mercredi 17 août 2011

Bahia

Jorge Amado, Bahia de tous les saints, 1935.

Je n'ai pas vraiment cherché ce livre, je suis tombé par hasard sur lui en fouinant dans une bibliothèque au moment de la sieste. Je n'avais plus rien à lire, ce n'est donc pas par envie mais par défaut que je me suis plongée dans le célèbre roman de Amado. Je venais de terminer un livre génial (voir mon résumé de "Monde perdu" sur ce blog) et ce la ne me déplaisais pas de rester au Brésil pour poursuivre cet état de dépaysement dans lequel m'avais plongée le roman de Patricia Melo.
Je fais toute cette introduction, tourne autour du pot, parce que je ne sais pas quoi vous dire sur "Bahia de tous les saints". Cela se passe à Bahia, vous l'aurez compris. Le personnage principal est un anti héros, Balduino, dont on nous raconte la vie: son enfance orpheline dans un quartier pauvre des hauteurs de la ville, son placement dans une maison de blancs riches et sa fugue, son adolescence de mendiant avec sa bande d'autres orphelins noirs, sa carrière de boxeur écourtée par la dépression d'une désillusion amoureuse, jusqu'à son emploi d'ouvrier sur le port et son engagement syndical. Le début m'a beaucoup plus plu que la fin. Les péripéties picaresque survenues dans la rue lors de sa période de mendiant voyou sont dignes du "Lazarillo de Tormes" espagnol. Ensuite, tout est un peu orienté vers la naissance de Baldo au syndicalisme, cette sorte de révélation sociale qui fait suite à son engagement dans la grève générale. Certains critiques comparent "Bahia de tous les saints" à "Germinal", les deux étant une peinture réaliste des luttes du monde ouvrier de leur époque.

Vous l'avez compris, je ne suis pas emballée par le roman de Jorge Amado. J'explique cela en grande partie par la traduction qui date de 1938. Je suis traductrice à mes heures pas si perdues et commence à savoir flairer les tournures retranscrites mot à mot, les faux sens. J'en ai repéré pas mal dans cette édition. Il y avait aussi sans doute des expressions datant des années 30 - 40 aujourd'hui inusitées en français. Mais connaissant quelques mots de portugais, ayant étudié un peu le Brésil, sachant à quel point la traduction n'est pas qu'une affaire de mots, j'ai vite compris que les traducteurs de l'époque manquaient de connaissances sur la réalité du Brésil puisque certaines références culturelles semblaient être ignorées et ont donc été très mal traduites. Sans compter les tournures de phrases qui, à mon sens, n'en avaient pas, de sens...

Je suis très critique, je sais. Certains penseront sûrement encore, comme dans ce commentaire qu'un lecteur m'avait un jour laissé, que je prends "un ton de donneuse de leçon", mais je maintiens, la lecture du roman de Amado a été laborieuse et je n'y ai donc pas pris un immense plaisir.

3 commentaires:

Gilles a dit…

Si tu manques de lecture , je te conseille les livres de Manuel Scorza
( à moins que tu ne les connaisses déjà)
-Roulements de tambours pour Rancas
-Garabombo l'invisible
-Le cavalier insomniaque
-Le chant d'Agapito Roblès
-Le tombeau de l'éclair
Ils décrivent de manière humoristique,fantastique, picaresque des évènements pourtant dramatiques (les luttes dans les années 60-70 des paysans andins de la cordillère péruvienne)

Gilles a dit…

et aussi "Colombie cocaine" de Charles Nicholl , un récit de voyage sur fond de trafic de drogue..réellement passionnant...je conseille vivement!!!

emi a dit…

je prends note!