vendredi 6 mai 2011

Nuit

Il y a des mains crispées.
Il y a des pieds nus.
Il y a un corps qui tremble.
Un bras qui saisit l'autre / une étreinte qui étrangle / un sang qui se glace / des pas vibrants
Il y a un coeur qui explose / un couteau qui s'aiguise / des bras qui serrent l'enfant / des mains qui arrachent une clé / des pieds nus qui courent dans la rue
Il y a le vent qui cingle le visage
Il y a des yeux béants
Il y a une poitrine qui suffoque
Des mains qui serrent l'enfant
La rue sale sous les pieds / les passants les yeux baissés
Des os qui tremblent, qui transpirent de sueurs froides
Des oreilles bourdonnantes / des cris avalés / des larmes qui nouent et étouffent de ne pas sortir
Il y a un cerveau qui implose / des pensées liquidées / et l'enfant qui demande
Pourquoi?
La réponse est gémie
On s'en va / on s'en va
Il y a des pieds nus qui conduisent dans la nuit
Il y a l'autoroute et la vie qui se défile
Le coeur en suspend et l'enfant endormi

3 commentaires:

metreya a dit…

un an déjà ?

emi a dit…

Eh oui. Le temps passe. Il faut juste savoir transformer les cauchemars en art...

aldeaselva a dit…

"- J'ai vu parfois, au fond d'un théâtre banal
Qu'enflammait l'orchestre sonore,
Une fée allumer dans un ciel infernal
Une miraculeuse aurore ;..."


Baudelaire, bien sûr!