aussi très émouvant de voir la recherche de style chez quelqu'un qui sait déjà si bien créer des personnages si vivants. D'ailleurs, j'ai l'impression d'en avoir déjà croisé certains sur mes propres sentiers...

samedi 1 novembre 2014

Vézelay

Rappelez-vous, je suis partie de Paris, plus exactement de Cluny, pour prendre le chemin de Saint Jacques de Compostelle. Me voici à Vézelay. Nous sommes dans l'Yonne et la route entre Clamecy et notre étape du jour est magnifique. A chacune de mes visites, je tombe de plus en plus amoureuse de la Bourgogne, ses collines ensoleillées, ses forêts, ses pierres séculaires et une espèce d'atmosphère chaleureuse, une nature rassurante. Tout près, il y a le Morvan, froide montagne encore à découvrir. Tout aussi vallonnée que le Limousin, la Bourgogne est une promesse de bonnes tables et de richesses gustatives sans fin...
Notre visite de Vézelay commence dans le froid et sous un épais brouillard qui augure des journées d'automne sans soleil. Nous commençons par suivre le chemin qui court en contrebas des remparts, puis nous écartons pour prendre un petit sentier. Celui-ci nous mène à la chapelle et au couvent franciscain de La Cordelle. Là, dans le silence, en harmonie avec la nature vivent trois frères. Mais chut, ne les dérangeons pas...
Nous faisons demi-tour et poursuivons notre cheminement sur les remparts. Peu à peu, le village d'Asquins, témoin depuis toujours des départs des pèlerins vers Compostelle, se dévoile, sort de la brume, et le soleil commence à percer. Au moment où nous nous trouvons sur la terrasse de l'ancien château, l'astre nous éblouit. Il va faire beau, c'est gagné !
Nous allons enfin découvrir cette fameuse basilique. Pas de chance, elle est en travaux, ce qui gâche un peu la rencontre. Le bruit assourdissant des marteaux et autres scies ou je ne sais trop quoi qui grincent, hurlent, râpent et tapent n'invitent pas au recueillement ou à la flânerie. J'ai trouvé la basilique belle, oui, mais simple, pas exceptionnelle. La façade, sans doute. Les détails de la façade. Mais je ne suis pas emballée. Je n'ai pas réussi à me mettre dans l'ambiance "départ de pèlerinage". 


Par contre, la suite du parcours dans le village était très intéressante. Charmantes, ces ruelles, ces vues, ces terrasses, ces jardins. Très joli. Agréable. Et puis, pour ma prochaine visite en Bourgogne, j'ai déjà repéré des dizaines de choses à faire, voir, visiter : des sites archéologiques, des châteaux, des villages, des sites naturels... 

vendredi 31 octobre 2014

Cluny, celui de Paris

Comme je vous le disais dans l'article précédent, j'ai vécu longtemps à Paris ou autour mais je n'en ai pas découvert tous les trésors. Habitant maintenant relativement près de Cluny, en Bourgogne, j'ai eu envie d'aller voir Cluny, celui de Paris. Les bâtiments actuels correspondent à l'ancien hôtel particulier datant du XVème siècle et appartenant à l'ordre clunisien, ultra puissant et richissime. L'architecture renaissance ressemble à celle du palais Jacques Coeur, à Bourges. Je n'étais pas dépaysée. La cour intérieure est somptueuse. Sur la façade, les innombrables coquilles nous rappellent que nous nous trouvons sur l'itinéraire parisien du pèlerinage à Compostelle. Mais ce qui m'intéressait se trouvait derrière la lourde porte...
Le Musée du Moyen Age me permettait de poursuivre mes voyages dans le temps. J'adore visiter des châteaux, des monuments, me frotter à l'Histoire, moi qui suis frustrée de n'avoir retenu que trop peu de choses de mes années d'écolière. A Cluny, les salles s'enchaînent et nous entraînent jusque dans les anciens thermes antiques. On y trouve les statues et les têtes qui ornaient la cathédrale Notre Dame et qui avaient été déboulonnées à la Révolution. Leur taille est si impressionnante qu'on se demande comment elles pouvaient tenir sur la façade. Et puis on repasse devant Notre Dame, on lève les yeux et on comprend que oui, la démesure, la taille du bâtiment, ça devait le faire ! Et dire que les têtes monumentales n'ont été remises au jour qu'en 1977, par hasard, dans un hôtel particulier du 9ème arrondissement !
Ce qui m'a passionnée dans cette visite, outre les collections permanentes, c'est l'exposition intitulée "Voyager au Moyen Age". Les différents types de voyages (commerce, guerre, pèlerinage) y sont évoqués. Je me suis retrouvée face à des manuscrits ayant appartenu à Jean de Berry, à des chaussures d'époque et à des selles d'apparat. Tous ces objets quotidiens qui ont le pouvoir d'émouvoir parce qu'on sait que des ancêtres plus ou moins prestigieux les ont tenus entre leurs mains. Et fatalement, me revoilà, baba, devant Saint Jacques ! En plus, l'exposition se trouve dans la partie des thermes qu'on appelle le "frigidarium", salle impressionnante de 14 m et des poussières de hauteur sous voûte. A ce moment, piétinant derrière le flot de visiteurs pour accéder à chacune des pièces, je songe que j'adorerais me retrouver seule dans cet endroit. L'atmosphère doit y être incroyable, les vieilles pierres doivent avoir des tonnes d'histoires à raconter...
Le clou du spectacle, comme on dit, c'est toute la série de tapisseries "La Dame à La Licorne" et qui représentent les cinq sens. Un trésor artisanal dont j'aurais aimé connaître les techniques pour pouvoir mieux apprécier le résultat. Et puis, il y a les vitraux, ceux qui viennent de la Sainte Chapelle et les autres. Exposés dans une salle obscure qui fait ressortir leur lumière. Leurs couleurs sont envoûtantes et attirantes. Tiens, je me mettrais bien à restaurer des vitraux, moi, dans une prochaine vie...

Et puis, pour finir ce petit tour d'horizon, il y a tout le travail de l'ivoire et autres supports précieux, notamment ces petits coffres décorés de motifs illustrant les codes du roman courtois. Des petits bijoux. 
Voilà donc le récit de ma visite du musée du Moyen Age de Cluny. Je quitte la capitale, pas fâchée de retrouver ma campagne. Je poursuis ma thématique "Saint Jacques de Compostelle" dès le prochain article !

dimanche 5 octobre 2014

La Charité sur Loire : repérage automnal...

Que faire par un temps pareil ?
Regarder la télé avec trois paires de chaussettes et deux pulls ? 
Manger des crêpes au Nutella ? 
Lire un bon bouquin au fin fond de son lit et s'endormir avec ? 
Non non non ! Par un temps pareil, nous, on ose sortir.
On prend la voiture et on va humer l'ambiance de La Charité sur Loire, sonder les nuages pour voir ce qui se cache derrière et quel effet aurait la lumière sur une si belle ville. 
L'empreinte de Cluny flotte sur les ruelles étroites, sur l'ancien prieuré, sur l'église XXL dont la nef est aujourd'hui aux quatre vents. Vous êtes ici, dit le panneau. Au-milieu de l'allée centrale et sous la pluie. Grandeur de l'architecture clunisienne. Joyau de l'art roman. Pouvoir de l'ordre bénédictin.

Un écriteau nous indique "suite de la visite"... La suite de la visite, c'est un bon chocolat bien chaud. Il fait froid, il pleut, on grelotte. Non que la ville nous déçoive. Au contraire, elle est pleine de promesses. La Loire, majestueuse et les belles demeures qui lui font face. Les petites rues marquées par l'histoire. Les citations qui parsèment les murs de la cité et qui rappellent que La Charité est aussi la cité du livre. 


Nous ne sommes pas restés longtemps, nous n'avons pas vu grand chose. Mais une heure à patauger dans les flaques nous a suffit à mourir d'envie d'y revenir. 
Et puis, même par ce temps abominable, nous n'étions pas les seuls promeneurs à nous délecter des beautés de La Charité sur Loire ! A bientôt...

mardi 16 septembre 2014

Coisière au Guétin

Poursuivons nos visites de la belle France...
Cela faisait plusieurs fois que nous passions en voiture au-dessus du Canal latéral à la Loire, que nous admirions le pont canal depuis la route et que nous frôlions ses écluses...
Cela faisait plusieurs fois que nous allions prendre le vent sur le pont canal, au-dessus de l'Allier et que nous regardions monter et descendre les bateaux...
Ils avaient l'air heureux, les touristes !

Alors, nous nous sommes décidées. Un dimanche après-midi de grand soleil, nous avons franchi le pas et nous sommes montées à bord du Latéral, ce charmant bateau jaune et bleu. Nous nous sommes installées sur les chaises, entre ombre et soleil et avons attendu avec impatience les premiers ronflements du moteur. Enfin, la carcasse s'est mise en mouvement et, à une vitesse respectable de sénateur, s'est éloignée de la rive. Le capitaine nous a expliqué que, malgré notre rythme extrêmement mesuré, nous allions pourtant encore beaucoup trop vite pour l'épreuve de force que nous nous apprêtions à affronter : quelques centimètres de marge seulement de chaque côté de la coque et nous devions nous faufiler dans le couloir qui mène à l'écluse. Ou plutôt, à la double écluse, prodige technique ! Jouant le jeu avec un immense sourire auquel la bonne humeur du capitaine n'était pas étrangère, les passagers ont retenu leur souffle...
Soudain, les vannes se sont ouvertes et, si nous nous étions trouvés plus près de la porte de l'écluse, nous aurions pris une bonne douche ! Car il en faut, des litres d'eau, pour permettre aux bateaux de grimper ce dénivelée ! Vue de l'extérieur, la chose semble même totalement improbable. On se demande comment un tel tour de force est possible, comment, comme par magie, les lourds navires réussissent à se hisser au sommet, jusqu'au pont canal. On admire évidemment les prouesses techniques, le savoir-faire des ingénieurs, l'obstination des ouvriers qui ont permis la réalisation de cette oeuvre colossale. 


Il faut dire qu'avant, le Canal était extrêmement fréquenté. Celui-ci et tous les autres, d'ailleurs. Un important volume de marchandises y étaient transportées. A l'heure où l'on parle de supprimer les camions pour les mettre sur des trains, on oublie trop souvent que les voies fluviales françaises, si elles étaient pleinement utilisées, si toutes étaient correctement entretenues, représenteraient une solution idéale pour les échanges commerciaux. 
Tandis que les dernières portes s'ouvrent et que nous prenons de la hauteur, que nous avons le privilège de traverser le pont canal du Guétin, le capitaine nous passionne avec ses récits sur l'histoire des canaux. Il nous emmène sur toutes les voies fluviales de France, nous entraîne du nord au sud et d'est en ouest. Il est intarissable et passionné quand il s'agit de faire voyager ses passagers à travers la géographie. Ce dimanche-là, et c'est peu dire, il nous a même emmenés en Belgique, en Hollande et même jusqu'en Russie !

Quelle excitation de faire de si belles découvertes, de parcourir tant de distance par l'imagination ! En 1h30, nous avons ri et rêvé. Nous nous sommes pris pour des capitaines, pour des corsaires, pour de grands baroudeurs des fleuves. Nous avons franchi les frontières des régions et des pays et sommes allés jusqu'à la mer. Et puis, surtout, nous sommes redevenus enfants, comme lorsque nous lisions les romans de Jules Verne. 
Merci, capitaine, et bon vent !

http://www.nievre-tourisme.com/tourisme/bateau-promenade-le-lateral.htm?itm:n%23_208352


lundi 15 septembre 2014

Decize

Quelle jolie ville ! Quel paradis en bord de Loire ! Quelle belle route pour y arriver, faite de collines, de villages sur les hauteurs, de vues plongeantes sur le grand fleuve ! Quelle beauté ! D'ailleurs, s'il fallait s'arrêter à chaque fois que le paysage est beau, à chaque église romane, à chaque virage qui nous séduit, c'est bien simple : on ne parviendrait jamais à Decize ! Et on aurait tort de retarder la rencontre...
L'office de tourisme propose un joli circuit d'une bonne heure et demie pour découvrir les moindres recoins de la ville. Tout commence avec la fameuse et très longue promenade des Halles, avec des arbres tricentenaires, des platanes et des tilleuls. Royal.

Et puis on s'aventure plus au coeur de la cité. Très vite, on croise les vestiges des anciennes fortifications : les échauguettes, les tours, les canons, les anciennes portes du pont levis. En s'éloignant un peu du centre, on peut voir, sur un promontoire, les ruines de l'ancien château des Ducs et Comtes de Nevers.


Il faut s'éloigner un peu, prendre le temps de flâner en bord de Loire (mais est-ce bien nécessaire de se forcer ? L'endroit est tellement agréable, hors du temps et de l'espace, qu'il ne faut pas y être longtemps incité pour laisser nos pas nous y conduire). Le fleuve est majestueux et attire, c'est évident. Comme tous les grands de ce monde, il a quelque chose de magnétique, un attrait dont on ne peut se défaire. Quelque chose qui vous pousse à y revenir, à vouloir vivre au bord, à y attacher sa vie. Il y a la Seine, il y a le Guadalquivir, il y a le Rhône, il y a la Loire. Il y en sûrement d'autres que je ne connais pas encore. Il y a, dans ces villes au bord des fleuves, l'empreinte merveilleuse des grands voyageurs, des bateaux qui vont et viennent de très loin et une lumière exceptionnelle qui ramène de suite à la mer, au côté envoûtant des cités maritimes. 


Mais revenons à Decize. La visite se poursuit par les places et les monuments. Que dire de cette tour de 33 mètres, de ce campanile au-milieu de la France ? Que dire de l'église Saint Aré et de sa porte étonnante ? Que dire de cette ancien couvent, construction massive qui paraît presque trop grande pour la ville ? 

Autant vous dire que j'ai beaucoup aimé Decize. Je ne dis pas que j'y reviendrai, parce que j'aime voir sans cesse de nouvelles choses, découvrir à chaque fois de nouveaux trésors et aller de surprise en surprise. Mais, si j'avais eu à vivre dans le coin, comme on dit, j'aurais sans aucun doute choisi de poser mes valises ici (d'après ma théorie selon laquelle la beauté du lieu rend la vie plus douce).