lundi 4 août 2008

L'Eglise fait campagne

Deux discours, deux courants s'affrontent en ce moment en Bolivie. D'une part, le gouvernement qui veut réactiver la culture et les traditions autochtones. Ce week end par exemple avait lieu à Cochabamba la seconde édition de la "entrada de grupos autoctonos - Rijch'ariy 2008" sur le célèbre Paseo del Prado. La mairie et le gouvernement appuient cette manifestation culturelle au cours de laquelle ont défilé une vingtaine de groupes comme Ponchos Verdes (Tarqueada), Sartawi (Sikuriada), Comunidad Chaupirana del N. Potosí (Pinkillada) etc... Evidemment q'oa et ch'alla ouvraient les festivités, réaffirmation des rites et des croyances indigènes, surtout en ce mois de la Pachamama qui vient de commencer.

Tarkeada Ponchos Verdes
(Photo:emi)

Parallèlement, on prépare à Quillacollo les festivités de Urkupiña, et la voix de l'Eglise à travers les discours de monseigneur Tito Solari, évêque de Cochabamba, se fait entendre comme tous les ans -et d'autant plus depuis l'élection de Evo Morales- pour évoquer avec force le caractère de "réconciliation" de cette fête catholique, rappelant que la Vierge de Urkupiña est symbole d'"unité" pour le peuple bolivien. Possédé par l'opposition Monseñor! Il recrache exactement le même discours que la droite, cherchant par la même occasion à faire revenir les fidèles vers le catholicisme pur et dur, à travers l'adhésion à ce culte de Urkupiña qui serait symbole d'unité en ce qu'il fait coexister religion et croyances traditionnelles. Pourquoi suivre le Président et insister sur le caractère indigène de la culture bolivienne quand la Vierge elle même syncrétise toutes les croyances? Récupération en quelque sorte, la bonne vieille méthode des évangélisateurs du temps de la Colonie qui faisait avaler aux indiens que la religion catholique ressemblait beaucoup à la leur. Mais aujourd'hui les opprimés se sont réveillé depuis longtemps et n'en font bien qu'à leur tête, ne sont pas dupes non plus des visées politiques du discours pseudo religieux de Tito Solari... Oui d'accord, on veut bien assister à la messe de la Vierge, mais avant tout il est impératif d'effectuer le rituel à la Pachamama, il y a des priorités. Et puis la messe en même temps si on la rate, ce n'est pas bien grave, après tout, personne ne nous y oblige plus?

Le sanctuaire de Urkupiña, derrière le Temple catholique, le Cerro et la ch'alla

(Photo:emi)

1 commentaire:

Michèle a dit…

Tiens ! je n'avais jamais vu de ponchos verdes.