mercredi 27 janvier 2010

Les chanteuses et le Président

Est-ce bien sérieux? Est-ce vraiment la bonne idée de la décennie que de nommer une chanteuse, certes très populaire, au Ministère de la Culture? Je veux parler de Zulma Yugar. Imaginez-vous un peu, Mireille Matthieu minitre... Evo Morales avait déjà nommé Luzmila Carpio au poste d'Ambassadrice culturelle en France, il récidive donc dès le début de son deuxième mandat avec le choix de Zulma. Certes, toutes deux représentent le folklore, et par là même l'essence de la culture bolivienne. Mais ont-elles la formation nécessaire pour la mettre en valeur, la promouvoir dans le monde, la soutenir face aux différentes attaques d'une mondialisation qui veut uniformer les modes? Les artistes sont-ils les mieux placés pour défendre le patrimoine d'une nation? Et si nous allons plus loin, les artistes doivent-ils faire de la politique? Attention, loin de moi l'idée de dénigrer leurs talents. Luzmila comme Zulma sont de grandes chanteuses, de grandes ambassadrices de la musique bolivienne à travers le monde. Seulement, à vrai dire, il me semble que leur place est plus sur une scène que dans un bureau. Car un artiste diffuse sa culture, sa manière de penser, ses opinions (qui n'engagent que lui, mais qui sont écoutées par des millions de personnes) à travers son art. Qu'en est-il de cette liberté d'expression lorsqu'on la cantonne dans un bureau ministériel? Il faut dire que d'autres ont fait de grandes études pour gérer le genre de dossiers qu'un ministre est appelé à avoir entre les mains... D'accord, certains me diront que, par le passé, nous avons vu défiler en Bolivie des gens incapables de faire évoluer les choses, pourtant bardés de diplômes de grandes écoles de toutes sortes, parfois européennes, de grande renommée. L'habit ne fait pas le moine. Passons. Il demeure que, et ce n'est que mon avis, ce qu'un artiste peut encore le mieux faire, c'est justement ce pourquoi il est connu et reconnu, c'est-à-dire créer, s'exprimer, chanter, écrire, en toute liberté. Chacun à sa place, et les choses iront mieux; chacun à sa place, et les choses ne changeront jamais, diront d'autres... La question est épineuse!

3 commentaires:

metreya a dit…

A voir l'exemple brésilien : Gilberto Gil à la culture ?! Evo imite Lula…

emi a dit…

Ceci dit, en France, on a parfois de grands comiques à la Culture... chacun ses artistes! (et là c'est mon côté hypocrite qui défend le président Evo alors que je viens de le critiquer!)

Jean-Luc Crucifix a dit…

Autre exemple : Ruben Blades au Panama, ministre du tourisme...