mardi 5 juin 2007

La coca no es cocaina

Voila le T shirt avec lequel je me suis balladée dans Paris aujourd'hui:

(Photo:Emi)
Alors je vous dis tout de suite: il fait de l'effet. Les gens regardent cette feuille intrigués, tentent de lire l'inscription. Ceux qui réussissent à lire me regardent ensuite d'un air bizarre. En effet, ils voient 3 mots "clés": "coca", "droga", "bolivia". Elle fait de la pub pour de la drogue?, semblent-ils se dirent... Et puis pour la plupart des gens, Bolivie=Colombie, Coca=Cocaïne. Bon, il faut encore une fois mettre les choses au point.

L'image sur mon T-shirt est bien une feuille de coca. La coca est une plante originaire de Bolivie, des régions plutôt tropicales, cultivée depuis des temps immémoriaux. En Bolivie c'est avant tout une plante sacrée, utilisée dans les rituels à la Pachamama comme une offrande. On lit aussi l'avenir dans les feuilles de coca.
Dans les mines, les feuilles de coca font partie de l'"équipement" du mineur. Là aussi on la donne en offrande au Tio, le diable de la mine -voir un des articles précédents-, accompagnée d'alcool et d'une cigarette. Ces offrandes sont destinées à amadouer le Tio afin qu'il protège les mineurs et leur montre les veines les plus riches. Les mineurs mâchent aussi la feuille de coca, car cette petite plante est un excitant -au même titre que le café, rien de plus- qui permet de résister à la faim, au froid et à l'altitude.


C'est vrai, une petite partie de la coca produite en Bolivie est transformée en cocaïne. Mais savez-vous ce qui est le plus dangereux dans cette maudite drogue? Et bien non, ce ne sont pas les feuilles de coca -rappelons qu'il faut plusieurs kilos de feuilles pour quelques grammes de cocaïne- mais plutôt les horribles substances telles que le kérosène qui entrent dans la composition de ce poison. D'ailleurs aujourd'hui notre belle feuille sacrée est en cours de réhabilitation et on redécouvre ses vertus médicinales par exemple. On en fait en effet des tisanes qui soignent les maux de tête et les mauxs de ventre. Je vous assure pour en avoir utilisé que je n'ai pas vu d'éléphants roses. Le remède, malgré son léger goût d'épinards, est très efficace. La coca est aussi utilisée comme produit alimentaire: on fait par exemple aujourd'hui des gâteaux à la coca.

Dernière anecdote: un jour, lors d'un concert bolivien à la mairie du 14ème à Paris, une charmante dame habillée en poncho me racontait son voyage dans les Andes. Histoire de se montrer aventurière, la sexagénaire parisienne a tenté de m'impressionner: "oui, j'ai goûté à la coca, en tisane, et je vous assure que j'ai vu des éléphants roses". J'ai souri poliment et me suis rappelé le fameux goût que je connais bien, puis je me suis dit, un peu déçue et fâchée, que c'est ce genre de "bobos" ignorants qui contribuent à diffuser une image négative de la culture millénaire de notre cher pays. Alors un seul mot d'ordre: lisez, informez-vous, goûtez, et ensuite seulement, donnez votre avis. On ne fait pas de longues dissertations avec des arguments qui ne tiennent pas la route.

2 commentaires:

mueja a dit…

-.-

mueja a dit…

Perdona el comentario tan "corto" de antes. Gracios a tu blog estoy aprendiendo muchas cosas de Bolivia. Me gustan. Un saludo