mardi 9 mars 2010

Copacabana beach

Et là vous vous dites: "Elle va nous les lâcher, oui ou non, ses impressions sur le fameux lac Titicaca?"
Et bien finalement, après ce long suspense insoutenable, le voilà, mon petit récit.
Mise en situation. Pluie sur le lac Titicaca. On ne voit pas l'horizon. Les îles se font désirer.
Nous sommes à Copacabana, charmante station balnéaire remplie de touristes à rastas et idéaux soixantuitesque. L'odeur d'iode est trompeuse, on se croirait à Nice ou à Deauville, avec ce grand hôtel face à la mer.












Parce que le Lac Titicaca, ma parole, c'est une mer! Il apparaît de chaque côté de la route qui mène à Tiquina, ressemble à un océan sans fin. Parfois, il prend des allures de Méditerranée, avec ses fleurs et ses pins sur la rive. D'autres fois, avec ses collines verdoyantes et ses chalets, on dirait le Lac Léman. Tempête sur les eaux, la traversée du détroit de Tiquina est folklorique, dans ce rafiot bondé et fumant comme un tracteur.


Copacabana, la ville de la Vierge du même nom. Celle qui serait apparue à l'indien Tito Yupanqui. Celle là même dont la statue aurait été taillée dans le bois de l'arbre qui avait reçu son image, sculptée à Potosi, puis rappatriée de La Paz à Copacabana. Je sais, "prohibido sacar fotos", mais on ne voit pas ça tous les jours, et puis c'était pour vous, évidemment! Ce retable gigantesque, recouvert d'or et d'argent, brillant de mille feux dans cette église de village. Croyant ou pas, cela force le respect. Même si, déformation d'autochtone averti, on ne peux s'empêcher de penser au nombre de sacrifiés dans les mines de Potosi sur l'autel de l'évangélisation. Tant de morts, pour tant d'or et de lumière. Ce qui est fait est fait, l'oeuvre architecturale, elle, n'en demeure pas moins admirable. Tout comme ces portes en bois sculptées de bas reliefs. Et la blancheur éblouissante de la construction, avec en point de mire les diamants du lac Titicaca sous le soleil revenu.

Copacabana, la cité de tous les dieux. Il paraît que les indigènes, lorsqu'on leur a demandé de construire le sanctuaire, en leur disant que la Vierge, au fond, c'est la mère, donc c'est comme la Pachamama, auraient enterré à ses pieds, logiquement, tous les serpents, crapauds et autres petits animaux chers à la Terre Mère. On dit que les curés auraient tout fait recommencer... Les curés, comme ils disent, ceux là même qui se faisaient de gras bénéfices avec leur "refuge", en fait un hôtel plusieurs étoiles pour le tourisme religieux. Renversement tout à fait actuel, les autochtones ont repris l'année dernière le pouvoir sur le lieu en disant que les premiers, les originaux, ce sont eux, et qu'avant l'apparition de la Vierge, ils étaient là, leurs dieux ancestraux. Alors les curés ont été mis à la porte.
Drôle de région que celle du Titicaca, une terre totalement étrangère pour qui connaît Cochabamba où, au contraire, tout ce petit peuple de dieux se mélange tranquillement. Ici, c'est un peu plus ardu, plus extrême...

(Photos:emi)

2 commentaires:

Michèle a dit…

Non non on en redemande, je ne m'en lasse pas !

Lilichocolat a dit…

C'est beau ...