lundi 8 mars 2010

Le syndrome de Cochabamba

Pourquoi le retour est-il toujours difficile? Parce que vos plantes sont mortes pendant votre absence, que les moutons, eux, se sont multipliés, contrairement aux vivres qui elles, malheureusement, n'ont pas subi le même sort. Bref, le frigo est vide, l'appart est en désordre, pas moyen de défaire ces foutues valises qui ne demandent qu'à repartir. Il fait froid, les rues sont désertes, le ciel est gris et les gens aussi. Alors, fatalement, vous sombrez dans le syndrome du "là-bas-c'est-mieux", qui vous fait tout regarder d'une manière subjective:
- là-bas on est en tongs toute la journée
- là-bas il fait beau et chaud
- là-bas on ne porte pas de manteau
- là-bas les gens sont chaleureux
- là-bas on mange bien
- là-bas on n'est pas stressé
- là-bas on n'a pas d'horaires
- là-bas, patati, patata...
Evidemment, vos proches vont vite se lasser du refrain, cela peut même se conclure par un "t'as qu'à repartir!". Ce à quoi vous répondrez sûrement par "l'argent", "le travail", "ne pas repartir de zéro", des prétextes, que des prétextes.
Y a-t-il un remède à ce syndrome que les grands voyageurs connaissent bien? Vivre ici dans le même état d'esprit que là-bas? Cela ne dure que deux jours. Une fois que vous avez pris une bonne giglée de CO2 de bus parisien et que votre boulangère vous a servi sans même vous regarder, on déchante, forcément. Le fait est que, chez soi, on fait ce qu'on veut, et qu'on peux si on veux recréer une ambiance locale: manger de la quinoa à tous les repas, boire de la paceña et n'écouter que du Norte Potosi. Ah ah! Je ris! C'est toujours la réaction qu'on a lorsqu'on est touriste, de vouloir recréer ce petit paradis qu'on vient de quitter. Seulement lorsqu'on a dépassé ce stade et que les liens sont plus profonds, ce ne sont pas deux bols de quinoa qui vont remplacer ce qu'on a laissé là-bas.
Certains souffrent du syndrome de Stockholm, moi je refuse de me guérir du syndrome de Cochabamba. Vous aurez beau sourire, être excédés ou vous moquez ouvertement, je réaffirme ma souplesse et me complais dans ce grand écart entre ici et là-bas.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Ce doit être pour cela que j'ai toujours aimé la cuisine grecques, son ouzo.. etc...et bien sûr sa MUSIQUE (sirtaki, bouzouki, etc...) son ciel bleu, sa chaleur, la gentillesse des Grecs...le tout à 3 h d'avion, mais la situation actuelle ne s'y prête pas !

emi a dit…

Ne me tente pas! Je n'ai toujours pas rangé ma valise...

Seigneur a dit…

Moi j'ai le syndrome de Sucre et il resemble à s'y mépredre au syndrome de Cochabamba