vendredi 16 juillet 2010

Il faut lire?

Daniel Pennac, Comme un roman, 1992.
"Il faut lire!". Voilà une obligation, un ordre qu'on a tellement entendu étant enfant qu'on a fini par être dégoûté de la lecture. Découpage de texte, auscultation sur toutes les coutures, chirurgie grammaticale, psychologie interprétative de bas étage. De quoi rebuter le plus passionné des lecteurs. Plus d'un se retrouvera dans cette œuvre de Pennac, véritable plaidoyer contre la lecture forcée, pour la liberté de choix. Lire ou ne pas lire, c'est avant tout un droit. Et je m'identifie parfaitement à cette classe de non lecteurs lycéens qui, à force de dissertations et d'injonctions à lire ces fameux livres "au programme", ont freiné des quatre fers pour finir par renoncer définitivement à posséder une quelconque culture littéraire. Lire? Trop long, trop compliqué, trop douloureux, trop ennuyeux. Le professeur Pennac expose la méthode qu'il a mise en place face à une assemblée d'élèves réfractaires: pas de commentaires de texte, pas de devoirs de lecture, non, simplement, il avait décidé de lire à voix haute, comme le font les parents avec les enfants, comme on raconte une histoire, pour donner le goût d'aller fouiner à la bibliothèque pour y dégotter la suite de l'histoire. Pari réussi. On se prend à rêver. Et notre cancre favori de scander en conclusion les droits imprescriptibles du lecteur qui commencent par: le droit de ne pas lire, le droit de sauter des pages, le droit de ne pas finir un livre, le droit de relire... De quoi nous réconcilier avec la lecture plaisir, celle qui s'apparente à le bien être qu'on ressent en croquant dans un carré de chocolat ou en buvant un verre d'eau fraîche...

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