lundi 2 juin 2008

La longue marche

Bernard Ollivier, Longue marche, 2001.
Ceux qui se sont arrêtés sur la citation présente dans mon profil du blog connaissent déjà un peu cet auteur. Bernard Ollivier, journaliste à la retraite, décide de partir à pied sur les routes du monde. Dès le sous titre, la couleur est annoncée: "A pied de la Méditerrannée jusqu'en Chine par la route de la Soie". Le pari est audacieux pour cet homme de soixante-et-un ans qui part seul, sans assistance, simplement accompagné de son lourd sac à dos, de son courage, de sa soif de rencontres qui inclut aussi un long processus de rencontre avec soi-même. Notre baroudeur des grands espaces se propose de parcourir à pied la distance qui sépare Istambul de Xi'an en Chine, et ce en plusieurs étapes, à raison d'environ deux mois de marche par an. Suivant dans la première partie -intitulée "Traverser l'Anatolie"- la route mythique des caravansérails, Bernard Ollivier rencontre les gens, leurs coutumes, l'hospitalité qui n'est pas qu'une légende mais aussi le danger. Il doit affronter la peur, l'incompréhension qui peut également dans certains cas amener à des situations cocasses, et surtout ses propres doutes face à la difficulté du parcours entrepris. Arrêté avant Téhéran, son but de la première année, par une dyssentrie sévère qui lui fait perdre 10 kilos et l'empêche de continuer sa route, Bernard Ollivier analyse cependant son début de parcours avec beaucoup de philosophie, tout en pensant déjà à repartir:
"Dans la chambre 407 de l'hôpital de Vatan, je philosophe, je refais mon voyage, je prépare le suivant et je dessine, sur mon cahier d'écolier, le chemin qui m'attend. En partant, j'ai voulu pénétrer le monde. Mais le monde se laisse-t-il pénétrer? Au bout du chemin, trouverai-je la sagesse, ou bien attendrai-je en vain qu'elle vienne avant que la mort me saisisse? Homme actif par inclination et par nécessité, il me faut chercher, sur ce chemin de la lenteur que je me suis tracé, le silence, le recueillement, la quiétude de l'âme. Ils ne viendront pas d'un coup, bien sûr. Ils ne sont pas cachés à l'ombre des murailles de Xi'an, attendant mon arrivée pour se révéler. C'est sur le chemin, sur les sentiers et les routes, dans les villes, au fil des rencontres et des millions de pas que je veux encore tricoter, qu'ils viendront m'aider à poser paisiblement la dernière pierre du mur de ma vie."

3 commentaires:

Michèle a dit…

Encore un auteur que je ne connaissais pas !

enrique a dit…

Bonjour! Le hazard fait bien les choses!
C'est à ce passage là que ma lecture s'est interrempu.
Peut-être pour accompagner B.Ollivier dans sa peine de ne pas pouvoir atteindre le but qu'il s'était fixé? Qui sait?
En tout cas, je ne pas eu envie de tourner les pages et continuer le voyage tout seul.
Voyageur atypique, sans flamme olympique, que mériterait bien le prix Nobel de la paix. Mais, B. ollivier est trés loin de ces choses-là.

metreya a dit…

le chemin est la sagesse
enjoy the ride