vendredi 5 mars 2010

Les géants blancs


Sur la route de La Paz à Copacabana, tout commence par un bus brinqueballant traversant à la manière d’un boiteux une rivière boueuse. Le pont est hors service, on fait donc avec les moyens du bord.
Ensuite, une fois l’obstacle passé, c’est la grande traversée de l’Altiplano. Une grande plaine vide, parsemée de petits groupes de maisons de briques, semblants de villages, dénuement et solitude.
Et soudain, au-dessus des insignifiantes montagnes pelées, dominant tout le paysage, surgissent les géants blancs : Illimani et Illampu, sommets minutieusement découpés, blancheur immaculée, vénérable sévérité. L’appareil photo est inaccessible. On voudrait emprisonner cette image pour en avoir la preuve, tellement on a du mal à croire qu’on se trouve face à face avec ces seigneurs si souvent fantasmés. On se dit que cette fameuse photo, le témoignage de cet instant qu’on nous jalousera ensuite, on l’obtiendra sur le chemin du retour.
Seulement au retour, des torrents de pluie inondent l’Altiplano. Les nuages étouffent la terre et les géants blancs se sont renfrognés dans leur impénétrable manteau gris. On a beau s’user les yeux à tenter de percer le mauvais temps, Illimani et Illampu se sont retirés derrière leur rideau de mystère.
Ce fut comme une apparition. Le rêve reste intact.

3 commentaires:

barbudo a dit…

Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras comme disait Jean.
Ma grand-mère quant à elle disait tout ce qui est pris n'est plus à prendre...

Michèle a dit…

Le rêve reste intact, les images dans la tête...

aldeaselva a dit…

tentative de flirt avec les Kallawayas?