mardi 25 septembre 2007

Au voleur!!!

Au voleur! Sacrilège!! Les péruviens viennent de déclarer le charango "Patrimoine national péruvien"! N'importe quoi! Rappelons que le charango vient de Bolivie, plus particulièrement de la région de Potosi, où d'ailleurs il est un des éléments majeurs du folklore de cette région.
(Photo:Luis CHUGAR)
La Société Nationale du charango en Bolivie fait donc entendre sa voix à travers son président, le meilleur charanguiste de Bolivie Alfredo Coca: il doit s'agir d'une variante de l'instrument qui n'existerait donc qu'au Pérou, puisque la Bolivie connaît elle une grande variété de formes, de sons et de formes d'interprétation du charango qui n'ont rien à voir avec ce que l'on peut observer et écouter au Pérou. Par ailleurs, la Bolivie a aussi les "grands maîtres" du charango. Et vlan! Alors Alfredo Coca, avant de ridiculiser complètement les péruviens, veut des preuves. Et puis une réunion est prévue à Puno pour discuter du thème du "trafic de patrimoine entre les deux pays"... Il était temps! Parce que nos voisins les péruviens ont le chic pour venir puiser leur inspiration dans le folklore bolivien et ensuite le revendiquer comme étant propre à leur culture. Ils l'ont par exemple fait avec le Carnaval et ses costumes qui sont de véritables oeuvres d'art; voilà que maintenant ils s'approprient le charango! D'ailleurs il va falloir mettre les points sur les i parce que les chiliens -encore des "emprunteurs" de folklore- voulaient aussi nous faire croire que le petit instrument à cordes était de chez eux. De mieux en mieux! Ce qui est le plus drôle c'est que l'ancien président chilien Ricardo Lagos avait justifié cette revendication en invoquant les territoires aymaras que possède le Chili au nord de ses terres. Tiens tiens, ils ne sont pas bons en histoire les chiliens, ou bien ils ont la mémoire courte: jusqu'à la Guerre du Pacifique fin XIX ème et jusqu'à ce que ces gentils chiliens nous prennent la mer, ces territoires de l'Altiplano appartenaient à la Bolivie. Alors forcément ils ont un peu de cette culture, mais encore une fois, ils se la sont appropriée de manière peu glorieuse... Alors je dis stop! Rendons à Cesar ce qui appartient à Cesar et au charango sa Patrie. Jallalla Bolivia!!!

(Photo:Emi)

(Cette photo prise à Potosi montre un charango et l'écriteau dit "Potosi, cuna del charango", c'est-à-dire "berceau du charango")

3 commentaires:

aldeaselva a dit…

Et bien , après l'épisode chilien, voila les péruviens qui entrent dans la dance! Ils savent très bien que le problème est sensible, pourquoi alors vont-ils les titiller? Ils n'ont rien à faire?Les deux voisins occidentaux feraient mieux de s'entendre pour restituer un accès à l'océan à la Bolivie, ce serait une démarche plus.....Pacifique!
ps: Viva Cesar!

emi a dit…

Justement en mentionnant Cesar c'était aussi un clin d'oeil: message reçu donc!

Anonyme a dit…

Jajaja très drôle comme article !
Je me permets de corriger les boutades de l'auteur :
"la Bolivie connaît elle une grande variété de formes, de sons et de formes d'interprétation du charango qui n'ont rien à voir avec ce que l'on peut observer et écouter au Pérou."
=> Hilarant !! Donc au Pérou, il n'y a pas une grande variété de formes ? Les charangos triangles d'ayacucho, les charangos en tatou de cuzco, en tortue du lac du côté de Capachica, laukeados à Yunguyo, à fond plat dans la plupart du Pérou, à l'instar charangos de Potosi (Cala Cala, etc), ca ne compte pas ?
De sons, et de modes d'interprétation ? Les cordes peuvent aussi bien être en métal qu'en nylon, et j'ai vu de mes propres yeux les péruviens utiliser des charangos avec 5,8 (Ayacucho),12 (Puno) et 20 cordes (Moquegua).
Avec différents temples ou accordages, en particulier dans les départements de Puno et Cuzco.
"Par ailleurs, la Bolivie a aussi les "grands maîtres" du charango." => Du charango bolivien, certes :-)
Jaime Guardia Neyra, Felix Paniagua Loza, Julio Benavente Diaz son les plus connus au Pérou, mais c'est sans compter avec Cesar Huaman, Julio Ccanto, Les frères Unda, Julian Huallpa, Ciro Goizueta, etc, moins connus mais tout aussi bons !!
"Et vlan! Alors Alfredo Coca, avant de ridiculiser complètement les péruviens, veut des preuves."
Comment ridiculiser le charango péruvien ? J'ai du mal à saisir ... Et les preuves, je les ai ! J'ai parcouru les Andes péruviennes en long, en large et en travers, et je peux vous assurer que le charango est profondément ancré dans la tradition musicale péruvienne, et le charango péruvien n'a rien à envier à son frère bolivien.

Ces remarques concernent l'usage du charango au Pérou et en Bolivie. J'ajouterai que le maestro Ernesto Cavour m'a DIT entre quatre yeux, que le charango était bolivien et péruvien, qu'il y a une riche tradition du charango au Pérou, comme en Bolivie. Mais pas en Argentine ni au Chili.

Concernant l'origine du Charango, je ne m'étendrai pas sur un débat aussi stérile que stupide, en effet le charango a été créé quand les territoires du Pérou et de Bolivie n'étaient pas dissociés et appartenaient à un pays Européen : l'Espagne. Aussi, le débat est tranché, le charango est espagnol, que ceux qui ne sont pas d'accord réfutent ça par des arguments solides, je les attends de pied ferme.

Anyway, je doute que mon commentaire soit validé par l'auteur de ce blog, au vu de sa partialité .. Toutefois si c'était le cas, ce serait une preuve d'ouverture d'esprit que j'apprécierais :-D